‹ Œuvres complètesChapitre 317 sur 540 · LETTRE XLIX · texte numérisé non relu

LETTRE XLIX

A UNE PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMELITFS-

Jl lui promet son livre des grandeurs de Jésus ; sa modestie, en parlant de ses œuvres, sa disposition au regard de la croix.

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je loue Dieu do la communication que vous avez avec N. et des bons effets que vous en ressentez en votre âme. Je vous prie de la continuer, et de vous dédier chaque jour à Jésus-Christ Notre-Seigneur et à sa sainte Mère, avec autant d'espi'it, de grâce et de faveur, comme si c'était la dernière fois que vous le dussiez faire en la terre. Je vous enverrai le livre que vous me demandez, puisque vous le voulez. 11 est achevé d'imi)rimer il y o longtemps ; mais ayaiU plu à Dieu disjioscr plusieurs prélats, et prélats de considération particulière, de l'approuver , il m'a fallu leur envoyer et leur donner loisir de le considérer. Je ne pensais rien moins qu'à cela, mais on m'a conseillé de ne pas refuser leurs bonnes volontés. C'est peut-être une voie que Dieu prend pour dissiper plus puissamment les calomnies précédentes, et pour obliger ccux-l"à à se taire, qui ne s'y laissent pas obliger par la charité. C'est un œuvre que j'ai fait x^ar nécessité, que

UOi LKTTUKS. — I. — ALX

if! crains Cire [ilus (liHicile (iiio nlile, el (iiio j(? 1110 suis résolu de ne donnera personne, vinon à nos afiprobateurs, me semldont que c'esl en cuielque manière s'ingérer soiuiôrno que de le présenler. Je vous l'enverrai toutefois, el à M. N. auquel nous devons tout ce (|ui est n(Mre. Je .supplie Notre-Seigneur Jésus-Christ nous d(»iiner part à l'es- |>ril, à la patience el 5 la «ondiiile de i>a croix , comme il lui plall »lc nous ^donner par sa misérioordo quelcpie pelil»? |>art à sa môme croix. Je m'en rocoiinais bien indigne, el en fais très-mauvais usage. Plaise h Nolre-Seign«>ur, el h sa Irès-samte Mèro assistante et parliripanle à sa sainte croix, de me donner la grAce d'en mieux user k l'avenir. Je suis eu eux.

LETTRE L

A VUE PniEURE DES RELIGIEUSES CARMÉLITES.

La grAce do Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Jo vous remercie de la charité que vous exercez envers la personne dont vous m'écrivez. Je vous prie de continuer et l'exhorter à persévérer en sa condition. Ce qu'elle allègue et ce qui l'en divertit n'est pas de Dieu, n en doutez point. Vous avez bien fait de m'en écrire, et nonobstant la crainte que vous avez, vous pouvez continuer. Il y a bien des ombrages et des soupçons dans cette âme, une partie de ce qu'elle croit et dit est f.uix ; mais il faut de l'humilité et de la charité pour rece- ▼oir la grâce de Dieu, dissipant ces nuages cl ces ombres que l'esprit malin suggère aux âmes pour les divertir de leur vocation. La première déception qu'il fait à ceux qu'il tente de l'hérésie, c'est de leur faire croire plusieurs erreurs en l'Eglise; et les erreurs sont en eux, et non en elle. Mais c'est l'entrée de la puissance qu'il essaye de

E rendre sur eux, pour les éloigner de la énédiction qu'il sait 6lre en 1 Eglise de Dieu.

Je vous ai donné autrefois plusieurs avis sur l'étal des tentations que vous me mandez être en" quelques âmes ; il y faut plus d'humilité que de scrupulosité : vous devez entrer el les faire entrer peu en discours étendu de ces choses. Il suffit que vous sachiez ea un mot leurs peines, et que vous Jeur donniez les avis salutaires ; l'humiliation intérieure , le recours à Dieu et le divertissement de ces pensées, sont les pratiques princij)ales à observer. Je ne puis m'y étendre par lettres. Jésus-Christ Nolre- Sfigneur et sa très-sainte Mère soient avec vous pour jamais. Prenez en eux nouvelle vie, en ce saint temps consacré à la vie nouvelle et glorieuse du Fils de Dieu, et honorez la vie nouvelle de la très-sainto Vierge en son Fils ressuscité. Je suis en eux.

Page 1