LETTRE LXXV
A OE RELIGIEUSE CARMÉLITE, AU TEMPS DE LA NAISSA>CE ET ENFANCE DE JÉSUS-CHRIST.
Qu'il nous faut donner notre sensibilité' à l'enfant Jcsus, et que tout l'usage de nos sens intérieurs et extérieurs, doit être éauiné de sa sensibilité divine et y rendre hommage.
La glace de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je crois vous avoir déjà mandé d'honorer en ce temps la vie sensible de Jésus en Marie et avec Marie, et tle Marie en Jésus et avec Jésus, C'est la dévolion que l'Eglise nous représente en celte saison, et qui a rapport à vos besoins. Car il faut que toute sensibilité soit rétérée
à celle-ià, et même je désire que celle que vous avez soit dérivée et émanée de celle-là comme de son principe, et soit terminée à celle-là comme à sa fin. 0 vie sensible du Fils de Dieu! ô sensibilité pure, sainte, divine ! ô sensibilité déifiée et déifiante ! ô sensibilité qui doit pénétrer, abîmer, occuper toute sensibilité créée! O quelle occupation de la vie sensible des saints dans le ciel, avec la vie sensible, divine et glorieuse du Fils de Dieu! Et si le même Fils de Dieu daigne s'abaisser avec nous en la terre par sa bonté, comme il fait en la sainte Eucharistie, ô que sa vie sensible y doit être recueillie, adorée et aimée, car elle est divine et adorable, à raison de l'union hypostatique! Jésus et sa très-sainte Mère soient avec vous pour jamais. Je suis en eux.
aut."e vie pour aimer celle-là et y avoir une société particulière, selon ces paroles du Saint-Esprit : Societas veslra sit cum Patre^ et Filio ejus Jesu Christo. (Joan. i, 3.) Adorez aussi la vie de Jésus en sa double essence divine et humaine, et honorez la vie de Jésus en Marie t-t de Marie en Jésus, el demandez pour nous quelque part et association à ces divins objets. Que nos occupations sont basses! Que nos pensées ionl abjectes, en la vue des choses desquelles nous ne devrions jamais être séparés, puisque la grâce nous rend capables de ces divins sujets, et qu'en iceux est la vraie viel Jésus et sa très-sainte Mère soient avec vous pour jamais ; je les supplie de recevoir nos vœux pour votre âme, selon l'étendue de leurs désirs et volontés saintes et divines.