LETTRE LXI
A UNE PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMÉLITES
La solitude convient auxCarmélilrs. \ous devons avoir tolérance, et non adhérence aux choses créées.
La grâce de Jésus-Chrisl Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je compatis à voire solitude, et je vous prie la référer à l'honneur de la solitude de Jésus el de la Vierge, et de saint Joseph en Egypte, et de toutes les solitudes que Jésus et Marie onl eues sur la terre. Cet esprit intérieur de retraite et solitude fait partie principale de l'esprit de l'ordre, el requiert un détachement des objets et des affections humaines, n(jur entrer en la vie et occupaticxn que l'âme doit avoir en son Dieu et en son Sauveur, contemplant ses grandeurs el ses m.> stères. Dieu vous tire à cette vie, par la solitude en laquelle il vous met ; el il veut que vous ayez pliis de tolérance que d'adhérenie aux choses créée?, el que vous ne cberclr.iz
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OEUVRES COMPLETAS DU CARDINAL DE HEUULLE.
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pas, dans les objets qui vous environnent, soulagement et relâche à la solitude en laquelle vous êtes. Je ne suis pas digne de vous en donner, et cette privation que vous avez de c€ux el celles que vous connaissez lait partie de l'ordonnance et conduite de Dieu sur votre âme. Uecevez-la comme de Dieu, et la référez à Dieu en l'honneur des privations que Jésus-Christ Noire-Seigneur et sa très-sainte Mère ont eues sur la terre. Je ne puis vous écrire davantage pour une indisposition en laquelle je suis depuis trois mois, où on m'interdit toute lecture et écriture. Je vous prie que je sois recommandé aux prières des sœurs. Je suis à elles et à vous, en Jésus-Christ Notre-Seigneur et en sa très-sainte Mère.
Votr€ plus affectionné à vous servir selon Dieu,
PlERBE CARDIXAL DE BÉRULLB.
De Paris, le 3 octobre 1628.