‹ Œuvres complètesChapitre 309 sur 540 · LETTRE XXXIV · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIV

A une PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMELITES , QUI PRESSAIT TROP POUU SORTIR DE CUARGE,

La grâce de Jésus-Christ Nolre-Seigneur soit avec vous pour jamais. J'ai consicléré à loisir la demande que vous me faites, et il m'a semblé que vous avez beaucoup à vous humilier devant Dieu des faiblesses où vous vous retrouvez ensevelie si aisément, et pour si peu de lemi>s el de sujet, et vous devez craindre ({ue Notre-Seigneur no vous fasse quehjue jour le même reproche qu'il lit à ses apôtres au jardin des Olives : Ne pouvez-vous donc veiller tant soit peu avec moi? N'est-il [)as en tous lieux, pour conu^nter el assouvir l'àme qui ne cherche quo lui? N'e5t-il pas encore [»résent en son humanité par Je saint Sacrement, à qui n'a autre appui après Dieu", ni autre trésor que celte sainte el glorieuse humanité, qui est tout notre bien? Ne vo\ez-vous pas d'autres cimes plus petites et plus faibles en a(>parence, qui portent le même fardeau que vous, sans succomber? Je vous le représente, non pour vous confondre, mais pour vous humilier; non pour vous abattre, mais pour vous relever; cap il n'y a rien qui ait tant d'eIRcace à relever l'àme en la grâce que la vraie connaissance de soi-même, c'est-àdire de son néant et de sa pauvreté, non tant par lumière et connaissance que par effets el par exjiérience. Et je vous le dis d'autant plus assurément que celle vérité ne vous peut apporter aucun [iréjudice ou tristesse plus grande, étant proche de votre retour :dont réioignement m'a retenu devons le dire el écrire plusieurs fois. Recevez ces paroles en humilité et sim[)licité d'esprit, plus présent à Dieu qu'à soi-même, et plus

ŒUYRES COMPLETES DU CARDINAL DE BEUULLE.

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disposé à être touché des effets de la grâce que de ceux de la nature.

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