I.ETTRKS. — 1. - AL\ IIKMCIKISES CAIlMI^MTF.S
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lorro f|uc no s opiioser h Dieu el h ses o;uvros. C» point (|iie je vous lufliido est un iMMiil (lYl.it, mais (i(î l'état du l'ih <le Dieu. 11 lui a plu (lès Joiigteuips me le faire connjillre, et je l'ai souvent ex|i6iimenlé vl.wis ses œuvies. Je l'ai Ibit appréhendé en celuici, mais je uni pas eu puissance (Le m'en garantir, el je me dois Iminilier devant Di(!U do n'avoir pas élé digne de recevoir de lui celte grûce. Si chaque bcMcnce et prolessuin a ses règles, les éU\lsont leurs maximes; et ce point est une ûo^ luaximes de l'élat du Fils de Dieu (jue je vous mande non pour vous faire peine, mais |»our vous éclaiicir, el vou)', faire remonter jusqu'aux causes preniièros el aux raisons suprôuics des choses
2 ni arrivent dans les œuvres de Dieu, vous le>anl j)ar-dessus vous-môuie, el par-dessus les accidents communs el ordinaires, el |iar-dessus les raisons des dillicultés qu(f vous éprouvez. Si votre alfaire était une affaire; purement humaine et commune, il sullirail d'y consiiérer ces raisons a|)parenles , el les causes d'icelics : mais parce (ju'elle e>t d'une autre condilion, il faut remonier jusipi'h Dieu qui est la cause suprême, ipii ordonne de ses (i3uvrcs en sa sapience, el|»ermelau diable de les traverser selon la mesure et |iroporlion des prises et des sujets que nous lui en donnons par notre faute. Car Dieu entre dans son conseil avec ses anges, et souvent le diable y assiste, comme il appert en Job. Là il allègue à pieu ses droits el ses |)rélentions, là il reçoit son pouvoir el ses ])ernjissions; et puis il descend en la terre, agitant les esprits, suscitant les raisons qui nous y a[)paraissenl, qui ne sont pas les [iremières causes des dillicultés que nous éjirouvons dans les leuvres de Dieu. Si Arisiole eût élé chrétien, el qu'il eût écrit des Politiques, comme il a fait étant j)aien, peul-êlre n'eût il j)as négligé cette pensée, el eût trouvé bon de l'insérer [>armi ses enseignements. Car comme en la spéculation, il veut que nous remontions ad altissimas causas, qu'il croit être discourues en sa Métopliijsi(pie, aussi est-il raisonnable en l'action de remonter jusqu'aux causes suprêmes; car c'est un même espi'it et un môme Dieu, qui nous doit régir et conduire el dans les choses spéculatives et dans les choses de pratique, el ({ui dispose brut ()ar des raisons bien supérieures aux nôtres.
LETTRE XXXIIL
A UNE PRIEURE DES RELIGIEL'SES CARMELITES.
// usait peu des termes qui portent autorité et commandement. Il l exhorte à se donner de nouveau à Jésus et à sa très -sainte Mère.
La grâce de Jésus-Christ Noire-Seigneur soit avec vous pour jamais. Sur la contiance que vous voulez |)rendre en nous, je veux que vous nous écriviez en liberté autant qu'il plaira à Noire-Seigneur vous faire connaître qu'il sera convenable. Je ne me sers pas du lermo de coinmandcmenl, comme
vous spécifiez par la vôtre, potir ce que jo n'cstiîuc pas à propos d'ustM' de celle autorité ([u'avec grand sujet et retenue; mais n«jtre désir vous doit suflirn [lour prendre force à le suivre et à vaincre la retenue que vous avez. Soyciz i\ Jésus et Marie, el non à vous; suivez leurs volontés, et non vos dispositions naturelles; référez votre état et vos actions à leur honneur el gloire ; adorez Jésus naissant, et la vie nouvelle en la- (lùellc il entre pour votre amour el pour la gloire de son Père; révérez la très-sainte Vierge enfantant Jésus au monde, et ai;complissanl son étal el oflice de mère envers lo Fils unique de Dieu. () naissance do Jésus! ô maternité de la \ ierge 1 remplissez volro âme de ces divins objets, en ce saint tem[»s spécialement. Dites à celte sœur dont vous me mandez quelque chose, qu'en semblables sujets, il se faut porter tout à Dieu, en oubli de soi-même, el sans attachement aux voies parculières jiar les(|uelles nous allons cl Dieu ; el il faut peu de réflexion sur soi et sur ce qui nous arrive. Je ne puis vous écrire h [)résenl davantage pour la hâte du messager. Jésus el sa très-sainte Mère soient avec vous ])0ur jamais.