LETTRE XLV
 LXE PRlELHli DF.S RtLIGltl SliS CARMÉLITES.
// hti représente les raisons pour lesquelles elle doit faire prières particulières à la très-sainte Menje. L'humanité de Jésus, quoique créé, est élevée par-dessus les créatures. La foi est le fondement et la conduite de la piété; et il faut que les religieuses tachent très-bien le catéehisme.
La grâce de Jésus-Ciirisl Notre-Seigneur soit avec vous po\)r jamais. J'ai reçu volio lettre, cl le livre adjoint duquel je n'ai pu faire avant | artir ce que j'en avais besoin. Je l'ai enfermé pour achever à mon retour; n'en soyez point en peine s'il vous plaît. Je loue Dieu de la dis|»osiiion que vous me mandez ôlre en votre maison sur le sujet de la dévotion de la très-sainte Vierge. Je vous prie la conserver, et prier la très-sainle Mère de Dieu qu'elle daigne la con^^ervcr <ledans les âmes el dans son ordre. Je désire de vous \cvs elle quelques prières particulières pour ce sujel ; vous <^if<; «;a liiie ,
vous portez son nom, elle vous a apfielée tu sa religion ; elle a mis entre vos mains une de ses maisons ; vous lui avez donné de nouveau votre .Ime el voire vie f»ar celle dévolion-là. (l'est assez |)Our vous obliger, j»lus que beaucoup d'autres, à avoir soin «Je la plier avec aire<ti(jn, zèle et jiersévéranco jioiir cela : je vous |)ric donc «le n'y (loinl maniiuer. \ ous avez bien résolu le doute de celle bonne sœur. L'humanité do Notre- Scigncjir, encore (ju'elle soit créée, ne lient pas rang enlrc les créatures, mais fuir-dessus tout ce qui f si crée : car elle est assise dans lo trône môme de la Divinité, Scde a dextris meis (Psal, cix,l), lui dit le Pèro éternel ; el elle est suhsislanle dans la [lersonne môme divine, cl ainsi encore qu'elle soil créée, elle a une subsistance incréée. Je jtense avoir écîairci verbalement à toutes en général celle vérité, el en particulier à plusieurs : mais je vous prie prendre soin ce nonobstant , de voir comme elles l'entendent et pratiquent, el de leur bien édaircir.. Cela môme m'oblige de vous avertir que vous considériez si les âmes sont assez instruites des mystères de la foi; car nous sommes obligés à leur en faire avoir l'inielligence nécessaire, et celles sur lesquelles vous aurez doute, il serait bon leur faire avoir el lire Je catéchisme de liellarmin, qui est, à mon avis, le meilleur, étant fort clair et solide. La foi est le fondement et la conduite delà jjiété. Je supplie Notre-Seigneur et sa très-sainte Mère, qu'ils daignent vous bénir toutes, et prendre leurs pouvoirs sur vos âmes, pour les rendre parfaitement à eux, en qui je suis.
LETTRE XLVL
A LA MÊME
Qu'elle réfère à Jésus et à Marie tout le pouvoir quelle a sur les âmes. Grand zèle et humilité profonde de ce serviteur de Dieu.
La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Donnez 5 Jésus el à Marie tout le pouvoir que les âmes vous donnent sur elles ; cl ne vous en servez que pour les lier plus fortement à Jésus- Christ Notre-Seigneur, à. sa très-sainle Mère, el à leurs conseils sur l'ordre. Honorez singulièrement les liaisons ineifables de la divinité à l'humanité de Jésus, et de Jésus i\ sa très-sainle Mère en ce saint temps, et leur demandez, s'il vous jilaît pour moi , avec soin particulier, miséricorde pour mes otïenses el infidélités ; et la grâce de me lier à eux, el l'ordre et la congrégation d'une liaison ()uissanle et parliculière. Je suis en eux pour jamais.
LETTRE XLVn.
A LNE rrxIELRE DES RELIGIEISES CARMÉLITES.
Il lui écrit d'un ecclésiastique qu'il ne jugeait pas à propos de faire prêcher en leur église, le voyant en un état périlleux.
\a grâce de Jésus-Christ Noire-Soigneur soit arec vous pour jamais. Je uc maur^utt
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OELYRES COMPLETES DU CAIIDINAL DE BERL'LLE.
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pas de volonté d'aller en vos quarlicrs, mais il y a toujours quelques nouveaux sujets qui m'en empêchent, même je n'ai pu encore aller jusqu'à Pontoise; vous pouvez faire prêcher celui que vous me nommez, mais foit rarement, fort considérément, ou point du tout si vous le pouvez sans offenser la charité commune. Ce n'est pas ce qu'il doit faire ni désirer, que de prêcher, ni aussi ce qu'on doit faire pour lui ; mais de le faire renirer en lui-même, et lui faire reconnaître ses manquements passés. L'esprit d'humilité lui est grandement nécessaire; car c'est l'esprit d'orgueil qui a commencé sa chute. 11 est bon que vous examiniez sous main quelle est l'odeur de sa vie, car on l'accuse fort par deçà, et je n'en veux rien penser ni dire : mais s'il ne rend bonne odeur de soi-même, vous devez éviter sa conversation , après une fois ou deux. Je doute fort du dessein que vous me mandez: plût à Dieu qu'il en ait la pensée avec la disposition nécessaire 1 Vous lui en devez parler, vous l'y pouvez induire : mais voyez bien clair en ses intentions ; et je vous prie m'en mander au plus tôt ce que vous en jugez. Je supplie Notre-Seigneur Jésus et sa très-sainte Mère^ de nous rendre tous dignes de les servir en la perfection qu'ils désirent de nous. Je suis en eux.
A Paris, ce 27 juillet 1626.