LETTRE LXIX
A. UNE PUlEtUE DES RELIGIEUSES CARMÉLITES.
Nous devons tirer la perfection de notre àmc
de l'imperfection des autres, et lors jious sommes bien plus provres à les tirer de leurs imperfections.
La grâce de Jésus-Christ Nofre-Seigneur soit avec vous pour jamais. J'ai reçu votre lettre et celle encore dont vous êtes en peine. Et pour réponse, je vous dirai qu'il faut de la patience à attendre les moments ordonnés de Dieu et à supporter les défauts d'autrui. Notre premier soin doit être employé à tirer la perfection' de notre âme de l'im- ])erfection des autres, et lors nous sommes bien plus propres à les tirer hors de leurs imperfections, et souvent c'est par noire défaut que les âmes sont et demeurent imparfaites. Je m'apropprie cette pensée en vous la proposant, et je me tiens coupable et de vos défauts et de ceux de toute la maison, et même de ceux de tout l'ordre, puisqu'il nous est commis. Cette pensée nous doit confondre et humilier devant Dieu, tirant do sa présence plus de zèle h amender les manquements d'autrui, que de plainte et indignation contre autrui. C'est l'usage que je prie Dieu me donner de cetfe huml)le pensée, et que j'ai cru vous devoir proposer. Je supplie Notre-Seigneur Jésus-Christ, et sa très-sainte Mère, nous rendre tous dignes de les servir, en la perfection qu'il leur plaît désirer de nous. Je suis en eux.