‹ Œuvres complètesChapitre 215 sur 540 · LXXVI. SUR LES MALADIES · texte numérisé non relu

LXXVI. SUR LES MALADIES

A une personne de pi!;lé qui élait malade. Jésus-Christ Notre-Seitjncur, qui n'a pas été sujet aux maladies en son corps naturel, s'y assujettit en son corps mystique ; et un des devoirs des personnes malades est de renoncer à eux et se donnera lui, afin quil s honore, et Dieu son Père, dans leur infirmité.

J'avais su votre maladie avant votre lettre, si j'eusse pu vous divertir ce mal. Mais Nctf-e-Seigneur, qui a infiniment plus grande charité vers vous, le pouvait et ne le faisait pas, aimant mieux pour un temps offrir à son Père les hommages de votre maladie et l'honorer avec vous dans celte voie ; car je ne doute point (jue vous n'ayez soullert comme sienne, et que votre mal n'ait été jilus à lui (pi'à vous, qui avez renoncé à toute propriété de vous, et de ce qui se passe en vous. Or il me semble que comme le Fils de Dieu a voulu prendre no're nature, pour en elle rendre à son Père de nouveaux honneurs , et le servir par hommage, obéissance et autres voies non assez dignes pour que l'exercice lui en pût convenir en sa divinité : ainsi lui [)laîl-il encoredo s allier et approprier le corps de son I-^glise en terre, et en icelle quelques personnes spécialement, comme nouveaux membres et U amour et d'honneur vers Dieu, lequel s'é-

jouit de servir j)ar iceux en des ms-nières nouvelles, qui n'ont pas été jugées convenables à la sainte humanité vivante en ce monde. Les maladies sont de ce genre, desquelles le Fils de Dieu a été préservé. D'autant plus, ce me semble, lesagrée-t-il,qu'é tant malades nous tâchons de nous dépouiller et désap[)roprier de nous et de notre mal, i)our être vraiment et simplement ses membres. Car il attend de nous cette abné gation avant que se les approprier, a(in que par icelle il rende h son Père cette sorte de service qu'il ne lui a pas rendu en ses membres naturels. En cela il prend dans l'infirmité de sa créature ce qu'il n'a pas trouvé dans sa dignité, et sait convertir en un talent d'amour, usage et ca[)acité d'honneur vers Dieu, les indispositions des personnes siennes. Ainsi autrefois se voyant mortel, ce lui fut un moyen de se sacrifier h Dieu, et trouva dans sa moitalité cette ca])acilé de mourir jiour Dieu, c'est-h-dire , pour l'honorer de celte souveraine victime, (>t dans cette même capacité de sa mort , il trouva notre vie et salut de tous, qu'il n'avait pas voulu trouver dans l'infinité de sa majesté divine. Cet usage entre autres me send)le digne des personnes malades.

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