‹ Œuvres complètesChapitre 329 sur 540 · LETTRE LXV · texte numérisé non relu

LETTRE LXV

A r-SE PRIELIIE DES RELIGIELSES C AHM^I-ITES.

Qu'il se faut commettre à la Providence divine es choses (jui préviennent nos soins, et qui arrivent nms notre faute.

Ixi grAce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Pour réponse à ce (jue vous me mandez, je vous dirai en peu de mots, qu'il faut que voire crainte soit.huuiilianle et non inquiétante; (jue vous ayez une fidèle séparation de tout ce que vous craignez; une application entière de votre esprit à Jésus et à Marie ; un grand désir de les honorer spécialement, par l'étal do votre âme, et par toutes les choses qui vous arriveront jamais ; une mémoire fréquente de la sainte passion de Jésus; et Dieu ne permettra pas que ce qui a été fait sans votre faute vous porte préjudice. Il faut que nous honorions sa providence par cette vérité-là, que ce qui vient d'elle sans nous nt)us poite quelijue bénédiction et préservation, si nous savons bien nous accommoder et commettre à celte proviiJence. Jesu[)plie Jésus-Christ de vous faire pratiquer cette maxime en ce sujet, et ordonner do vous à sa plus grande gloire, et de sa trèssainte Mère. Je suis en eux.

LETTRE LXVL

A UNE RELIGIEUSE CARMÉLITE

Jl lui donne divers avis pour se bien conduire tant envers Dieu qu'envers quelques personnes de qualité qui y avaient créance.

La grûce de Jésus-Christ Notro-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je viens de recevoir votre lettre, que mon mal d'yeux à peine me permet de lire tout entière. Pour réponse à ce qui me semble plus pressé, je vous conseille de répon<lre à N. N., mais de prendre garde que la réponse soit toujours avec autant de retenue, de respect et de modestie , comme si c'était la première fois qu'ils vous écrivissent , sans que la fré-

.IGIEI;SI.S CAIIMLLITES.

(picnce do leurs lettres cnu^c en tous aucune facilité, privante ou familiarité. Evitez multiplicité de discours et de paroles en (es lettres; répondez sim|ilement, prudemment, sans étondue et sans autorité, afin (pi'il leur |»arai'se par la manière de réponse, <pie ce n'est (juc la iiéi essité, la chanté et lu res|iect dû k leur qualité , (|ui tiie de vous r»;s lettres. Plus ils s abaissent h vous écrire , plus devez-vous vous abaisser à leur lépondre. L'état que vous mandez me semble requérir un renouvellement de désir et de dis|iosit!on en rabné..^alion intérieure, qui doit être votre perpétuel exert;ice. Par cette abnégation, vous dcîvez liumblenicnl et sans inquiétude retrar.cher les supertluités de votre esprit naturel en pensées, en allections , en actions , pour consacrer le fonds de votre âme à Dieu, avec plus de puissance et d'ellicace. Vous devez supporter vos propres misères, et ce avec beaucoup de patience et de séparation intérieure, et de vous-mêiues, et de ces mômes misères, pour adhérer à Dieu souverainement heureux et parfait. Par cette abnégation, vous devez recevoir avec beaucoup d'humilité et de fidélité ce jteu de grâce qu'il l'iaîl à sa iJivine majesté vous déijarlir, qui est toujours beaucoup plus que vous ne devez penser être digne. \ous devez encore faire un général uélaissement de vousmême entre les mains de Dieu, pour détruire les secrètes et inconnues opération» de raraour-j)ropre, toujours vivant et toujours caché en nous. Enfin, par cette abnégation, vous devez aspirer à l'adhérence de la vie parfaite de Jésus et de Marie sa trèsîainte Mère ; car en eux doit être notre vraie vie dès c-e monde. Je les suppl-e de vous donner cette pratique, et vous de me l'obtenir d'eux, en qui je suis.

A Paris, ce 28 seul. 1G22.

LETTRE LXVH.

A LA MÊME

La grûce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je loue Dieu do celle qu'il lui a plu vous donner en la cnmniunication que vous avez eue avec cet honnête ecclésiastique. Commencez cette nouvelle année avec Jésus-Clirist Notre-Seigneur, et sa très-sainte Mère. Demandezleur que vos im|ierfections se terminent avec la fin de l'année passée. Observez ce que je vous ai écrit de la jiratique de l'abnégation, que vous devez soigneusement demander à Notre-Seigneur, en l'honneur fie sa vie nouvelle et parfaite sur la terre. Faites un oubli de vous, et de tout ce qui est créé, pour vous établir pleinement en la puissance et possession du Fils de Dieu cl de sa très-sainte Mère. Ne vous souvenez de vos défauts que pour vous humilier et non |f0ur vous inquiéter. Prenez garde de ne tirer aucune vanité, ni com[)laisance ou satisfacl-ion humaine, dedans les créatures ; mais therchez Dieu purement en soi-même et en elles. Adorez la vie suprême de la

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OEUVRES COMPLETES DU CAUDINAL DE BERULEE.

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Divinité; vie de connaissance et d'amour incréé, vie qui devrait occuper et ravir notre vie. Hunailiez- vous d'avoir si peu d'application à celte vie divine, qui est en vous, et au plus intime et profond de vous-même, et toutefois vous occupe si peu. Demandez à Jésus-Ciirist Notre-Seigncur et à sa trèssainte Mère, la grâce d'employer votre vie en l'amour et adoration de cette vie suprême et incréée, et leur demandez aussi celle même grâce pour nous. Je les supplie d'être avec vous oour jamais, et suis en eux

LETTRE LXVIH.

A UNE PRIEURE DES RELIGIEUSES CARMÉLITES

// lui parle d\m état intérieur dont il paraît quelle avait quelque peine, et Cassure que cest chose qui honore le mystère de Vincarnation. Il lui mande et à toutes les sœurs, que le chanqement arrivé en lui par la dignité de cardinal ne porte aucun changement à ce quil est à l'ordre et à' l'Oratoire, et le met seulement en plus grand besoin de prières.

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. J'ai reçu votre lettre du 3 octobre, ce 31 du même mois ; je connais l'état où vous êtes. C'est une voie de Dieu sur vous, et une voie (jui honore le sacré mystère de l'Incarnation, et l'anéantissement de la créature qui est en ce mystère, et la dépendance absolue que l'humanité y a de la divinité ; dépendance propre et singulière îï ce mystère et à cette humanité sacrée de Jésus. Cet état fait des états dans les âmes, et opère en vous cette dépendance en laquelle vous êtes. Béni soit Jésu-s en ses mystères, en ses états et en ses inventions saintes et divines, pour lier les c^mes à soi, pour se les rendre propres et appartenantes à ses mystères, pour s'honorer soi-mêmes en icelles et pour les préparer aux effets de sa gloire. C'est la fin où tendent ces effets dont vous m'écrivez. Acceptez-les comme ordonnés et comme opérés même de Jésus-Christ. Rendez-vous h fous ses desseins sur vous, par cet état sans les connaître. Servez à Dieu en obscurité (le temps de la lumière n'est pas ici) et persévérez en l'humble sujétion et dépendance que Dieu veut que vous ayez. Le changement qu'il a voulu faire en moi n'ai • tère rien en l'autorité qu'il lui a plu me donner sur l'ordre et sur la congrégation. Je vous prie en assurer de nouveau toutes les sœurs de ma part, et leur dire qu'il n'y a, par ce changement, aucun autre changement entre elles et moi, sinon que j'ai plus grand besoin de leurs prières, et elles ont une plus grande obligation de m'en faire part. Je suis en Jésus-Christ Kotre-Seigneur et en sa très-sainte Mère.

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