PRÉAMBULE A LA VIE DE JESUS
DISCOURS DE l'État de jésus dans le monde et dans
LA LOI, AVANT QU'lL NAISSE AU MONDE, POL'R SER\IR DE PRÉAMBLLE A LA TIE DE JÉSUS SUR LA TERRE.
1. Etat el grandeurs di; Dieu en soi-même. — IL Dieu est lui-mèine le maître qui nous enseigne ses vérités; les angos et les prophètes sont bcs organes. — III. Les grandeurs de Dieu en particulier, qui nous'sont enseignées en celte école, dont il est le doeli-ur lui-même. Dii'u , qui est infini, est fini à soi-même. — IV. Dieu, qui est invisible en soi-même, se donne à connaître à nous par ses effets et par sa p.irole. — V. Grandeurs de Dieu expliquées. Dieu suflisant à soimême. — VI. Création du monde par la pure bonté et franche volonlé de Dieu, pour Dieu et en Dieu. — Vil. Grandeurs de Dieu en son trône, en son repos ; sa coniemplatiou, ses productions, son opération, sa parole, son commandement, sa mariitestation , eic. — Vill. Dieu, sortant de soi-même, opère en soi -même une ombre de son être et de sa vie, une expression de son amour VA une émanation de sa sainicié, c'est-à-dire le mon le de la nature et celui de la grâce. Consifîcrations sur l'œuvre de la création. — IX. De la mullilude des anges qui furent créés, les uns demeurèrent ndcle-. , les autres d-n lurent prévaricateurs. Chute de Ihomme en .Adam. — X. Néant du péché, pire que celui de la création. — XL Le co[iseil de Dieu en la vue du péché est de nous donner un réparateur. — Xll. L'élahlissement de la loi n'est que pour préparer la venue du .Missie au monde, et elle est délaissée silôl qu'il a pris possession du monde par son entrée dans la gloire, il est parlé de Jésus et de Marie dès le conunencemeiil du monde, et nième dès le commencement du pcclié. — XllI. Quatre mille ans se passent en cet élal et en l'espérauce de ce remède. Maiscomn e la nature commence à s';ippt'sanlii, au bout de deux mille ans Dieu lui do me la lui pour la réveiller. Différence de la loi et de la K àce (|irtlle promet. La nature désire son rédempteur, la loi le ligure, la grâce le donne. — XIV. Jésus est vivant au monde avant sa venue au nn)nde, et en quelle manière. Il ne convient qu'à Jésus d'être si longuement attendu. Il n'y a. rien dans la nature et ('ans la loi que pour lui, et
tout le commerce du ciel et de la terre, par l'état de la religion, ne tend qu'à préparer le mende à son avènement. — XV. Il souhaiie que Jésus vive uniquement en nous. Jésus est l'objet et la fi:! de la loi. — XVI. Le conseil et la conduile de Dieu sur Abraham. Sa foi, son obéissance, .%! qualité de nouvel Adam, tl heureuse ressont ce de la race bénie et père des croyants. Abraham donne sou Fils unique à Dieu , et Dieu son F.ls unique à Abraham. — XVII. Dieu fait mirade eu Abraham tt rend sa stérilité féconde pour le faire père de son lils ei d'une muititude innombrable d'enfants. — XVIIl. Peuple hébreu miraculeux en sa naissance et eu sa conservation, et cela en consilératiofi du Messie, seul objet que Dieu y regarde. — XIX. Honheur de la Judée d'avoir été cons:icrée au Messie el à ses mystères ; et sa méconnaissance digne d'être pleurée des larmes de ses yeux divins. — XX. Délaissement des Juifs et éiec'.liou des gentils qi.i leur sont substitués. Remerciement ei accei>laiion de cette si grande grâce. — XXL Mais avant ce malheur, le peuple juif (non quelques partictdiers seulement) est vivant dans la créance et l'attente de ce libérateur ; et cet étal est un état proph( ti(|ue qui pro-^ met el annonce au monde le Sauveur du monde. — XXII. Louange à Jésiis sur ce sujet. Désirs de l'avènement de Jésus au monte. Les Juifs et les gentils servent à l'avènement de Jésus au monde, combien que très-dilTiremment. — XX III. Conclusion de ce paéambale par élévation à Jésus.
I. Le Dieu des dieux (pie la religioii chrétienne adore, est éternel, immuable, inlini ; est très-saint, très-haut tt très-puissant; est invisible, ineffable, incoin[)réhensible ; est saintement occupé en soi-iuéme et de soiinôme; et est pleinement content et satisfait en la contemplation de son essence, et en la. société de ses personnes.
II. Ces qualités sont admirables, el ces vives couleurs de l'être divin sont bien ditlérentes, de celles dont l'antiquité païenne dépeint les dieux : aussi les fables leur conviennent, les fictions sont leur théologie, et les poêles sont leurs docteurs; et une déité si frivole Tte méritait pas une plus grave doctrine, ni une plus sérieuse école. Mais, au lieu des fables et des poésies, (\uq nous laissons à
vu: I.h JhSLS. — l'UKAMULI-K.
CCS faux ilitMix, la vYm ilô nonvipiil nu Diou (jue nous a<l(M'ons; cl il (ir('v>»' eu l.i li-rir une plus (li^ne école pour parler à l.i lirre le Iflu-
r;/»ge «Ju ciel. Ses auj^es el ses proplièles soul es organes de sa pnroU^ : el c'viii lui-uiôuic qui nous enseigne, se r<'U(l.u)l noire uiallrc, nous ilonnnnl sa lumière, el nous r.o.inl la grâce (l'Olre ses disciples, suivant co ([ui est dit, Frutit omnes docibilcs Dci. {Joan. vi,/»5.)
III. Or il nous apprend (ju'il surpasse nos sens, el noire espril el nos paroles, (jue son essence est sapience, son pouvoir esi honlé, son vouloir est amour , ipi'il est le souverain, le princi|)0 el la lin de tout Être ; «pi'il est le centre, la circonlùrence el la oléniUide de toutes cliuses ; (\uo son excellence e>l ineslirnahie, sa giandeur inénarrable, el sa majesté adorahie ; qu'il doit ùlre révéré par \in sacré silence el non pas prol'ané par les discours téméraires de l'iioiiimc. Il e?t sans nom et meilleur que tout nom. Il esl tout el au delà de tout. Il fait les temps el esi a>aiil les Icmps, Il e»l inaccessible, mais inlimc à tout. Il esl invisible, mais voyant tout. Il est immol)ile, mais mouvant lout. il esl incompréhensible, mais couiprenanl tout, lia |>ar sa grandeur toute |ierfectioa et par son éminence (cjui esl une jicrieclion plus liaule) il n'en a aucune, il esl éternel, contcnanl tous les temps, mais sans aucun lem|)s. il est bon, niaissans qualité. Il esî grand m?issans quantité. Il esl très-haut, mais sans éièvemcnl.il est très-profond, mais sans abaiisement. il esl immense, mais sans étendue. Il est présent partout, mais sans aucun lieu. Il esl de tout temps, mais sans aucun temj)s. Il esl infini, mais Uni à lui-même, parce qu'il n'est et n'a rien hors de soi.
IV'. Que si cet être excellent et adorable n'est pas sensible en sa nature, il est sensible en ses etfels, et c'est avoir faute de sens de ne le pas connaître, tant il s'est peint vivement en toutes choses et gravé bien avant dans nos cœurs. Par |)rincipes nés en nousmêmes , nous reconnaîtrions te principe des |)rincipes, si nous étions toujours hors de nous-mêmes; et si nous savions bien pénétrer la nature, nous y découvririons l'auteur de la nature. Les lumières que nous voyons sont ses ombres. Les grandeurs que ECUS admirons sont ses vestiges et les traces de ses perfections. Et ce soleil qui nous ravit, nous éclaire el nous éblouit lout ensemble, n'est que sa figure. Cet Etre suprême esl le soleil de l'éternité. Nous ne pouvons le voir en son midi et au fort de sa lumière ; sa clarté nous est ténèbres. Il nous sullit de regarder ce soleil en l'ombre, et de voir Dieu en ses elfits, et en l'ombre de la foi qui nous éclaire en son obscurité. Elle nous enseigne que ce soleil esl intellectuel; que sans lui lout esprit est en ténèbres ; qu'on doit suivre sa lumière ; qu'on le doit adorer et aimer; qu'il est le très-bon, le très-haut, le grand des grands, le souverain des souverains, le Dieu des dieux, la lumière des lumières , l'être des êtres , l'esprit des esprits; qu'il esl lout espril, tout vie, lout
amour en un repos perpétuel, el cpi'il est son rcjio^ lui-même.
y. Ce grand Dieu ne relève d'aucun en son étal el en ses perfections. Il u'y a personne (pii éf;alc ou limilc sa condition. IN rsonne ne fieul troubler son étal cl son repos. Il esl existant imrsoi, cl ne dé()cnd que de soi-même. Il est heureux et étemel; voire le seul heur, ux et le seul élernel : le seul heureux [lar soi-même, et le seul élernel el l'élernilé même. En cet état, en ce repos et en celle éleriiilé, il suflil à so.-même. El c'est aussi un des premiers noms que la première théologie de l'univers a donné -i Dieu, de l'appeler Sudmj , c'esl-à-dire celui qui .siilTil à sf»i cl h toutes choses. Il n'a be>oin de rien hors de soi. Sa vie est heiireu e el conleiile en lui-même. Sa gr.indeur Millil «^ sa féliciié. Il s'aime, il se contemjile, et il so possède .'•oi-même. El en cette possession iniinie cl heureuse, il jouit d'un rejios el d'un contentement parfait, digne de soi, égal à SOI, c'est-à-dire infini, adorable el inen;jl)le. El lout ce qui peut êlre ne peut rien ajouter àsa tramp.iillilé. à sa grandeur, à sa féliciié.
VI, En cet état heureux, iudéi)endanl et divin. Dieu crée le monde quand il lui plaît, et le lire hors de l'abîme du néant et des trésors de sa puissance. Il le crée par ss boi.lé et non par indigence. Il le crée par sa franche volonté et non |)<ir nécessité. Il le crée pour faire bien au monde el non pas à soi. Il le crée non pour êlre heureux, mais pour répandre le bonheur hors de soi-même. Ainsi jiar sa puissance, lout e-t de lui, et rien d'ailleurs. Par son immensité, tout esl en lui, et rien ailleurs. Par sa grandeur, tout est à lui, tout est pour lui et non pour autre chose. Et par sa bonté, tout tend à lui, et aussi tout doit et tout rend hommage à une majesté si grande et si haute.
Vil. Dès l'entrée de ce discours, rendonslui nos devoirs et allons à son trône pour l'adorer. Son trône, (t'est lui-même; car il esl logé en soi, et n'a besoin de ses créatures (lour se loger : au contraire, il les loge en soi-même et il est le seul trône de sa gloire el k^ seul siège digne de sa grandeur. Là il est heureusement vivant dans le repos de son essence, dans l'abîme de ses grandeurs, dans l'unité de son amour, dans la splendeur de sa gloire. Là s'il se conlem[)le, ce n'est que fécondité, et s'il |)roduit, ce n'est que divinité ; que s'il paraît, ce n'est que majesté; s'il opère, ce n'est quebonié; s'il parle, ce n'est que vérité; s il commande, ce n'est qu'équ;té; s'il est en repos, ce n'est que vie, amour el sainteté.
NUI. Or dans ce repos il veul Oj'érer et pro luire au dehors une ombre de son êlre, une image de sa vie, el, ce qui est plus excellent, une expression de son amour et une émanation de sa sainteté. Ce qui fait un nouveau monde dans Je monde, et établit Tordre des choses surnaturelles. A ce dessein il crée l'univers au moment ordonné par sa sapience , el il commence ce bel ouvrage par la lumière, qui est la rille aînée de sa parole , et le tinit [.ar l'homme, qui est
OEUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE. i20
et simi)le né.inl de l'être où nous étions
le chef-d'œuvre de ses mains, et une lumière vive et intelligente, comme si le Dieu des lumières prenait plaisir à cheminer de luniière en lumière en ses œuvres; et comme S) le Roi des siècles, qui a réternité pour sa durée, voulait consacrer le temps et les moments h ses opérations. En un moment, ii crée le ciel et la terre ; mais il emploie du temps à former, polir et orner cet ouvrage de ses mains. Et ce Créateur du ciel et de la terre veut aussi créer deux natures capables de sa grandeur et de sa grûce, l'ange et l'homme, mettant celui-ci dans la terre et l'autre dans le ciel, afin que l'univers en ces deux j^arties principales, la |)lus haute et la plus basse, ait l'image vive de son Créateur, et la j)orte empreinte en ces deux créatures, choisies et ilestinées pour habiter, l'une le ciel et l'autre la terre, et pour louer et bénir leur commun Seigneur en leurs étals si divers, et en ces deux î^éjours si distants et si (litîérents l'un de l'antre.
IX. L'ange demeuro tidèle à son Dieu dans le ciel, hormis ceux qui ont délaissé leur f)rincipe et principauté tout ensemble, et qui à l'heure même furent bannis du ciel, précipités dans les enfers, relégués au centre de la terre, comme en un lieu séj'aré de tout commerce des créatures, et le plus distant et éloigné de la splendeur, de la lumière, de la grandeur du ciel qu'ils habitaient auparavant. Mais l'homme établi de Dieu en la terre, et constitué seigneur d'icelle, y oublie ses devoirs, et ruine toute sa postérité. Il méconnaît celui duijuel il relève et lient tout en fief. Il se rend rebelle à son souverain , au lieu de lui rendre la foi et hommage. Il se soustrait de l'obéissance à son Créateur, et il l'offense mortellement; et par son crime et infidélité, il nous prive tous de la grâce. Naissant, il nous flétrit d'une marque d'ignominie, nous faisant enfant d'ire. Virants, il nous condamne à la mort, par son iniquité qu'il nous communique. Et mourants, il nous rend coupables de la damnation éternelle. Et la terre qui devait être à Dieu un temple sacré pour le louer, et à ''homme un paradis de délices pour y vivre en repos, est couverte de ronces et d'épines; est un cloaque d'ordures et abominations; est une vallée de larmes, de mort, de misères; et elle ne |;ortc plus que des f)écheurs et ennemis de Dieu au- monde. Et ce mal est sans aucun remède, si le même Dieu (jui a créé le monde par sa puissance, ne le regarde par sa bonté, et ne pourvoit à son maltieur par une rare et nouvelle providence.
X. Ce malheur commence dès le commencement (\\i monde; l'histoire en est connue, et nous ne voulons pas rafraîchir la mémoire d'un si déplorable accident. IJ sufTit de dire et remarquer que c'est un signe évident de la faiblesse de la créature, qui ne faisant que sortir du néant, rentre et retombe aussilùt en un autre néant jure que le précédent; car le néant et la [)rivation de la grâce où nous réduit le |)éché est beaucoup plus dommageable et déplorable que n'est pas le pur
avant la création; et il faudrait u'ie bonté plus grande et une bonté plus [.uissante pour nous en relever, si à une puissance suprême et infinie tout n'était également facile selon la vraie croyame.
XI. Ainsi le monde "est en désordre, et l'homme est en péché. Ainsilemauvaisange a dépeuplé le ciel, et l'homme rel)elle cuuvr;e la terre de pécheurs. Ainsi le dessein de Dieu est violé. Dieu donc contemplant son ouvrage, voit ce malheur arrivé au monde, et ce désastre en l'ouvrage de ses mains, il voit le ciel vide d'une partie de ceux qu'il avait créés pour le remplir. Il voit la terre désolée, qui ne porte plus que chardons cl épines et (ce qui est pis encore), ne produit plus que pécheurs et péchés, au lieu de la justice f'I sainteté qu'il y avait mises, et (!u paradis qu'il y avait planté lui-mêrue. H voit son intention frustrée et son conseil déçu en la création de l'univers; il le veut ré['arer. Il entre donc en un nouveau conseil. Il veut remplir le ciel et les sièges qui y sont vacants. Il veut sanctifier la terre, et })ar un nouveau déluge (déluge d'un sang lirécioux), y noyer les péchés du monde. H veut faire un nouvel Adam, plus saint, plus ferme, plus solide que le premier. 11 veut former un nouvel homme, homme et Dieu tout ensemble. Et c'est la vie de cet Homme- Dieu que nous avons à déduire en ce diS'^ cours présent.
XII. Dieu manifeste ce sien conseil et en donne la nouvelle au monde dès le commencement du monde, et va dehors disposant le monde à recevoir celui qu'il veut y envoyer. Il y em[)loie les oracles, les figures, les patriarches, et tout le corps de la loi qui rro sert qu'à préparer la venue du Messie au monde, et qui aussi est délaissé comme inutile, sitôt qu'il en a [iris p-ossession par l'état de sa gloire. Nous voyons comme dans la Genèse une des premières paroles du premier homme regarde le Fils de Dieu et son Eglise, selon saint Paul; et une des premières paroles de Dieu même après le péché, regarde la femme et la semence bénie qui doit briser la tête du serpent, c'est-à-dire Jésus et Marie. Tellement que le Sauveur est prédit et promis au monde dès la naissance du monde; et dès l'enlr-ée du j^éché en icelui, on y parle de celui qui par son nom, sa puissance et ses œuvres^ doit bannir le péché du monde. Ainsi ce Jésus et ce Sauveur, ce Messie et cet oint du Seigneur est cru, désiré, attendu dès la naissance du monde et du péché jusqu'au temps de son heureux avènement; et il est l'agneau de Dieu, qui est vivant et occis dès le commencement du monde.
XIII. Quatre mille ans s'écoulent en cet étal et en celte pensée. Un si grand bien ne pouvait ôlre trop longtemps désiré, et un secours si nécessaire à nos malheurs ne devait pas ôtr'e un moment ignor-é, puisque lors le salut et la vie consistaient en la foi, en l'attente et en l'espérance de ce libérateur qui devait êlre envoyé. Deux mille ans se
VIE DK JESLS. - rP.EAMnLLF.
passent, et In nnlurc commonco h .s'nppcs.intir et ciHloniiir vn cclli; «Houle. l)icu la veul réveiller p/ir \n loi. Il «>.senil>!e un peuple avec (le {^r.iiuls pi-o'li^^es pour I.i lui donner. Ce [leuple ne respire, cl relli! loi ne regarde (jiie le Messie, mais elle n'y arrive pas; elle le représenle, mais elle ne le présente pas ; elle l'aninjuce, mais elle ne lo montre pas; elle le promet, mais elle no le donne pas; ell») l'allend, mais elle ne le re- (;oit pas , elle nous instruit de notre mal, mais elle ne le guérit pas; elle déclare le remède, mais elle ne l'appliipie pas. Il faut gémir, soupirer et alleiidie plusieurs sièrles a\>rbs i e Messie et ce Sauveur ; et dans ces larmes et ces soupirs , notre soûlas est à |)en>er h lui , n<*lre lioiiluMir est à lo désirer, notre salut est à l'espérer, et notre religion h contempler ses omhres el 5 nous repaiire, non de sa présence, mais de son allenle; non de lui-m(^me, mais de ses propres ligures. C'est le serpent d'airain (|ue nous devons regaiuler en nos blessures niorlelles. C'est la nuée (pii nous couvre en l'anleur île nos inicjuiiés. C'est la colonne de l'eu (]ui nous guiile en la nuit do l'infidélité. C'est la lumière qui nous éclaire taiulis que les Egyptiens sont en ténèbres. Kt si de la terre nous élevons nos yeux en liaul, nous y verrons rarc-cn-cici donné de Dieu pour signe de l'alliance de Dieu et des hommes. Arc vraiment céleste et signalé, fait [)ar l'aspect bénin du soleil, cl d'un bout touchant lo ciel et de l'autre la terre. Arc qui nous figure celta douce et forte puissance (jui garde et envoie du plus haut des cieux l'amour du Père éternel en la terre, c'est-à-dire son Fils unique et son bienaimé, auquel il a mis tout son bon plaisir. Arc digricjucnt con>arré à un si grand et si céleste amour :
TaïUi esl arcus amoris.
XIV. Voilh l'état du monde au regard de Jéius. Voilà en quoi s'emploie le temps de la nature et de la loi : de la nature à le désirer, de la loi à le figurer. Et durant ce temps Jésus est vivant, el vivant avant que de vivre. Il est vivant, non on son propre corps, mais dans le corps de la loi, mais dans l'esprit des prophètes, mais en l'autorilédes patriarches. Il est vivant dans la foi des peuples, dans l'ailente d'Israël, dans les clameurs des justes, dans le gémissement de la nature, qui ne peut plus porter le faix de la corruption et ne respire que son libérateur. Et ce n'est pas peu de gloire à Jésus de vivre ainsi dans l'élat, dans l'esprit el dans le cœur du monde, avant de vivre au monde. Qui des grau Is et des rois a ainsi vécu avant de vivre sur la lerrc? Cela ne convient qu'à Jésus, et c'est une maripie de sa grandeur, de sa singularité, de sa divinité.
A la vérité, un Cyrus a été prédit el attendu des Juifs pour les délivrer. Mais il n'y a qu'un seul mot de lui en l'un des prophètes de Jé^us, el co n'est que peu d'années avant qu'il naquit au monde : et cela n.ème éluil peu su, [icu connu, avant qu'il
fit son elfel en Chaldéo, el encore cela no lui appartient <jue |»our ce qu'il est la figure de noii(! Sauveur, et jiour servir h <e peuj)le (pii ne subsistait en la face de la lerie ipie |tour servir nu Messie. Mais ce Hoi des rois, ce prince de rélcrnilé (ainsi le (jiialilient nos Ecritures) est cru, est désiré, est allendu depuis la naissance du monde jus- (pi'à sa piopre naissance. Tous les paliiarclies et les |»ro[>hèles ne sont (pje pr.ur lu', et ne subsistent en leur élat et rpialité «pie pour lui, ne sont proplièies (pie pour parler de lui, ne sont patriarches (pie |»our être pères des aïeuls et bisaïeuls du Messie. Href, et le ciel el la terre conspirent ensemble au regard de lui : le ciel à l'annoncer, et la terre à le croire; le ciel à le promeltre, la terre à l'attendre; le ciel à l'envoyer, et In terre à le recevoir.
Et depuis la création de la terre, tout ce qui se passe sur la terre dans le couniiercc sacré de Dieu avec les hommes et des hommes avec Dieu, [tar l'état de la religion, ne tend (ju'à lui, ne [)arle que de lui, ne figure que lui, el n'inqirime dans nos sens et notre esfirit que son nom, ses qualités et ses œuvres, sa vie, ses actions et sa mort, ses lois, son élat et ses mystères : tant il est important d'imprimer Jésus au monde, el tant nous devons avoir soin d'imprimer Jésus en nos cœurs. C'est le point au(|uei consi-tail tout le culte et service que Dieu voulait du monde, et c'est lors tout l'exercice de la religion des hommes. C'est aussi le point auquel doit consister toute notre élude et notre piété, de graver Jésus en nos cœurs. Car si, avant que le Fils de Dieu vienne au monde, Dieu met sa loi, son service el la religion du monde en ce j'Oint, combien plus devons-nous mettre en ce môme point notre zèle et piété après sa naissance, sa mort et sa croix, et dans In triomphe de sa vie, do sa puissance el de sa gloire 1
XV. Vive Jésus donc, car il est la vie ; et il est vivant avant que de vivre, et môme il donne la vie avant que d'avoir la vie. Et liès le commencement du monde, il donne l.i vie par sa mort, et par sa mort, qui ne doit arriverqueplus de quatre mille ans après la fondation du monde. Et l'homme sur la terre ne reçoit vie avant la naissance de Jésus que par la créance de sa vie et mort future, et par la [irol'ession de celle créance dans les ombres, les figures et IfS sacrifices de la loi de nature et de Moïse. L'une et l'autre loi ne regarde que Jésus et ne conduit qu'à lui. Temlons à lui, pensons à lui, ne voyons (]ue lui dans l'état de la nature cl de la loi. Mais déduire par le menu toutes les particularités, serait un longdiscours; et pour faire voir tout le rapport de la loi à J(îsus, tous les oracles el figures, il faudrait rapporter le volume entier des Ecritures, et observer encore ligne à ligne ce qu'v y a de mystérieux : car Jésus est l'objet et la ûa de la loi.
• XVL Contentons-nous de remarquer on peu de paroles qu'un des traits |)ius mémorables do l'Ecriture cl uncdcs ['cr.:onnL"> plas
OEUVRES COMPLETES DV CARDINAI, DE DEUl'LLE.
illustres depuis la création du monde jusqu'à Jésus de Nazareth, c'est le patriarche Abraham. Or sa personne, sa vie, sa | oslérilé m sont que pour servir à Jésus. Dieu le fait naître peu après la rossourcc du monde }ierdu par le déluge, et le choisit pour père de la foi et du Messie tout ensemble. Car ces deux grâces et faveur> sont bien jointes en sa personne, et sont raisonnablement conjointes en elles-mêmes, puisque la foi de ces siècles ne regarde que le Messie qui doit venir, et puisque la grAce du ciel el le bonheur de la terre pour lors consisleni, non à le voir, mais à ralleiKJrf^. Ensuite île ce dessein, Abraham est tiré île Chaldée, est voyageur sur la terre, est immolant son Isaac, son unique et son bien-aimé, pour preuve de sa foi et obéissance, et pour se rendre digne par un heureux échange d'avoir un jour ])0ur fils le Fils unique de Dieu, comme lors il donnait à Dieu son fils, son Isaac, son unique. Et j)ar cet acte non héroïque, mais divin, il est constitué |)ère des enfants de Dieu, le père des croyants, le père et patriarche du Fils unique de Dieu; et il est établi au monde comme un autre Adam et une nouvelle source de la semence bénie, en la place de celui qui ayant refusé, non un Isaac, mais une pomme à Dieu, s'était rendu indigne d'être chef du [leuple de Dieu au monde, et, par sa faute, était tombé en cette coniJition misérable de donner la mort à ses enfants avant de leur donner la vie, et d'être le propagateur du péché en la terre.
XVll. Deux cents ans donc après le déluge, peu après la division des peuples, avant que l'Europe et l'Afrique soient peuplées, et en l'Asie, c'est-à-dire en la partie du inonde la {)remière habitée, Abraham est choisi par la sapience éternelle pour père du Fils de Dieu, qui daigne à l'avenir être le fils d'Abraham, Filii Abraham, ce dit l'Evangile [Maith. I, 1) en ces premières paroles Et c'est la première qualité que le premier évangélisle donne au Fils de Dieu au monde : car c'est ainsi que Dieu abaisse son propre Fils, et élève son serviteur Auraham. Dieu fait miracle en Abiaham pour le rendre père de son Fils et des croyants, car il était stérile en son mariage. Et parce qu'Abraham a honoré Dieu en la terre, il le rend si illustre en la terre, que c'est lui qui donne à la terre le Roi d'Israël et les enfants d'Israël, c'est-à-dire et le roi et les sujets, étant le père et du prince et de l'Fltat tout ensemble, et d'un Etat le plus important qui sera jamais au monde, car c'est un peuple et un Etal qui porte le salut et la bénédiction de l'univers. Dieu donc, fertile en merveilles et en faveurs envers les siens, ne se contente pas de rendre la stérilité d'Abraham si heureuse (jue de faire naître de lui le Messie; mais il la rend encore si féconde, qu'il fait naître un peuple de lui, et le fait naître pour croire en ce Messie el publier au monde sa venue et son attente, et pour donner comme autant de vassaux, el sujets naturels à son empire. Car cette fécondité d'Abraham et toute cette
lignée descendant de l'Isaac immolé à Dieu ne regarde que le Messie dans le conseil de Dieu, qui opère tout pour son Fils, et opère ces choses grandes et dignes par son serviteur Abiaham.
XVIil.Or, comme ce peuple est miraculeux en sa naissance, tirant son origine de deux personnesstériles,il est encore miraculeux en son progrès et en sa conservation ; et il est ; bon de regarder ces choses,' puisqu'en ces ♦ choses Dieu y regarde son Fils et son Messie. Dieu donc [)ar sa conduite secrète recueille et assemble ce peui)le en l'Egypte, <pji a I)our son partage d'être l'école où s'élèvent les enfants de Dieu. Dieu par ses merveilles le tire de l'Egypte, pour lui donner une terre promise à ses prédécesseurs : mais cette terre est donnée à ce peuple, non tant pour ce peuple que pour le Messie qui doit naître au milieu de lui, c'est-à-dire pour le recevoir et loger en la terre, pour être le siège de son em- ])ire, et comme pour être le centredesaloi,de son Etat etde ses mystères. Le rond de la terre en doit être par après la circonférence, en laquelle son nom et sa voix retentiront partout; mais cette terre seule aura l'honneur de l'avoir reçu, élevé et porté, et d'être honorée de sa présence, de sa parole, de ses actions, de ses mystères. Et s'il semble que l'Egypte y a quelque part, remarquons que l'ÈgypIe ne le loge que pour un i)eu d'années, et durant son enfance, en laquelle il ne parle et n'agit point. Elle ne le loge que par accident et comme par emprunt, lui servant de ntraite en son bas âge, et de refuge pour le mettre à couvert de la furie d'Hérode : et aussi il retourne en son Nazareth sitôt que cette fureur est j)assée, et la Judée rentre'en son privilège, de porter, cacher et conserver Jésus au monde.
XIX. Ainsi dans Abraham, et dans le peuple juif descendant de lui, et même dans la terre que ce peuple habite , nous n'avons a y voir que le Messie : Abraham est son ]»ère ; ce peufde, ce sontses sujets ; cetteterre promise est son séjour et son premier emj)ire. En cette pensée jetons une œillade d'amour et de respect sur celle terre, car c'est la terre de Jésus : c'est la terre oij il doit vivre et mourir : c'est la terre où il veut établir sa gloire. S'il doit être annoncé ce sera en un Nazareth ; s'il doit être enfanté ce sera en un Relhlécrr. ; s'il doit être otTeit et |)rés('ntéau Père étemel, le sera au teinfile ; s'il doit vivre, ce sera en Judée ; s'il doit être nourri et élevé, ce sera en Galilée; s'il doit mourir, ce sera en Jérusalem ;s'il doit monter au ciel, ce sera au mont de.^ Olives ; s'il doit éiablir sa gloire et son euipire, ce sera en la maison de Jacob, en la famille de Ju a ; s'il doit donner la loi à l'univers, (;e sera de Sion : De Sion exibit Irx. [Isa. 11, 3.j Terre heureuse, si tu eusses su connaître ton bonheur 1 Terre malheureuse de ne l'avoir pas connu! Aussi ton malheur tirera un jour des larmes des yeux de ton Sauveur el Seigneur. 11 oul)liera soimême, et sa gloire au milieu de son triomphe, pour se souvenir de loi et de ton mal-
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VIK l)K JESrS. - PRKAMBULE.
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lu'ur, et (lirn nn jour nvoc Inmios : Si coijnnvitifn et tu. [Luc. xi\, V2.) (xvs larmes lirciil los larmes (le nos yeux relijiii ne pleiiror/iil, voyant la j(jic du ciel converlie on larmes, et la gloire du paradis couverte de douleur cl tristesse? Mai» il faut réserver nos larmes pour un autre tetnps; et maintenant nous avons en main le voiio |)Our les essuyer. C'est le mystère de rincarnation, que nous tievons contempler : et l'histoiro de ravinement du Sauveur au monde, que nous (levons raconter,
X\. La terre donc qui doit recueillir co Messie venant au inonde, c'est celle terre promise \\ Ahraliam, et donnée?» ses enfants : el co peuple «jue nous voyons fourniiller en ces contrées, c'est le |)eu|)le de Jésus, ce sont les sujets destinés à ce roi d'Israël (selon Nathanaël), à ce roi des Juifs (selon les ma^Oj el leur étoile) (Joan. i; Malih. Ji}, Dieu voulant (|uo son Fils ait un élat acquis, un empire formé, et {\cs sujets nés et naturels dès l'instant do sa naissance au monde. C'est le dessein de Dieu sur eux, et la ^râce que le ciel leur présente. Mais leurs enlanls ne connatlronl pas leur bonheur, ils méconnaîtront leur Seigneur; ils délaisseront le saint d'Israël; ils leciiargeront d'o])probres, et de la croix à la tin : et nous entrerons en leur place, l'acceptant et l'adorant pour notre roi ; nous serons entés en l'olivier (/îo/n. xi); nous serons l'Israël en es!)ril,et nous aurons par grâce ce qui leur était préparé par nature. Nous vous en bénissons, Seigneur ! Et puisque vous venez pour tous, et que la foi précèJe votre venue, il est raisonnable que la [)iélé qui accompagne la foi, ()récède aussi votre heureux avènement: et nous n'attendrons pas jusqu'au jour de votre naissance, 5 vous chercher avec les pasteurs, ni à vous adorer avec les mages. Dès à présent, en la foi des patriarches, avec les vœux des justes, avant votre naissance, nous vous otfrotîs nos vœux : nous vous adorons dans le dessein du Père éternel, qui vous veut incarner et envoyer: nous vous reconnaissons dans les ombres et figures de la loi : nous soupirons après votre venue, et nous déclarons (]ue nous voulons que vous régniez sur nous.
XXI. Or ce j>euple juif, plus heureux à altendro le .Messie, que leurs enfants à le recevoir, n'a point de part à celle incrédulité, el au fort de leurs malheurs, il persévère en la foi, au désir et eu l'espérance de son avènement : et lors, tout le corps de cet élat ne respire que Jésus : Dieu le Père ayant voulu préparer à son Fils, non des personnes singulières, non des j)roj)liètes et patriarches seulement; mais un peu])le entier, un éUit et un empire pour l'annoncer et l'accueillir au monde. Ainsi tout l'état i\QS Juifs est pro- })héliqae, prédisant, annonçant, publiant au monde le salut du monde. Tout ce corps de république est converti en voix, et parle à l'univers do celui qui doii venir pour lo sauver : et tout ce peuple ne sert, qu'à préparer le monde à le recevoir.
XXII. Béni soyez-vous, ô Jésus, qui avez tant de voix et tant de langues pour [)ublier
OIlLVRES COUPL. DE UE BÉHVLLt.
votre avènement au monde. Béni soyezvous, ô roi du ciel el do In terre, roi do gloire, do grâce et de nature, de ce que l« terre et le <iel. In grâce; et la nature vous regardent, et tendent h vous comme h leur tout et à leur centre : et de ce (juc les anges qui sont seuls en gloiie, vous r(;ndent alors hommage dans leur lumière do gloire, et vous adorent comme leur souverain, silùt que le dessein du Père éternel leur a été déclaré :el ils .-«ervent dès l'origine du monde à votre giAi e el cmnire dans les ârnes, dans la loi, dans les oracles et dans les ligures do voire avènement. C'est assez avoir tardé : l'heure est tant désirée, tant salutaire et tant nécessaire h l'univers. Il est temps que lo ciel s'ouvre pour vous donner, et que la terre se prépare f)our vous recevoir, vous porter et vous pro/luire. Il va deux mille ans que la religion, établie du ciel en la lerro, leiui à vous annoncer, les fidèles à vous dési rer, les justes à vous embrasser, les pécheurs à vous chercher, les patriarches à vous engendrer, les proj)hèles à vous prédire, les prêtres à vous figurer, tout le corps de la loi à vous faire attendre et à espérer.- El afii' que les deux peuples qui partagent la terie, l'un juif, et l'aulre gentil, servent à i°wr commun Seigneur; entre les gentils, leurs sibylles ne sont pas muettes en vos louan ges, et les démons mêmes cèdent et serverit à votre grandeur, et par leurs oracles avani votre arrivée, et par leu^* silence en voiro avènement. Elles aigles romaines qui s'emploient à conquérir le monde, servent, sa/is y penser, à vous l'acquérir, et à vous fairo de tout ce monde une seul-e {«rovince. Les Pompée, les César, les Auguste, servant à élever la grandeur romaine, servent à vous préparer des sujets en la terre, el celle unité d'empire qu'ils établissent en terre, n'est que pour ciis[,oser la terre à recevoir et croire l'unité et la vérité de son Dieu ; et cette paix universelle ne tend qu'à vous faire naître en paix, et à vous rendre hommago comme au prince de jjaix. Leurs prouesses, leur valeur, leur fortune corabattent pour vous, et servent à votre empire, el (dans le dessein el conduite de Dieu) ils ne travaillent à rendre Rome, capitale de l'univers, qu(* pour vous la rendre tributaire; et cette Rome, dans peu de temps, sera le siège de votre Etat, et lésera pour jamais. Car votre Etat est éternel, votre em[)ire ne sera jamais délaissé à un autre peuple, et votre règne est un règne de tous les siècles. [Dan. ii, 4-i.) Ainsi, ô Jésus, dans le conseil de Dieu, auquel servent les monarques sans le connaître, les monarques et les grands sont les ministres de votre Etat, sont les directeurs de vos conseils, sont les exécuteurs de vos desseins, et sont les hérauts qui font place à vos apôtres, et servent à faire ouïr en paix l'Evangile de paix au monde.
XXIII. Si telle est votre gloire el puissance, tel votre triomphe avant votre arrivée (à qui sait bien entendre vos Ecritures, pénétrer vos mystères, déchiffrer les secrets de voire conduite el providence occulte et
OtlLVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BEUl'LLE.
cachée en la lerre) , quelle doit être voire puissance après votre arrivée? Venez Seigneur Jésus; venez, venez et dominez sur la terre. Triomphez en nos cœurs et con-
duisez notre esprit à penser dignement, et notre langue à parler hautement de vous, de votre vie et de vos mystères.