OELVUES DE PIETE. — CXCVII, EMIOKTATION A DES RELIGIEUSES
J«''Mis-Cliri>t ol (Ml sn trrs-sninlo Mrrc, vous iiioiilrer l'iMat d'iino âiiio p^irfnilo coriiiiie lo Sflirii-E«J|itil rii'eiisei.mic eu In sninlo Kcrituio, l/Kjiicllc nous rejirùscrile Jncoh dorinaiit cl vcillnni loiit (Mi^oinlile nii|irès d'une ('•lIicIIl' qni d'un honl loudic h l;\ terre, Pl de l'nutre, nu <iel. Il voit Dieu a[)[Miv('? au jiout de «'elle «^elielle, el les nnges qui y Mionienl el tiescendcnl. VoUJi la vision do Jacol) en son 'ornmeil, vision toute pleine de mystères, en 'mpielle n éli^ représenté W^ ))retnicr de tous, celui de rincnniolioii, nuquel (li.ieunede vos ,'hn<*s <loit ùtrf pnrliculiùrenicrit dédiée. Jncoh voit tous ces mystères en dorniniil nu pied de celle échelle; et il eslniiisiln ligure de l'unie pnrfaile (]ui doil dormir et veiller tout ensemhie, el non l'un sans rnulrc. Klle doit dormir h Tégnrd des , choses du monde, de In terre et d'eilemônie, cl doit veiller à Dieu el au\ choses du ciel.
L'ûme imparfaite dort hien souvent, mnis r'esi pour no pas voir ses imperfections; elle veille aussi, mnis c'est aux choses de la terre et non à Dieu. Or vous devez être jiarfaites, au moins tendre à la perfection ; en faisant trois vieux, vous êtes obligées à un quatrième, (|ui est la [lerfedion, et vous devez être comme Jacoh dormant el veillant tout ensemlile. Mais pendant qu'il dorl, il voit une échelle, et des anges qui y montent el en descendent. Il n'y voit que des anges, parce qu'avant le mystère de l'Incarnation, il n'y avait que des anges sur celle tchelle; mais h présent c'est le Fils de Dieu (|ui y monte et descend dans le mystère de rincarnaiion : il y monte à Dieu son Père par sa divinité, et descend à nous fiar son huni.uiité. Il monte pour nous élever au ciel, el descend pour s'abaisser jus- (|u'à nous. C'esl pour cela que vous devez imiter Jacob, qui s'arrête à regarder les anges; el nous qui ne voyons plus les anges, mais !e Fils de Dieu en leur f)lace, nous devons aussi le regarder montant et descendant par son Incarnation. Vous devez encore monter el descendre; monter à Dieu, descendre à vous-mêmes; veiller à Dieu, et dormir à tout le reste. Vous devez, au [)ied de cette échelle, en regardant le Fils de Dieu, honorer trois vies en lui : vie divine, vie glorieuse, et vie voyagère sur la terre, et vous occufier toujours en ces trois vies, par adoration, par admiration et par imitation, lia une vie divine qu'il a toujours eue et a encore maintenant dans le ciel ; c'est la vie de Dieu, vie de laquelle il vit de toute éternité, (jui lui est toute particulière el ne peut être communiquée à personne, non ))as même à sa sainte Mère, vie que les anges adorent, et que nous devons aussi adorer et lionorer.
Il y a une vie glorieuse qu'il a eue dès l'instant de son incarnation, jouissant de la même gloire dont il jouit maintenant, mais (jui était cachée le tem[)S qu'il a été sur la terre, ce qui a été un continuel miracle, car . ie Fils de Dieu n'est que miracle en luimême; ceux qu'il a faits et oi'éréi sur la
terre no sont que de petits échantillons do celui (jui evt Ittut lui-même, et [lour nous inconnu. Il communique cetlo vie glorieuse dans le ciel aux /imes bienheureuses, fdus ou moins selon leur capacité, mais cette comnuinication (pi'il en fait n'est rien auprès <le cetjiii est en lui, et fjui lui est prf)j.re et pnrticulicr, car encore que les Ames bienheureuses participent à cette vie glorieuse, il l'a en lui-même d'une manièce toute dilférenle des autres saints, et à |»roportion de sa vie divine. Le Fils de Dieu jouit di' ces deux vies dans le ciel, et nous n'y avons point de part sur la terre, elles ne sont ijue |»our le ciel. Il faut seulement (pie nous les honorions ; roccu[>ation au ciel dans l'éternité sera en ces deux vies, c'est pourquoi il est bien raisonnable de commencer ce fpie nous ferons à jamais au ciel.
L'autre vie du Fils de Dieu est sa vie voyagère sur la terre, qu'il a menée l'espace de trente-trois ans pour notre exemple. Cette vie-là nous esl demeurée, il ne l'a point em[)ortée dans le ciel comme les deux autres, parce qu'elle n'a été que pour la terre, et toute pour nous. Il nous l'a laissée sfin que nous la recueillions et soyons toujours occu|)és à l'imiter, el non occupés en nous, comme nous ne le sommes que trop. Dans celte vie, il y a la vie intérieure et la vie extérieure. L'extérieure, c'est toutes les actions du Fils de Dieu, ses souffrances, sa pauvreté el toutes les autres choses semblables qui font partie de celle vie voyagère que vous honorez par vos exercices extérieurs.
L'autre [)artie de la vie de Jésus est la vie intérieure qu'il avait sur la terre vers Dieu son Père. C'est en cela que je désire que vous vous arrêtiez davantage, étant obligées à une vie intérieure el retirée ; c'est de cette vie que vous devez vivre, ce doit être l'objet continuel de vos âmes, qui doivent parliciperet adhérer à cette vie de Jésus-Christ, et recevoir de lui participation aux [»ensées de sa bienheureuse âme sur la terre. Lorsqu'il y était, il disait que les renards ont des tanières, et les oiseaux, des nids, mais que le Fils de l'homme n'avait pas oiJ reposer sa tête; il cherche et ne demande autre chose qu'à reposer son esprit en vous, car il l'v a mis, non aliii que le vôtre vive, mais le sien seulement, et que vous soyez reniplies et occupées de lui seul. Combien un jour legietterez-vous le temps que vous aurez perdu en vous rem|)lissanl de vous-mêmes el do rien, et combien manquez-vous à Dieu, qui ne veut remplir votre âme que de lui-même! Si une glace savait qu'elle est capable d'empreindre en elle la plus excellente créature du monde, qu'elle aurait de désir que cela fût ! elle voudrait toujours être exposée au soleil afin d'en répéter l'image. Or votre âme doit être comme cette glace, d'autant plus qu'elle est capable de Dieu même, c'est de lui-même qu'elle doit recevoir sa forme. Sovez donc adhérentes el participantes à cette vie du Fils de Dieu, vous séparant de vous-mêmes et de vos petites humeurs qui rempêchent de se reposer en vuus. Il faut
que vous preniez efi lui une vie nouvelle, imitant sa vie voyagère , afin qu'il vous rende dignes d'y parlici[)er, c'est-à-dire que vous fassiez les actions des vertus avec parlicination de l'esprit dans lequel Notre-Seigneur opérait les siennes.
Nous vous avons laissées au pied d'une échelle où je désire que vous demeuriez comme je sais que vous le voulez faire; nous proposAmes ensuite trois vies du Fils de Dieu, désirant que vous n'ayez plus d'autre vie que celle-là, demeuiant auprès de cette échelle, et ne regardant plus rien qu.e le Fils de Dieu ; fermées à tout le reste, c'est ce qu'il demande de vous, ainsi qu'il vous le téiiioigne dans un passage des Cantiques (v, 2) oii il dit : Ouvrez-moi, ma sœu^, mon immaculée, ma colombe, car mon chef est plein de rosée. Ouvrez-moi, ma sœur, pour montrer que c'est à lui seul qu'il faut ouvrir votre cœ'.ir, le fermant à tout le reste, afin qu'il y répande cette rosée qui coule de son clief. Ferniez-vous donc à vos pensées, à vos humeurs, à vos imperfections, à tout ce qui est de la terre. Il vous appelle ma sœur, car depuis le mystère de l'Incarnation, nous avons alliance avec le Fils de Dieu, nous sommes de sa maison, de son sang, nous sommes ses frères et ses sœurs; «t'est pourquoi parlant de ses apôtres, il les appelle ses frères. Après sa résurrection, il dit : Allez dire à mes frères [Matth. xxviii, 10), parce que nous avons consanguinité avec lui par le mystère de l'Incar/iation, et encore par le mystère du saint Sacrement ; c'est j)Ourquoi il dit ma sœur, mon immaculée, mais cela ne s'adresse pas aux âmes (lu monde et qui suivent l'esprit du monde, mais à l'âme déjà parfaite ou à celle qui tend à la perfection. C'est à celle-là qu'il s'adresse, il rapf)elle 7na colombe. Comme cet animal est solitaire, et cherche toujours les cavernes et lieux retirés, ayant un chant gémissant, de même devez-vous être solitaires et retirées dans le Fils de Dieu. Ce doit être la caverne et les trous de la pierre oi!i vous devez vous cacher; là, votre vie doit êi.re comme la colonibe gémissante et l.tnguissante après voire Sauveur, cachée en lui, ouverte à lui, car il dit : Ouvrez-moi. Kt })Ourquoi? [)arce que mon chef est plein de rosée, et mes yeux sont pleins des gouttes de la nuit. C'est cette rosée que vous devez recueillir, et qu'il veut répandre sur vous si vous lui ouvrez. Cette rosée, ce sont ses actions, ses souffrances, son agonie et sueur de sang au jardin, que vous devez recueillir, et en cela doit être votre occujiation et votre vie. Il vous a laissé l'exemple de sa vie, afin que vous alliez ramassant la rosée qui tombe de son chef et les grâces qu'elle renferme, qui sont les gouttes de la nuit. La sainte Mère de Dieu a été toute ])leine de cette divine rosée, étant ouverte à Dieu seul ; là était toute sa vie et son occul'dtion continuelle, le temps qu'elle a été sur la terre depuis lascension de son Fils. Je vous ai proposé trois vies du Fils de Dieu, je vais vous en proposer trois autres de la
sainte Vierge. La première est la vie de Marie en Jésus et de Jésus en elle. Elle avait une vie toute cachée en son Fils et toute particulière pour elle; elle seule la connaissait, elle était cachée à tout' le reste du monde. La deuxième vie est celle de Marie avec Jésus, car tout le tem()s de la vie de Jésus s'est passé avec la sainte Vierge ; trente ans avec elle sans être connu du monde. Oh 1 quelle vie de la sainte Vierge durant un si long temps 1 quelle participation recevait-elle de la vie de son Fils ! et cela ne se voyait |)as, ce n'était (}ue pour elle. La troisième vie de la sainte Vierge est envers Jésus, qui a été tout le temps qu'elle est demeurée sur la terre a[)rès l'ascension de son Fils. C'était alors qu'elle recueillait cette rosée dans les lieux saints où Jésus avait prié, jeûné, travaillé, veillé, jirêché, souffert, où il était mort. Là était sa vie, et à son imitation vous devez le faire et ramasser avec elle cette rosée dans vos ermitages, les ap[)liquaMt, si vous voulez, aur saints lieux que visitait la sainte Vierge.
Voilà les trois vies que je désire de vous, c'est l'adieu que je désire vous faire; vous laisser Jésus et Marie, afin que vous n'ayez plus de vie qu'en eux.
Vous devez avoir une clôture intérieHre comme vous en avez une extérieure. L'extérieure vous sépare du monde et de la terre, l'intérieure doit encore plus vous séparer de vous-mêmes et de toutes vos petites humeurs et imperfections. Et comme vous feriez grantle difiîculté de diminuer en quelque chose votre clôture extérieure, de même et beaucoup plus devez-vous conserver avec grand soin la clôture intérieure ; c'est celle ipie le Fils de Dieu demande de vous. Il y faut mettre la muraille de l'amour de Dieu qui vous sépare de vous-mêmes, comme les murailles extérieures vous séparent du monde. Vous devez prendre garde de rejirendre ce que vous avez quitté. Le monde que vous avez quitté est un rien, et vour, un autre rien. Prenez garde que ce rien se remplisse de cet autre rien, mais soyez un rien rempli de Dieu et ouvert à lui seul.
CXCVIII bis. ORDONNANCE PORTÉE DANS UNE VISITE A UN MONASTÈRE DE CARMELITES, EN LANNÉE 1615.
En l'honneur de Notre-Seigneur, Fils unique (.le Dieu, et de la très-sainte Vierge Marie ; et en l'honneur de la même Vierge, très-digne et très-heureuse mère de Dieu.
Nous ordonnons que les usages et observances de chaque maison seront réduits à l'ordinaire de la sainte règle, et que tout ce qui est étranger et d'invention privée eu sera ôté.
Que la dévotion envers la très-sainte Vierge Marie sera grandement cultivée et soigneusement entretenue dans lésâmes; et qu'à cet efl'et, jusqu'au temps de la |)rochaine visite, chaque sœur fléchira le genou une fois le jour devant la très-sainte Vierge en ses dévotl(uis particulières : premièrement pour rendre hommage aux grandeurs
1313 OKIJVIIKS DK IMKTK. — CXCIX.
«•l souvcr.'iiiu'lôs (le la Irùs-saiiile N'iorgc, M(Tr du PitMi ; (ieuxi^uM'iiiont, pour lui ollni- sou ôlreel 5(ui élat, sa wv.nl ses nclions, l'I [lour la .su|i|(li('r (ju'elle dniKtio la disposer il lui rondrt-' l'Iionucur cl l'amour jouriwilior (lu'fllo rtMpiierl do ses lilles et servaulos sur la terre ; et iui faire pari do l'appartenanco singuliènî eu la^pielle ello désne entrer en celle (jiKdilé; et pour rendre eelto dévotion inléru^ure et .spirituelle aufuueuieiit extérieure et seusiMe, chacune aura soin de choisir un temps exprès et un lieu propr(! pour faire celle ariiou avec récollecliou et disposition, et d'y adjoindre (;uel(|ues prières vocales, bien que l)rièves, à celle intention.
Chaipie steur aura soin de communier une fois le mois h l'honneur des grandeurs ei souverainetés de Marie, (ujur rai'( omplissement de ses désirs sur la terre, pour rélahlisseiiient de son honneur dans les âmes et notamment dans cet ordre, et pour ohlenir d'elle celle yiâce et miséricorde d'entrer dans cet élal et appartenance snéciale envers elle, qui a(iparlient à ses tilles et servantes.
Ht d'autant que les prières et actions comuumes ont une ellicace spéciale, et que, d'ailleurs, il est très-convenahle (jue la maison contribue de sa part à l'honneur de celle h qui elle ap[)arlienl, toute la communauté fera une communion expresse une fois le mois, à ces mômes intentions.
Kxhortons chacune de s'humilier beaucoup de faire si peu de chose en l'honneur de celle que Dieu môme honore tant; en laquelle et l'ar laquelle il a fait des choses si grandes, si incompréhensibles et si dignes de la pensée et admiration élernelle des anges et des hommes.
Désormais, on sonnera le matin l'Angélus ; et ce, avant de sonner l'oraison; afln que le service extérieur du jour commence parla sainte Vierge et {»ar l'hommage au mystère de rincarnaiion, accompli en elle.
Chacune aura soin de donner à Jésus- Christ et à la sainte Vierge les j)remières et dernières pensées de la journée, et de lui oflrir aussi en particulier les premières et dernières actions extérieures, pour commencer et tinir vos jours par celle à qui vos jours et votre vie appartiennent.
Pour une plus grande révérence à Notre- Seigneur présent en la très-sainte Eucharistie, ou ne parlera nullement au chœur ; mais celles qui auront quelques paroles nécessaires à dire ou à entendre sortiront dehors ; car c'est un hommage que nous rendons à la majesté de notre Dieu présent, que de l'honorer par un sacré silence, suivant cette parole du Psalmiste, selon la version de saint Jérôme : Te decet silentium, DeuSy in Sion; A vous appartient, ô grand Dieu, le silence en Sion.
Par ce même esprit de révérence, l'assistance au cha3ur durant le temps de l'oraison sera inviolablemenl gardée (si ce n'est par dispense expresse qui sera rare, et pour des sujets de particulière considération) ; et ce,
t)RIM)NNANCF, DK R!.FOUMi:.
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pour nous rendre [irésents h cfdui qui nous honore et nous bénit de sa sainte présenc»» sur lalerre, par le moyen de la très-sainte Kiicharisti»».
Celle présence humble, fidèle et constanln du Fils de Dieu sur In terre avei; nous jns- (ju'h la tin des si<'cles, mérite bien d'ôlr».' honorée et accompagnée de la présence ass due de ses créatures, s|é. ialemeiil au temps de leur oraison, laquelle ne peut ^Ire accoju- [)lie en un lieu plus saint, ni en la vue d'un plus digne objet (pie le Fils de Dieu en la terre, sous le voile du sacrement de laulel.
Le temps du service divin ne sera interrompu d'aucune autre action; aucune ne sortira du chuLMir pour des sujets ordinaires et légers ; ainsi, elles demeureroni assidues et persévérantes en icelui, et auront soin de prévenir, avant le temps du service, ce (jui pourrait les en divertir. Semblablemenl, la toiirière du dehors sera avertie de faire atlendie les étrangers au tour, si ce n'est pour quelques sujets bien rares et bien par» ticuliers.
Le silence sera religieusement observé, et celles qui y manqueront, ci-après seront notées de quelque pénitence particulièie , pour remettre en vigueur celle sainte observance, très-utile à conserver la |)résecce de Dieu en l'âme et sa sainte opération.
Le temps de la récréation sera niesuré par un sable ; on n'y parlera nullement do choses du monde, ni rien qui olFense lan'i soit peu la charité ou la sainteté de la maison; en particulier toute parole piquante et contentieuse en sera bannie ; car ce temps est destiné à lier en charité les esprits ûe,s sœurs les uns avec les autres, et non à les indisposer.
En général, l'esprit de charité, simplicité, obéissance, sera élabli et renouvelé d;:ns les sœurs, n'y ayant rien désormais dans leurs pensées devant Dieu, ni dans leurs actions et j)aroles devant les sœurs, qui ne ressente ces dis()ositions intérieures. Par cet esprit, on laissera entièrement aux zélatrices le soin de voir les fautes d'aulrui, et l'on n'aura les yeux ouverts que pour voir les siennes [)ropres.
Par ce même esprit, on ne parlera jamais les unes des autres, si ce nest en bien, hormis à la supérieure, à laquelle on pourra dire ses pensées sur les sœurs en ce qui regarde leur aniendement par son autorité ou charité; et en cette considération, on conversera avec elle en toute humilité, sincérité et révérence.
Jésus, Mabia.
Fait et ordonné le li novembre 1613, par nous, Pierre de BéruHe, suf)érieur général de rOratoire de Jésus, et visiteur des religieuses Carmélites, en France.
CXCIX. ORDONNANCE FAITE DANS LNE VISJTK A UN COUVENT DE CAUMÉLITES, EN l'aN- NÉE 1618.
Au nom de la très-sainte Trinité, en l'honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ
OEUVRES COMPLETES Dl CAUDINAL OE BERULLE.
et (ie la très-Sviinte Vierge Marie, sa trèssainte Mère ; nous, Pierre de BéruUe, supérieur général de la Congrégation des |)rêtres (Je l'Oratoire de Notre-Seigneur Jésus-Clirist, et visiteur perpétuel des Carmélites établies en France, suivant l'autorité qui nous est donnée par notre saint Père le Pape Paul V, par un pouvoir exprès, avons visité les monastères de l'ordre de Notre-Dame du mont Carme).
Dans le cours de nos visites, il nous a semblé bon d'admonester les sœurs de leurs devoirs à recueillir la grâce du renouvellement que Dieu présente aux âmes (Jisi>osées par le saint et religieux usage de la visite.
A cet effet, le zèle de la perfection intérieure et régulière sera renouvelé et le désir en sera présenté à Noire-Seigneur Jésus- Christ, à sa très-sainte Mère, au moins une fois le jour, et sera mis soigneusement en exercice dans ces occasions que Dieu fait naître en la coaimunauté pour acquérir la vertu.
Les points de la visite précédente seront relus et pratiqués comme s'ils étaient nouvellement proposés par cette action jjrésente.
Vous aurez soin d^ penser quelquefois à Vhumble dignité dî la très-sainte Vierge, qui, étant Mère de Dieu, s'abaisse à vouloir être mère de vos âmes, et le désire d'un désir bien plus grand que pas une d'entre vous ne désire cette sainte et souhaitable fdiation de la sainte Vierge, et même elle le désire plus que vous né pouvez le désirer vous-mêmes; chacune de vous étant vaincue en ce désir [)ar la très-sainte Vierge, laquelle toutefois regarde plus votre bien et grandeur que non pas la sienne ; vous aurez soin aussi d'oublier souvent vos peines, vos pensées et vos moindres désirs, pour renouveler le désir d'être tille et servante de la sainte Vierge, et de Tôire en perfection, ce qui comprend beaucoup; de lui rendre en la terre et au ciel les etlets de cet état : suivant cette heureuse qualité de lille de la sainte Vierge, un de vos plus grands désirs désormais sera l'accomplissement des désirs de la sainte Mère de Dieu sur la terre et de prier pour cela, ils sont inconnus au monde, et méritent bien d'être un des sujets {)rincipaux de nos prières, })uisqu'ils sont très-ardents, très-saints et très-divins, et qu'ils font partie principale de l'état et des pensées de cette âme si haute et si divine ; et vous prétendriez en vain d'être de ses filles et servantes, si vous n'entrez en communication de ses désirs et n'en souhaitiez l'accomplissement.
Semblablement, un de vos soins principaux sera d'offrir vos actions intérieures et extérieures avec»un esprit d'abaissement et d'assujettissement à la très-sainte Vierge, pour avoir une disposition intérieure et permanente qui soit vraiment conforme à î'éiat que vous avez embrassé de filles et servantes de la très-sainte Vierge, très-pure et t-rès-digne Mère de Dieu.
Il y aura plus d'exactitude à se rendre aux heures de communauté, et spécialement à celles du chœur, étant raisonnable de nepas faire attendre après nous le Fils de Dieu et ses anges, qui vous ont a[)pelées, par le son de la cloche , à célébrer les louanges du Père éternel, en la présence de son Fils unique et des anges et des saints qui racrom[)agnent.
Les sœurs auront soin d'observer un respect intérieur et extérieur les unes envers les autres, considérant une chacune, non en sa condition extérieure, mais en l'appartenance intérieure qu'elle a à Jésus et à la très-sainte Vierge ; et en cette qualité, les sœurs se déféreront un mutuel respect et honneur, à l'exemple des anges, qui honorent notre nature, bien que très-iuqiarfaite, {larce qu'ils la voient au ciel unie au Verbe éternel, ce qui ne se faisait oas avant le mystère de l'Incarnation.
Le silence sera religieusement observé en l'honneur du sacré silence du Fils de Dieu sur la terre durant l'espace de trente ans, et en l'honneur du silence de sa sainte Mère, de laquelle si peu de paroles, mais si graves, si efficaces et si importantes, nous sont rapportées durant le cours de sa trèssainte vie; cette humble et silencieuse disposition de son âme servira à vous rendre plus attentives à écouter, et plus capables d'accomplir les paroles et inspirations du Fils de Dieu en vos cœurs : celui qui adhère à Dieu est un esprit avec Dieu ; l'âme fidèle est en la direction du Saint-Esprit, il la conduit en toutes ses voies; mais sitôt qu'elle a manqué de fidélité à Dieu, il se retire d'elle et la laisse en sa propre conduite et celle du diable. C'est donc une chose trèsimportante d'être fidèle à Dieu en toutes choses, grandes et petites.
Dieu donne un temps à l'âme pour lui présenter sa grâce, mais si elle manque d'y correspondre en ce temps qu'il a ordonné, il se retire entièrement d'elle, la laisse en sa conduite propre, et lui dit comme aux Juifs : Je m'en vais, vous me chercherez^ et ne me trouverez pas, et vous mourrez dans vos péchés. {Joan. vm, 21.) C'est pourquoi il est dit de l'esprit de l'homme : // va et ne revient pas {Psal. lxxvii, 39), il peut bien perdre la grâce, mais il ne peut pas la recouvrer sans une grâce nouvelle, et quand Dieu la lui présente de nouveau, il doit tenir cela |)Our une gramle miséricorde.
Que l'âme se rende donc fidèle à tous les mouvements de Dieu, de crainte que ce ne soit le dernier auquel Dieu veut lui présenter sa grâce. Oue l'âme se renonce sans cesse, toutes les actions de sa propre volonté ne paraîtront i)oint devant Dieu éternellement. Dieu veut accomplir ses desseins par des voies qu'il a ordonnées, et non selon les i>ôtres.
Les sœurs se rendront soigneuses de bannir de leur esprit toute pensée de leur antiquité en l'ordre, se tenant toutes en la maison de Dieu et en sa sainte présence comme novices perpétuelles jusqu'à la mort, et in-
OKU VUES DE PIETE. — CC, OllDONNANCE DE RKKOHME.
dij^iies do la [ilus iielilo placo ol d»; la moindre forxlioii qui soit en la iiinisou i\v Dieu, eo riionncur de celui (|ui , étant égal au l'ùre éternel el aussi ainieri (jiie rÀiicion des jours f)Our son éternité, et étant en l'élal de la gloire, (juanl h son âme, dès le premier instant de l'Iniarnation , s'est niis néarunoins au plus lias lieu (ie ses créatures, cl s'est fait le dernif'r entre les lionunes ; Ego sum verittis ri non hnmo : ODprohrittm hominum el uhjrclio jtlrhis [l*sal. \xi, 7) ; se chargeant île la peine et de raviliî)Seluenl des péchés de tout le monde.
Les sdMirs donc adoreront, admireront el imiteront ce divin exemple de Jésus-(;i)rist Notre-Seigneur , et seront averties (ju'il n'y a vraiment d'autre diiréreiK e entre les servantes de Dieu, (jue celle que la vertu el la grâce de Dieu y mettent; et (jue le temps ne donne aucun droit ni prélerence, mais seulement leur apporte plus d'obligations el les rend plus coupables, si en plus d'années elles n'ont fait plus d'avance el de progrès en la grâce, l'amour de Dieu el la vie parfaite; el d'autant (}ue cette vertu d humilité esl d'inqjorlance, et qu'il enfant établir non-seulcmenl les pensées, mais aussi les effets dans leurs âmes, [tour leur bien.
La Mère prieure aura soin de mettre quelquefois au plus bas lieu celles qui sont les plus anciennes ; cl ce, pour le simple et seul exercice de l'humilité; ce que nous lui ordonnons de faire très-soigneusement, pour un temps notable et pour pénitence à l'égard de celles qu'on verra secrètement ctlachées à leurs places, oflices ou anti(iuité. Les saintes reliques que Dieu a données à la maison seront déposées dans un lieu décenl el fermé à clef, sans que la Mère prieure ail pouvoir d'en donnera personne ni d'y toucher sans l'ex^iresse autorité du supérieur et en sa présence.
L'usage de l'huile, les vendredis, quatretemps el vigiles de l'Eglise, qui avait été interrompu dans plusieurs maisons, sera remis cl observé ainsi qu'il se pratique dans l'ordre.
En la présence de la Mère prieure, étant au parloir ou à l'infirmerie avec le médecin ou autres, les sœurs auront soin de ne point parler sans permission {irécédente de la Mère, succinctement et de choses nécessaires ; l'ordre et la modestie requérant que les sœurs parlent plutôt j)ar la bouche de leur Mère et jiricure présente, que par la leur propre.
Il y aura une très-grande charité, jiréyoyance el nelteié en tout ce qui regarde les intirmes; en l'honneur de celui qui a porié nos douleurs cl intîrmités, et qui dit en son saint Evangile [Matlh. xxv, iO) : « Ce que vous faites à l'un de mes plus pelils, je le liens fait comme à moi-même. »
Nous exhortons les sœurs, au nom de Jésus-Christ Nolre-Seigneur, cl de sa trèssainte' Mère, à l'imitation de leur bienheureuse Mère| Thérèse de Jésus, de se rendre très-exactes, non-seulement en ces obser-
vainM's, mais encore aux plus petiU points <le régularité, do vertu el d'intériorité; se r(îssonvenanl (jue celui que vous servez en petites choses esl gratnJ, el (pie ce n'est pas un |)clil défaut el danger de négliger les jieliics choses, selon (et avis ménifirable du Saifil-Kspril : Celui qui m/^pri$p les petites fautes, tombera peu à peu dans les grandes. (l'Jccli. XIX, 1 j
Soyez donc très-exacle«, et jiar celte exactitude, honorez rassiijrltissement très-huinble el liès-exacl de Jé^us-Christ Notre-Seii^neur, aux plus basses el (dus (lénibles jonctions de la nature humaine.
Faitel ordoiinépar nouV. Pierre de Bérulle, supérieur général de l'Oratoire de Jésus, et visiteur des Carmélites établies eu France, ce 19 juin 1618. ,
CC. DIVEHStS ADMONITIONS ET ORDONNANCES FAITES A DES HELIGIELSES.
On se rendra avec beaucoup d'exactitude au chœur; le divin odiee y sera célébré avec dévotion et révérence," d'autant que le chœur est le lieu de la communication aveu Dieu, il faut le regarder avec respect, y entrer avec élévation, y demeurer avec attention el usage de l'esprit de Dieu sur ses grandeurs el nos besoins, sur ses mystères et nos devoirs; enfin, sur Dieu et sur nousmêmes, attirant Dieu h nous et nous élevant à Dieu. Je désire, mes sœurs, que vous y soyez comme en un lieu qui e.«>t fiour Dieu, oij vous faites l'olfice des anges par lequel vous vous rendez contormes à ces esprits bienheureux. H f,iut enfin qu'en te lieu paraisse Jé^us-Chrisl et non vous; il faut que là, vous soyez sacrifiées et otFrant sacrifice à Jésus-Christ, et par hommage au tres-adorable mystère de l'Eucharistie et par révérence au saint saciifice de la messe, h)rsqu'il s'en dira quelqu'une dans l'ég iso durant roOTice, bs deux chœurs doivent être levés depuis le Sanctus jusqu'à la Poslcommunion, pour accompagner par cet élai, plus décent k l'extérieur, celui d'adoration intérieure, d'application et sentiment particulier de vos esprits dans les mystères qui nous sont repré>entés. El l'on |>rendra une extrême attention, toutes les lois qu'on se lève ou qu'on se met à genoux au chœur, el dans tous les autres mouvements que; l'on a à y faire, que ce soit silencieusement et modestement, que cela ne diminue en rien la gravité, récollection el silence qui doit paraître aux assemblées religieuses. Pour cela môme, on prendra soin de marcher si posément et si doucement, de fermer el ouvrir les portes si silencieusement, que l'on ne s'en aperçoive pas.
Les novices ne pourront non plus parler dans le chœur à leur maîtresse, el «juand elles auront î» lui demander la communion ou choses semblables, elles iront entre les deux coups de la messe, el s'il y a quelque en)[)ôchemenl, la maîtresse des novices se mettra toujours au bas du chœur, mais ce doit être si rarement aue l'on ne connaisse pas que cela se fait.
ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE
Je désire, mes s<Eurs, que quand vous êtes en quelque lieu, vous y soyez^ comme n'y étant pas; je dis que vous n'y soyez pas avec vous-mêmes, mais avec Jésus- Christ, agissant par son esprit et non par le vôtre. Je voudrais que les officières fussent ainsi dans leurs offices comme en un lieu où elles doivent se quitter elles-mêmes, quitter leur esprit propre et particulier pour prendre celui de Jésus-Christ, pour ne plus suivre leurs inclinations, pour ne plus paraître elles-mêmes, mais remplies de Jésus-Christ. V'ous devez entrer, mes sœurs, dans vos offices avec cet esprit comme dans un lieu de sanctification et non de .satisfaction ; d'autant que le soin perpétuel de la personns religieuse doit être de vivre et d'opérer par l'esprit de grâce que nous avons reçu de Jésus-Christ et de réprimer les actions que produit la nature imparfaite.
Chacune regardera désormais ce que devant Dieu la grâce et la vertu requièrent d'elle, et non ce que demande son humeur et son inclination ; on se rendra soigneuse à Jésus-Christ et non à soi, comme étant désireuse de respecter l'esprit de Jésus-Christ en soi, et non pas son esprit propre et particulier ; ainsi, en aucun teuij^s ni aucun lieu, elles ne paraîtront dans leur humeur et leur nature, mais toujours en facilité et docilité de se rendre à la vertu.
Les licences de Pâques et de Noël, qui avaient coutume de commencer la veille de ces fêtes, ne commenceront dorénavant que le jour même.
Vous devez observer dans votre façon extérieure et toutes vos actions une grande modestie en l'honneur de celle de Jésus et de Marie. Ohl que cette modestie de Jésus était grande, puisque saint Paul a voulu s'en servir pour nous inviter Per modestiam Christi! Que cette modestie paraisse donc en vous pour rendre hommage à icelle de Jésus et de Marie-
Je désire, mes sœurs, que tout ce qui concerne le silence soit très-religieusement et exactement observé, et l'on ne négligera aucune des choses qui en maintiennent la pratique, encore qu'elles semblent [)etites. Celles qui montrent l'office iront le faire au noviciat, de peur que cela, étant au dortoir, ne donne sujet de divertissement aux autres sœurs.
On se recueillera un peu avant de parler aux séculiers, afin d'avoir l'esprit plus présent à Dieu, de ne rien dire ou faire qui ne leur donne édilicotion, et de ne pas rapporter l'odeur du monde dans la maison de Dieu On ne leur parlera ()as plus dune demi-heure sans une expresse licence, qui doit être fort rare; car vous avez quitté le monde, mes sœurs, pourquoi voudriez-vous le revoir? Ce n'est |»as en être tout à fait séparée ni morte à son esprit que d'aimer en savoir des nouvelles ; que cela ne soit pas, faites une nouvelle séparation de vous-mêmes et du monde. Ahl mes sœurs, vous êtes des ermites, les ermites n'ont que faire du
monde, ils sont séparés du monde, ils ne connaissent point le monde; ils l'ignorent, ainsi que faisaient saint Paul premier ermite, et cet ange en un cor()S humain, la fidèle Marie d'Egypte. Ils avaient été dans le désert, l'un soixante ans, l'autre quarante, sans voir le monde ni rien savoir de ce qui s'y passait; au bout de ce temps, ils en demandaient des nouvelles, mais quelles nouvelles? « S'il y avait encore des hcmraes assez aveugles et insensés pour adorer les idoles. » 0 mes sœurs, voilà comme je vous désire; je voudrais que vous fussiez comme ces deux ermites, être au monde et ignorer le monde; et si vous êtes contraintes de parler au monde, qu'au moins vous ne participiez point du monde.
Les sœurs qui ont quelque inûrmité qui les oblige de demeurer à Tintirmerie et les exempte de garder le silence tout le jour, l'observeront au moins pendant les heures de communauté; c'est peu de chose de donner ce temps à Jésus-Christ, qui est soumise garder un silence si étroit l'espace de neuf mois dans le sein de sa sainte Mère, lui qui était la parole éternelle.
Dans les dévotions particulières, les sœurs auront une application spéciale d'honorer la vie divine de Jésus-Christ, sa vie voyagère sur la terre, sa vie glorieuse et ses étals souffrants, se ressouvenant que c'est par les souffrances de Jésus-Christ en la croix pour le salut et la perfection des âmes, que la grâce de leur sainte vocation leur a été acquise, et qu'elles la doivent exercer et maintenir en la croix.
Et d'autant que le choix et institution des novices est de très-grande importance, la Mère prieure en parlera aux sœurs, au chapitre [)iécédant celui oii elle doit prendre les voix, afin qu'elles aient du temps à y penser, et le recommander à Dieu. Une des premières lectures qui leur sera proposée à leur entrée dans la maison sera celle de la doctrine chrétienne, utilement déduite dans le catéchisme du cardinal Bellamin.
Je veux encore vous parler d'une chose à laquelle peut-être vous ne pensez pas, et sur laquelle je dois insister : c'est le travail des mains. V'ous êtes pauvres , mes sœurs, et vous devez vivre comme les pauvres, ils travaillent et gagnent leur vie par le labeur de leurs mains. Je veux donc que vous fassiez de même, que vous viviez de votre travail, que vous acquittiez toutes vos dettes par ce moyen ; c'est une de vos obligations, mes sœurs, et une des choses qui vous sont recommandées dans votre sainte règle; j(.' vous y exhorte ainsi qu'à res[)rit de tidélité sur toutes les choses que nous avons dites ou môme omises. Je supplie Jésus-Christ et sa Mère qu'ils vous bénissent, qu'ils prennent tout de nouveau puissance sur vos âmes pour les établir dans la vie de la grâce, qu'ils vous remplissent de leur esprit, et que ce qui a été en vous toutes contre cet esprit de régularité soit anéanti, que vous entriezdans une nouvelle séparation de vousmêmes pour vous unir à Jésus-Christ, qu'en-
nîl
cei;yres de pieté. — ccii. avis et exiioutations.