LXXV. PE l'ascension de jésis-cmrist notre SEIGNEI R
I, les autres mystères seul de (a Une, mais
IWareushn est le mystère et la ft'te du cul et dr JcAus-Christ. — H. C'est lu fêle dea unt/rs(fui y nroivrnl ihumanili' sainte pour tnfjucllr ils uni rouihuttu. C'rttr humaniti; appartient aux anijcs par comhat et droit de victoire , cl aux homme» seulement par donation (/ratuiie. — III. LWscension est la fête de la ) ienje et de tous les élus dccédês depuis le commencement du monde jus(ju'alors. Joie des antjes en celle fêle où tant de pêcheurs eulnnl non simplement dans la yrdce, mais dans ia gloire de Dieu.
l . La fôte de l'Ascension c'est proprement la fClc du ciel et la plu^ grande fôte qui se soit jamais célébrécau ciel, eUpji y puisse ôlre: car en elle le ciel a reçu le jdus riche trésor qu'il pui>se jamais recevoir. L«saulr(îS mystères sont proprement fôtes de la terre , car ils s'accomplissent en terre. La naissance, la vie, la mort <le Jésus-Chrisl ; naissance, dis-je, sur le foin et ia |)aille; sa vio avec les hommes et les bèies , sa mort entre deux larrons, sont solennités pour nous qui sommes élevés et honorés par ces mystères, mais non pour Jésus-Christ qui y est avili et abaissé. Mais en ce mystère de son Assension, sa sainte humanité y est élevée pardessus tous les cieux, mise en son trône et lieu naturel à la droite du Père, douée do tout ce qui lui appartient et comblée de la [)lus grande gloire qui puisse être communiquée à aucune créature. Ce qui faisait dire à Jésus-Christ : Si vous m'aimez, vous vous réjouirez, parce que je vais à mon Père, qui est plus grand que moi. {Joan. xiv, 28.) Ce seul mystère et non les autres peuvent être désirés à Jésus-Christ et pour Jésus-Christ, à quiconque l'aime : car on ne pourrait par amour envers lui (mais bien par amour envers nous) souhaiter sa naissance, sa mort , sinon par hommage et obéissance à Dieu son Père. Cette fête aussi est la tin et la conclusion de toutes les autres.
IL C'est la fêle de tous les anges; car ils ont plus acquis en cette fôte qu'ils n'avaient })erdu par la chute des mauvais anges; celui-ci étant plus que tous les anges et les hommes ensemble. Car outre qu'en cette fête les sièges des anges ont été réparés par les captifs qu'il y a introduits avec lui , sa seule présence honore plus le ciel et les anges que tout le reste de la cour du ciel ensemble, et remplit plus le ciel que la chute des anges ne l'a déserté. C'est vraiment la fôte des anges, puisqu'en elle ils reçoivent au ciel celte même humanité pour laquelle ils ont combattu dès le commencement de leur être : et ce mystère est le triomphe du combat et de ia victoire qu'ils eurent dès le [)remier instant de leur création. Les hommes, comme environnés de faiblesse et d'ignorance, l'ont plutôt reçu comme enfants, qu'ils n'y ont acquis droit : mais les anges l'ont acquis comme par achat ou plutôt par droit de victoire : et ayant rendu dans le ciel un signalé combat pour la gloire de celte sainte humanité, et fait en sa faveur un ctrorl à leur nature, ils ont droit d^
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ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE RERULLE
Jouir (le ses privilèges et de ses trésors. On a (Ir.)it à un héritage ou. par succession ou par acquisition, et ce en deux manières, ou jiar arliat ou par combat et victoire : comme les princes ac(juièrent droit sur le domaine les uns dos autres ou pour les avoir vaincus, ou pour les avoir secourus de leurs armes : car en ce cas le prince qui a été secouru est obligé par reconnaissance de céder quelque partie de ses terres à celui qui Ta secouru. III. C'est la fêle de la A'ierge, puisqu'une si noble portion d'elle et qu'elle aime et honore par-dessus tout, c'est-à-dire cette chair que le Fils de Dieu a prise d'elle , est élevée aujourd'hui par-dessus les cieux h la droite du Père. C'est la fêle des prophètes et (\cs patriarches, car ils sont tous en ce jour montés au ciel en la compagnie de leur Rédempteur. Si les anges au ciel se réjouissent pour la conversion d'un pécheur, combien plus en ce jour auquel tous les élus depuis le commencement du monde sont entrés, non en grâce, mais en gloire avec Jésus- Christ ! C'est notre fête encore Irès-parliculièrement, en ce que par elle notre nature à laquelle le paradis aurait été interdit, a commencé d'aller au ciel ; non-seulement en la l)ersonne de Jésus-Christ, mais aussi de ceux qui étant ressuscites sont montés au ciel avec lui, parce qu'il y prend jmssession du ciel pour lui et pour tous les élus ses frères. Comme premier-né, l'aîiié de la famille rend hommage , et prend iiossession des fiefs pour toute la famille; ainsi Jésus- Christ, comme aîné , Primogcnitus in muUis fratribus {Rom. viii , 29), fait pour nous au ciel comme il a fait pour nous en la terre.