I.F.TTRÎCS. — r.-- Al X REI.KMiaSrS CARMra.lTKS
Oiilion î> Dieu. J(''sus ,iii ciel et en In lerro veut t^tio etiviroimé d'ongps.el vous <^ips sRs nii^es en la terre. > (tus l'adoroz . vous l'aiinoz , vous raccoiiipnt^iiez , vous l'environnez, et connue ses éitouses vous (^les h ses côtés ; car v'csi jiussi In siluJilion de vos cœurs an re^'ard des nutel> , I:i(|uelle est jtropro à voire ordre , si vous considérez la structure et arcliileclure de vos maisons, et ce doit ôlre la disposilioii (Je vos conirs nu regard deJc''N\is. \'ous devez ôlro à ses côtés, vous ôles tiiées de >on côté en la croix , vous cherchez entrée en la plaie de s(mi cœur, en rouveriiu-edeson côlé,(|ue la lance ft ouvert et (jiie l'amour lient ouvert en sa vie, en sa gloire, en sou éternité , pour être voire demeure vivante, «-éleste cl éternelle. Ne vous est-il pas do'jx de fienser h ces choses et d'apprendre celte architecture intérieure en l'éditice de vos ûmes, tiar volrc extérieure architecture en l'édifue de vos maisons ? No vous e>l-il pas doux d'avoir Jésus présent par ses mystères, de le voir présent par les yeux (Je votre foi , d'être et vivre avec lui ()ar la condition de vos exercices, et d'être toutes eu chœur et en corps à i'enlour de lui, pour lui dire ses grandeurs et chanter ses louani^es.
VI!. K'i cet étal et disposition de cœur, de corps et d'esprit , je vous vois comme autant d'anges assistant à Jésus, disant votre ollicc en sa sainte pt é>ence , et chantant ses louanges tirées de ses pro[)hètes et de l'olacle de son J^lglise. Cet oflice est divin, et il en porte le nom ; il est ordonné par une autorité divine , et il doit être divinement célébré, c'est-à-dire par des Ames divines, en l'honneur de la Divinité même. Accomplissez-le donc avec disposition parfaite digne de vous, digne de cet ollice et digne de la majesté de Dieu, auquel vous rendez ce service et tribut de louanges, que la nature humaine doit h son Dieu et à son Sauveur. llemar(]uez que le cœur et la langue sont joints ensemble par la composition de la nature ; ils doivent être ici coniormes et joints ensemble par la conduite de la giûce. et le cœur doit sentir ce que la langue prononce, et penser à celui auquel il adresse sa parole. L'esjirit elle corps sont employés eu cet ollice , car il se rend à un Dieu (|ui a créé l'esprit et qui a formé le corjis de ses propres mains, l'.t c'est le sacrifice de louange, auquel nous convie le Saint-Espiit en .*«a parole : Immola Dco sacrificium laudis. {Psal. xi.ix, li.) C'est le sacrilice perpétuel, huquel l'Apôtre nous exhorte : Olf'cramus hosliam taudis scmpcr I)eo. [llebr. xiu, Jo.) (/esl le sacrilice auquel vous devez èire en 6lat d'hostie par al)négation de vous-mêmes, en éiai d'ho^lie à Dieu par son amour, et en éUil d'Iiostie de louange par voire condition et désir univers( I , qu'il n'y ail rien en vous ([ui ne loue Dieu : ficnrdic, anima inca, D'jmino, et omnin qwc inlra me sunt nomini sancto ejus. (Pt^al. cm , l.j C'est un sacrilice d'encens et de myrrhe, d'encens au regard de l'esprit, et de myrrhe au regard du corps. I;esj»rit et le cœur y sont offerts h
Dieu dans l'oubli do la terre , dans l'élévation nu ciel, dans l'application à Diru, n'ayant (pj(.' sentiments divins et mouvements célestes. Le corps y est fitésent, et son usage et exercice est dans la iiiodesiie,dans l'humble et grave composition, dans un maintien (!oux et dans la mortilicalioride >es sens. Cap le corfis n'a i( i siibsisierice (jue pour i otler l'esprit (pii s'unit h Dieu. Le corps n'a vie, sentiment et u'«agp (jue fiojir (hanter les louanges de Dieu, et il doit être sans aucun senlimcfit, ou il ne doit avo:r (p;e ceux de l'esprit, pour due avec David • Corel cnm mea rxsulunerunt in Deuin vivum (Psal. i.xxxiir, 3j, prévenant en cet intervalle l'étal heureux du ciel, et pressentant dès la terre les goûts célestes des torrents délicieux (pii abieuvent ceux (|ui sont en la gloire : iorrcnle volu' ptalis potahis eos. (Psal. xxxv, 9.)
Vlll. (A'tte charge et fonction de chanter les louanges divines est une chose si haute, qu'elle ne peut être assez dignement accomplie. Mais elle est si commune et ordinaire, que j'ai ))eur que la fréquence ne l'evilisse, et (ju'elle ne soit exercée plus par coulu-me que par piété, et plus par uvage et routine que par correspondance à sa dignité. Je dois vous tirer hors de cette indisposition, si elle était en vous, et si elle n'y est [loint, je dois vous prévenir à l'encontre. Considérez donc avec moi (car je dois [)arler à moi en parlant h vous , puisque cette fonction me convient comme à vous) ; considérez, dis-je, avec moi, que cette action de louer Dieu est l'usage de la vie céleste et la fonction continuelle de l'éternité. C'est l'oHice des séraphins, des chérubins et des trônes dans le ciel, et de tous les bienheureux. C'est l'oflicedes prélats, des pasteurs et des prêlres en la terre, c'est-à-dire de tout ce (jui est le plus saint et sacré en la terre et au ciel. Et c'est par la sainteté de votre vie que vous êtes associées à cette partie de notre ministère, car autrement elle ne vous conviendrait pas , tant elle est excellente. C'est l'action propre et plus éminenle de la religion divine que de louer Dieu ; c'est sa vie, son essence et sa lin ; (-'est le devoir de toute créature, mais toute n'en est pas digne et toute n'en est pas ca[)able. Cette puissauce et dignité vous est donnée par grâce et par miséricorde. Uecevez-la avec humilité, estimez-la avec esprit de piété, exercezla avec fidélité, et, vous oubliant vous-mêmes, élevez-vous à Dieu et vous rendez ho.>lies de louanges, pour rendre louanges dignes à une si haute et si digne majesté. \ous accomplissez cet ollice au nom de toute créature, vous l'accomplissez (omme partie de l'Eglise chrétienne el comme partie noble cl principale de l'Eglise : llos ccdesiaslici fjcrnunis , et illustrior poriio gréais Chrisli ; ce sont les paroles de sair.t Cyfirien •à vos semblables {he discipl. et habita vir- (jinum). Comme telles donc vous faites aussi sa fonction prim ipalo et plus nobb. (jui est de louer sou Dieu et son Sauveur. En la ferveur de vos désirs , un de vos souhaits {inncipaux doit être que toute créature loue
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son Créateur, et c'est le sentiraent que ce verset vous ex|irime et vous imprime : Confitcantur tibi. Domine, omrxia opéra tua, et sancti (ni bcnedicant tibi. {Psal. cxliv, 10.) L'Eglise vous le met souvent en la bouche, ayez-le encore })lus souvent en l'esprit, et vous excitez f)ar icelui à chanter les louanges divines. Vous faites cet oiïice, non-seulement pour vous, mais pour toute créature qui n'est pas dii^ne ou capable de louer son Dieu. Les unes sont muettes, sans voix et sans âme , et elles empruntent votre es|)rit et votre langue pour louer leur Créateur; les autres sont comme en bas âge et en minorité, et elles ont besoin de votre prééminence et primogéniture en la grâce , afin de rendre par vous leurs devoirs et hommages à leur souverain Seigneur; les autres se sont privées de la giAce qui leur était offerte , et maudites de Dieu, ne sont pas dignes de le louer. Double et grande bénédiction vous ost conférée j)ûur louer Dieu, et pour elles ot pour vous. En cette vue et pensée, entrez au chœur comme ayant procuration de toute créature pour louer leur commun Seigneur, comme chargées de leurs devoirs, et comme faisant pour elles cet office, ^'e voyez-vous pas que durant ice'ui le soleil et la lune vous éclairent, que la [irésence et lumière de ces grands astres vous convient à su[)pléer ce qui eur manque en celte action? Car ils louent Dieu en leur manière, mais inférieure à la vôtre, et ils vous servent et éclairent à le louer pour eux, en une manière plus haute et plus digne que la leur, et plus étendue rncore. Car vous louez Dieu avec connaissance et sentiment de sa grandeur; vous louez Dieu pour le ciel et la terre, pour les créatures animées et inanimées, pour les Chrétiens et infidèles, pour les calholiques et hérétiques, pour les élus et réprouvés, pour l'enfer même, quoiqu'il enrage et s'y oppose par son vouloir damnable.^'ous êtes lors situées entre le ciel et l'enfer; l'enfer est sous vos pieds, et plût à Dieu que vous eussiez autant d'ap[)lication à louer Dieu, que l'enfer a d'application à le maudire; plût à Dieu que nous eussions autant de sentiments de ses miséricordes que l'enfer a d'impression de sa justice ; le ciel est ouvc-t sur vous: jjIûI à Dieu que nous eussions une foi autant vive et ferme que le ciel a une vue claire de ses grandeurs; plût h Dieu que nous eussions autant d'élévation et mouvement de piété que le ciel a de repos, «le gloire et de jouissance en la possession de son Seigneur. Nous avons tous, et nous adorons en la terre et au ciel un même maître, mais en deux manières ditrérentes : nous l'adorons par la foi en la terre, par la vue claire dans le ciel, c'est le partage et la différence du ciel et de la terre. Le jour viendra (\nGjnm non fides,scdvisio ; jain non fpes sed fruido, la vision de Dieu succédera ii la foi, et la fruilion à l'espérance. Vous fttes établies en l'un et appelées à l'autre, vous ftes destinées à cet état heureux, et à la jouissance d'un si grand bien, et déjà la foi vive vous présente et découvre cet objet do
votre félicité. Faites usage de cette foi et prévenez votre éternité, et que dès h présent votre soin soit à contempler ce divin objet, votre exercice à le servir, votre cœur à l'aimer, votre voix à le louer. D'autant plus que le nombre est grand de ceux qui manquent à louer Dieu, d'autant plus devez-vous exercer cet office avec une étendue et immensité d'esprit, en l'honneur de l'immensité divine qui tient toutes chose.5 en sa capacité Infinie; c'est cette immensité de Dieu qui vous donne par grAce une capacité divine d'exercer ce saint office, pour tous ceux qui ne l'exercent, et sont compris dans l'étendue de l'êire incréé qui contient toutes choses, et le bonheur de votre condition vous donne vigueur céleste d'accomplir cet office avec les saints du ciel et de la terre. 0 sort bien différent des mêmes esprits, créés d'un même Dieu, rachetés d'un même sang, appelés è même gloire, dont l'issue toutefois est si différente 1 ô ciel ! ô enfer 1 ô blasphèmes 1 ô louanges ! ô douleur ! ô liesse l Mêlons dans !a douceur de nos cantiques, l'amertume de nos larmes en la pensée d'objets si différents, et ressentons la dignité do notre condition, d'être employés en un si saint ministère, et nous tenons" heureux en icelui, d'être appelés à tenirsi souvent fidèle com|)agnie aux esprits du ciel, et à réparer et supi-iéer les manquements des esprits réprouvés, qui sont l'ire du ciel et l'abomination du inonde, et sont en si grand nombre selon cette effroyable parole de Jésus r Multivocati, paucive7'o electi. [Mallh. xXjlô.y IX. Kien que la compagnie des esprits bienheureux qui louent Dieu comme vous et avec vous, soit bien assez digne pourvouy ravir et élever au ciel, si est-ce que vous avez encore une plus digne compagnie en cet office , et qui ravit le ciel même et les anges. C'est Jésus-Christ Tsotre-Seigneur, Fils unique de Dieu. Fils unique de 1a Vierge. Le Père a voulu incarner son Fils, et le Fils a voulu prendre chair humaine, pour être en état de louer et servir Dieu son Père dune manière plus haute et plus divine que celle qui pouvait être communiquée ni aux hommes ni aux anges, ni à la grAce, ni à la gloire; car avant ce mystère, ]l y avait des hommes et des anges servant à Dieu et le louant, mais il y a maintenant un Homme-Dieu qui fait ce ministère. I^ y a un Dieu adorant et adoré et vous ne louez Dieu que |)ar le pouvoir de ce divin adorant, que par l'esp.ril de cet Homme-Dieu, que par la grAce et puissance qui vous est conférée par Jésu?. C'est en lui et par lui (|uo vous faites cet office, c'est avec lui encore que vous le faites, car il e?t en un état continuel d'amour et de louanges à Dieu son Père, et vous l'avez présent en son autel en qualité d'iiostie et de victime h Dieu, et en qualité de victime pour vos Ames. Il est et sera n jamais l'hostie, l'agneau, la victime de Dieu, tant qu'il sera Homme-Dieu. En la piuissance donc de son esprit, en la vertr de sa grâce, en l'union des louanges qu'il y rendues è Dieu son Père sur la terre, el qu'il
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LETTRES.- I.— AUX RnLir.lFXSES CAr.MF.LITFS.
lui rend nu ricl ; cl en ndorolion ri nnion onrorn de l'él.nl do loii.inucs, nixjiicl il est (IcvniU In ffl'e de Dieu k* I'» re en ccl nulel, comme un hnnc, une lio>lio et un njirienu du Dii'U. (;:<^*l('l>r('7. les lnuanges divines, cl >ous tenez heureuses d'ôlrc en In présenre de Jésus, en In [juissnnce de son f'iJl. en In possession de son es()rit, en In direction de sa ^r^ce.enln pnrlici|inlion de son ministère, en l'usnye cl exercice de sn fonction, qui est de louer Dieu, et consacrer vos ûmcs à sa louange.
X. Ces pensées me semlilcnl propres )i vous donner les dis|iosilions inlérieures h une action si gr.itulc; mais comme celle action est inlérii'ure et extérieure tout ensemble, je dois y joindre d'autres considérations ()iii servent h régler votre extérieur en icelle. ('onsidércz donc, s'il vous plaît, que vous exercez cet ofiice, non solitairement et fôparément, mais en < li(i.'ur, en corps et en rommini.iuté, toutes associées ensemble ; lellomenl que cède forme d'oraison vous lie non-sculecnent i\ Dieu, h ses saints, à ses anges, et h l'Ange du Nouveau Testament, nu Saint des saints, Jésus-("Jiri>-t Notre-Seigneur;mais elle vous lie ensemble les unes «vec les autres, et comme vos voix distinctes >'unissent et se conjoignent en une seule harmonie, aussi vos personnes distinctes ne font en cette action qu'un corps, un cœur et un es|)rit, [loui , en unité cl société sainte, adorer le Dieu d'unité el société divine ; ti'unilé en son essence, et de société en 6es ji'yrsonnes. Môme si vous y prenez garde, vous adorez ce vrai Dieu par la grûce de l'Hoinme-Dieu, qui esl encore un divin objet d'unité et de société en ses natures diverses. Vous savez ces secrets, vous connaissez ces mystères; c'est votre |iain quotidien, c'est votre entretien ordinaire; je n'ai pas à m'y étendre, je vous en ai parlé plusieurs fois. Je n'ai maintenant qu'à remarquer que vous aixomplissiez cet olFiee de louer Dieu, en unité d'es|)rit el en société de vos personnes religieuses, assemblées saintemont en un OKHiie lieu et en un môme oflice; que cette société et unité regartJe l'unité et société de Dieu môme en son éternité;
Î|u'elle regarde encore l'unité et société paraile de Jé>us en ses mystères, et qu'en celte cir':onsiance, c'est-à-dire en la condition de votre assemblée, vous ôtes images vives d'une société si gr.mde et d'une unité si divine, alin qu'en chose si jietite, vous contempliez, vous honoriez, vous représentiez di.^nement choses si grandes.
XI. Aussi est-ce l'esprit de Dieu qui vous assemble el unit toutes en ce saint exercice sous la bénédiction de l'Iiglise, el vous as- .«:end)Ie en un môme temps el en un môme lieu, [lour rendre mômes louanges à un môme Dieu, [lar toutes vos maisons ré[>andues en diverses parties de la terre. El (omme cet esprit (jui vous tire et apfielle à ce divin oflice, est esfirit toujours saint et toujours grand, car c'est le S;Mnt-Ks|)iil môme, il tend aussi toujours à cho^es grandes et saintes, môme d'ans les plus l>assc> et petites circons-
tances des actions que vous avez h faire par sa conduite. Il est avec vous en celle-ci, el vous ôtes avec lui, el vous devez entrer en ses (ins el en ses «|unlilés, el ôtre comme lui, toiijf;ijrs sniîites el toujours élevées (inns les choses [)lus b.Tsses el ordinaires, dans les plu.s simples aciirins «-l cérémonies. I»enscz-y souvent, el trouvez bon que je votjs le dise plus d'une fois, ce divin esprit est esprit d'amour et d'unité, el il U-iu\ aussi h vous unir avec Dieu, el h vous unir les unes avec les autres dans un si saint exercice, comme celui de louer Dieu, alin (ju'en cet état vou.s ayez la ressemblance el la bénédiction do l'unilé et société divine. Cette pensée esl haute et cette fin est grande, l'une el l'autre vous doit induire h ne pas manquer aisément, non-seulement h la récitation de votre Oflice, mais encore h cette sainte dévotion de le réciter toutes ensemble et en commun, puisque celte circonstance est référée parle Sainl-Ksnrit à l'honneur et imitation de choses si grandes, si hautes et si divines.
XII. lin la conduite el assistance de ce môme es[irit rpji vous dispose h louer Dieu parfaitement, à l'adorer en es[»ril et vérité, h l'adorer en unité et société sainte , nous avons pensé à jiropos de considérer el régler vos actions et cérémonies en cet oflice, el do joindre l'uniformité de vos actions 'a l'unité (l'esprit qui est entre vous toutes : Cnum corpus el tinus spirilus , ce dit r.\[JÔtre. {Ephcs. IV, '*.) Vous ôtes un môme corps el un même esprit, et vous devez aussi avoir môme mouvement, règlement et conduite; et cette uniforme observance donne une certaine convenance, dignité et bienséance à cotte adion commune, publique et solennelle. L'ombre et l'image de Dieu doit reluire en toutes choses, et Dieu regarde el agrée celte uniformité en son service, comme une image sainte de son unité môme. Nous devons regarder et trouver Dieu partout ; nous ne devons estimer rien de bas, en co qui a rapjiOrt à une si grande majesté Vous ne devez rien omettre ou négliger en ce qui concerne un service si légitime; nous devons tout considérer, el nous devons tout faire selon l'exenqilaire qui nous esl montré en la montagne, el selon votre éiat et condition. Vous ôtes tilles d'un môme Père qui est es cieux; vous ôles épouses et membres d'un môme Jé>us-Clirist Notre-Seigneur, qui est au ciel el en la terre, par sa gloire el son Eucharistie; vous res[drez un môme esprit, et vous aspirez h une môme félicité; vous èles un môme cœur et une môme âme : Cor xinum el anima una {Act. u, 32), comme il e-t dit des premiers lliJèles. 11 esl juste que vous bénissiez Dieu d'une môme voix, et le serviez avec même usage et cérémonie; et qu'en cela môme vous rendiez hommage h l'unité du vrai Dieu sur la terre, en unité d'esprit et en uniformité de vos cérémonies. Si tout doit ôtre fait avec ordre selon l'avis du graml Apôtre, l)eauc':>up plus ce qui regai'de le service de Dieu mô'::^?; le nom que vous portez et que vous proférez souvent quand vous parlez de vous, ce nom fréquent
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et vénérable d'ordre, qunnd vous dites (notre ordre, etc.), ce nom, dis-je, vous apprend et convie h l'aire volontiers chaque chose avei'. ordre et conduite, beaucoup jjbis celles (|ui regardent le divin office, qui est la chose .a plus fréquente, la plus visible, la plus éminente et la plus sainte en vos actions. C'est pourquoi nous avons dû et voulu revoir vos usages et cérémonies pour les rendre uniformes pnrtout, et ôter la diversité qui s'y était glissée par la facilité des supérieures à suivre les divers formulaires d'Espagne et d'Jtalie, où cet ordre est ditléremiM.ent régi et gouverné. Comme cet ordre est divisé en soi, et a divers supérieurs généraux et divers chapitres, les uns en Italie ot les autres en Espagne, il a aussi différents usages en ces deux provinces et en celles qui" en dépendent ; outre que, même en chacune de ces deux provinces, la diversité de leurs généraux de six ans en six ans, donne entrée à une grande variété en leur conduite, usage et cérémonies. Il n'est pas h propos que celte diversité se coule et s'autorise parmi vous; il nous a semblé donc la <levoir arrêter, et qu'il fallait revoir tos usages et cérémonies, pour les réduire h la dé- ••ence et uniformité, à la révérence et régularité qui conviennent à votre condition et à la dignité de votre office. Cela est dû à la majesté de Dieu que vous servez et à la sainteté avec laquelle il doit et veut être servi en son Eglise et en ses familles religieuses. Suivez désormais ces formulaires, et les suivez avec •3sprit d'humilité, d'obéissance et de sim[)li- ^ité; et fjour comble des dispositions avec lesquelles vous devez accom[)lir saintement vos actions saintes, ayez toiijours, en ce divin office, Jésus-Christ présent en votre fsprit. 11 est tout et il vous est tout, et un jour il sera tout en tous, ce dit son Apôtre : Omnia in omnibus. (Col. m, 11.) Et dès à j)résent il doit être tout en vous, spécialement en une action si sainte comme celle-ci, et en laquelle il a si bonne part. Il est celui que vous devez louer, car il est voire Dieu; il est celui par qui vuus devez louer, car il est votre vie et votre l>uissance ; et il est celui avec qui vous louez, car il est présent lui-môme et s'oiïrant en lioslie de louange à Dieu son Père, tandis que vous chantez les louanges divines. <.'est une [icnsée douce et digne de vous disposer h faire saintement un si saintexercice . Jésus est en l'autel et au ciel tout ensemble : et il veut louer Dieu son père et en l'un et en l'autre ; et il le veut louer par son (^lat d'agneau et de victime. Il ne se contente pas de le louer par son état , et en sa personne i-ropre : il veut encore louer Dieu j'ar vous-mêmes, comme par ses mem- L'res. car c'est lui qui le fait quand vous le faites, puisque vous n'êtes que jiar lui , et vous n'opérez que par lui. Pensez -y bien, et y pensez souvent ; car celte pensée vous servira h plusieurs choses, et elle v^st fondamenlah' en la vie chrétieiuie et en la vie parfaite. Vous n'êtes qu'un pur né;uil devant la face de Tieu, où vous êtes membres de Jésus, incorporées à lui par sa grince,
OEUVRES COMPLETES DD C.\RDINAL DE BERULLE. Î3ii
vivifiées en lui par son esprit, et ne faisant qu'un avec lui, en l'honneur de l'unité sacrée qu'il a avec son Père. Sans lui donc, et sans ses qualités que vous recevez de lui , vous n'êtes rien, et vous ne pouvez rien, et
vous ne seriez pas dignes de proférer les louanges divines. Vous reconnaissez et professez cette vérité , commençant voire Oifice par cette sainte \mTo\e : Domine, lubia mca aperies, et os meum nnnuntiabit laiidem tuam. {Psal. cx.x.) Que Jésus donc soit avec vous , et vous rende siennes pour jamais. Ou'il anime votre esprit, qu'il vous touche le cœur, qu'il vousouvre les lèvres, etqu'il vous rende dignes de célébrer saintement les louanges de celui qui est saint en luimême, en ses œuvres, et en l'œuvre de ses œuvres, c'est-à-dire en l'incarnation; qui est saint en son essence, en ses personnes, en leurs processions ineffables : qui est saint en sa puissance, en sa miséricorde et en sa justice : oui est saint en la terre, au ciel et en vos âmes : qui est le Saint des saints , comme le dit Daniel, et le trois fois saint, comme disent les séraphins, lorsqu'ils ont vu sa gloire. En l'honneur de la sainteté suprême, qui règne dans la terre et dans le ciel, qui veut approprier vos âmes h soi, faites si saintement en la terre cet office, que vous soyez dignes encore de le faire plus saintement et plus heureusement dans le ciel.