‹ Œuvres complètesChapitre 350 sur 540 · I:TTIIF,S. - I. ALI UKUGIEL'SKS CARMKMTf.S · texte numérisé non relu

I:TTIIF,S. - I. ALI UKUGIEL'SKS CARMKMTf.S

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|,niUMiaMte îi rc divin ('•Lit, t-l vous nppro- ]»ru!r à icclui, pour en |iorl('r des t'irels selon leurs ordoniinnces. Il v n des Aines choisies pour «npparlenir sini^iilièreniciil les unes h Jésus, les nulros à.M.ine; les ,-iulres à Jésus et l'i Miuie tout enscnilili', coiurne flv.nnl (|uel(|ue manière do grAre el d'assisicince. fjui « sc«n rapport et son rej^ard à l'un cl h l'autre de ces (iivins oljets. Miijs celle manière de vio et degrAetî dont je veux parler est di>linctc el ditrérenle; et elle a son legard et son rapport, non->eulenicnt à Jésus el h Marie criscud)le, mais aussi h Jésus en Marie, ce (pii porte un état hien diiïérenl, (}ue la plume ne peut écrire, fiue l'es- (>rit à peine peut eontevoir, (juc la grAco >euje peut faire expérimenter et connaître, el (pli a une relation singulière h la vie cl à la résiilencc du Fils au l'ère par sa naissance éternelle de lui. Car le Fils unique de Dieu a vie du Père par son émanation, el a vie en son Père parcelle résidence. Il a.disje, vie en soi , car il est Dieu : Jlabet vilain in semrlipso (Jocn. v, 26), dit-il lui-même en son Ilvangile; mais il n'a pas vie en soi, car il est Fils, et il a vie de son Père, qui le produit éternellement, sans indigence el sans dépendance ; et le Père le produisant, non en un sein étranger, non hors de soi, mais dans soi-même, il a vie non-seulement de son Père, mais en son Père. Kl comme il a voulu naître en !a lerre pour adorer [lar sa naissance temporelle ôa naissance éternelle, il a voulu aussi naître, non d'un homme, mais d'une Vierge, d'une femme, et avoir, non un Père en la terre, mais une Mère qui porte et produit son fruit en soimême, et non hors de soi, comme le Père; et aussi pour adorer par cette manière de naissance temporelle l'état de sa naissance el résidence éternelle en son Père. Voil<^, à mon avis, l'origine de cet état particulier de vie, de repos, de résidence de Jésus en Marie, qui est accompagnéede beaucoup d'effets en elle, digne de Jésus, digne de Iklarie, et digne encore de la vie sufirême et inetfableuu Fils de Dieu en S(m Père, desquels je prie Dieu nous rendre participants en la terre et au ciel, en la uianiere qu'il lui plaira.

LETTRE Cil.

A MADEMOISELLE ACAHIE.

Il Itii écrit d'Jispagne tout ce qui se passe en l'a/faire des reliyieuses Carmélites, pour laquille il est envoyé; celte bienheureuse et lui étant liés si étroitement par une providence singulière de Dieu dans la conduite de cet œuvre, qu'ils n'y faisaient rien l'un sans l'autre.

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Vous ne croiriez jamais, sinon après l'avoir vu, combien en ce pays les [)remières impressions y sont fortes. Je pense que vous m'y avez fait venir fiour y apprendre à êire opiniAire et arrêté en mon sens, et haïr ro()iniAtrcté en la volonté; car j'ai souvent sujet de tous les deui; et j'aurais beaucoup de peine et in-

certitude, si je ne voyais clairement devant Dieu que je d(jis suivre fiies pensées ; et si je n'étais inlérieiiremenl iet«Miu d'acquiescer au sens d'aulrui , lorsque je le souhaiterais en la volonté. Je ne puis rien man Jer de certain; et seulement je vous dirai que je reçois une consolation pariiculiére d'ôtre employé en celle allaire, et grande espérance dans l'inlécieiir en l'oraison, que Dieii rompra toutes les ddlicultés. Il y a sujet de grande édification en c«!S monastères de tilles , oij il se [)ralique une très-grande perfection. Oue celles qui piélend(;iil à cet ordre fassent [irovision d'une grande humilité et docilité d'esfirit pour recevoir l'esprit de ce saint «irdre parfaitement, (|ui leur sera communiqué selon leur (Jisposition par le mérite des saintes âmes que j'espèie devoir venir en France. Fn cette giande distance de lieux, en laquelle on ne peut atteniJie si longtemps les avis, je vous supplie ne pas omettre de me mander vos pensées sur l'heure même qu'elles entreront en votre esprit, et qu'elles demeurent stables devant Dieu en l'oraison, sans attendre nos lettres; car Dieu permellra qu'elles viendront à propos. Et puisque nous avons un si grand besoin d'avis, et que nous sommes si éloignés du lieu où je les pourrais prendre plus assurément, je vous supjilie de [irieraussi qu'il plaise à Dieu, par le mérite de cette atfaire, et [)our l'amour de sa sainte Mère, mettre en noire cœur et en notre es|jrit ce qui est de sa sainte volonté. Je suis en grand aveuglement sur les particularités de cette affaire que je vous ai écrite, dont j'ai à me résoudre; et au lieu de lumière je reçois en l'oraison grande tendresse el ronsolaiion de travailler jiour cette œuvre, et grande force, confiance et allégresse à commencer, bien que je sois sans lumière de ce qu'il faut faire, et encore que je découvre beaucoup d'arrêts, il me semble en l'intérieur que tout sera bientôt fait. Je prie Dieu qu'il vous rende digne d'obtenir que je ne sois point déçu, et que je ne manque en rien de ce qu'il désire de ma part en ce service.

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