‹ Œuvres complètesChapitre 327 sur 540 · LETTRE LXII · texte numérisé non relu

LETTRE LXII

A tNE PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMELITES.

On doit être retenu au voyage des religieuses. Son humilité à s'abstenir autant quil lui est possible des choses gui portaient autorité, comme donner Vhabit, etc. Les voies intérieures des âmes doivent rendre hommage, et être conformes à la voie de Jésus sur la terre, comme elles en sont quelque émanation.

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. J'écris à monsieur N. pour le remercier et prier d'excu- S9r si on ne peut faire venir cette bonne sœur qui est à N., car il n'y a nulle apparence de la faire revenir de si loin. Les voyages et les retours si fréquents des religieuses ne peuvent être approuvés ; et encore qu'il semble à quelques-uns qu'ils ne sont pas contre la loi, ils sont contre l'esprit de la loi et contre la bienséance de la condition religieuse, qui doit être close et enfermée. Tout n'est pas dans les constitutions des religions, il les faudrait trop amples ; beaucouj» de choses sont réservées à l'esprit de la règle, à l'expérience et à la ju'udcnce des sujiérieurs; et c'est en quoi beaucoup se trompent, en jugeant mal à pro[)Os ce qu'ils devraient approuver, faute de grâce, de lumière et d'intelligence; et i( est bon de leur faire entendre cette vérité. Je ne vous [)uis encore mander si je pourrai donner l'habita la hlle de M. N.: si je ne le puis, j'y enverrai N. [)Our le faire , |)uisqu'à mon défaut on a jeté les yeux sur lui. Je ne désire nullement que le jour soit changé, et de ce changement ne dépend point la résolution qu'il plaira à Dieu me donner. Je n'ai point encore fait celte action en l'ordre, pour certaines considérations, et je ne sais l'as 5i Dieu veut que je les change ou contii)ue. Je le supplie me faire connaî-Lre et suivre en cela sa volonté. Soyez persévérante es choses qui vous ont été p;iopo^ées, ai qui sont conformes aux voies de Dieu,

qui ont été autorisées sur votre âme ; et ne donnez aucune entrée, sous quelque apparence que ce soit, aux choses qui y sont contraires. Adorez le Fils de Dieu en sa voie sur la terre, et unissez avec esprit de d'épendance absolue vos voies h Va sienne, car il a daigné être voyageur et compréhenseur tout ensemble, et il nous le faut regarder et adorer en l'une et en l'autre qualité. El d'autant que celle de voyageur nous concerne h présent, considérez-le, adorez-le, aimez-le en celle-là, et lui rendez la dépendance et l'adhéience que votre voie doit à la sienne, dont elle n'est qu'une petite émanation. Ohl combien ses voies ont été et hautes et pénibles, et incompréhensibles! Adorez-en la sublimité en lui, et vous ren» dez toute à sa voie en vous. Soyez à lui et à sa très-sainte Mère pour jamais.

LETTRE LXIIL

A U?<E PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMELITES

// lui donne divers avis pour sa conduite intérieure, et pour celle de son couvent.

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous i)Our jamais. 11 est bon que vous ayez dévotion à l'enlance de Jésus, et que vous en récitiez les litanies, mais non pas que vous les fassiez imprimer, ni mémo que vous les communiquiez indifféremment à toutes sortes de personnes, parce qu'il y a quelque chose à y revoir e'.couiidérer.La charité de ces bonnes personnes qui vous ont offert de les faire imprimer pourra être employée en quelque autre œuvre de piété, qui sera agréée de l'enfant Jésus. L'innocence à laquelle je désire que vous tendiez est une qualité fort éminente, et qu'il nous faut recevoir de la sainte enfance du Fils de Dieu et de sa très-sainte Mère, en son élat et exercice saint, pur eldivin vers lui. Quant à ce que vous me mandez, il suffit que l'âme soit sincère en sa conduite, pure en son intention, prévenant ce qui pourrait survenir, vigilante en la garde de ce qui lui est commis, vraiment éloignée de pensées et sentiments contraires à son devoir, et prompte à les quiiter s'il en survenait contre son gré. Avec ces condilions ne vous contraignez point, et n'ayez point de crainte superflue. Beaucou[) prier, peu parler. Beaucoup édifier par exemj)le- et par observance de la modestie religieuse. El même, pour ce qui vous regarde en particulier, il me semble bon que vous ayez soin d'avoir plus d'humilité inlérieure, que d'étendue dans vos désirs; j'entends même des désirs vers Dieu. Le silence, l'abaissement et la profondité vous y est plus utile que cette étendue et dilatation sui)erficielle que vous y pratiquez. Jésus et sa très-sainte Mère soient avec vous pour jamais. Je suis en eux.

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