‹ Œuvres complètesChapitre 367 sur 540 · LETTRE CXXI · texte numérisé non relu

LETTRE CXXI

AU SUPÉRIEUR d'une MAISON DE l'ORATOIRE SUR LA DÉVOTION A LA SAINTE VIERGE.

Pour votre particulier, nonobstiiiit l'état humble et pauvre où vous vous trouvez, ne laissez pas de tiavailler intéi if^ureraent en la voie d'oraison et d'abnégation ; car ce travail n'est jamais sans fruit, encore que souvent il soit sans succès et satisfaction, et il est toujours nécessaire et de notre devoir. Prenez garde aussi de ne |)as manquer à satisfaire à ce qu'on doit aux pèlerins, et en l'assistance et diligence qu'il leur faut rendre. Outre tes travaux ordinaires, Dieu demande de votre maison double charité et diligence à secourir, à prévenir, h servir ceux qui viennent y servir la très-sainte Vierge ; et l'honneur et dévotion spéciale que nous devons à la Mère de Dieu nous doit rendre ce travail doux et agréable. Je vous prie de reconnaître et peser cette obligation, et de vous examiner souvent sur cet article auquel, sous prétexte de repos d'esprit et de recueillement intérieur, on pourrait manquer. Vous devez être des anges visibles, servant en sollicitude et diligence aux pèlerins de la sainte Vierge; et quitter le ciel pour les servir, comme font nos anges gardiens; et référer ce labeur et cette charité active et opérante en l'honneur de la trèssainte Vierge , ei de tous les labeurs et services qu'elle a rendus à son Fils unique Jésus-Christ Notre-Seigneur, en son pèlerinage sur la terre. Pour le regard du dedans de la maison , en attendant que Dieu vous donne la force de parler à tous assemblés, priez-le et lui demandez la grâce de parler a chacun en particulier, et faites, par cette voie secrète et familière le bien uue vous leur feriez parlant en général.

LETTRE CXXIL

A UN SUPÉRIEUR DE l'oRATOIRE.

// l'encourage à travailler au lieu où il est, voyant la grande bénédiction que Dieu lui donnait en ce pays -là.

Nous avons tant d'affaires en un même temps , que nous ne sommes pas sans une très-grande peine de satisfaire à ceux auxquels nous le devons. Je vous prie croire que c'est la seule impossibilité qui m'a arrêté au lieu où je suis, La i)rovince où vous êtes a besoin d'un œil vigilant et intelligent, et Dieu vous y a donné tant de bénédiction que je croirais lui manquer, si je considérais ()our y employer un autre que vous. Les anges et les saints du pays vous considèrent pour faire en vctrc temps ce que leurs conditions séparées et glorieuses ne leur permettent pas en la terre, et vous veulent accompagner de leurs jtrières et assistances. Associez-vous à eux et les honorez, et suivant leurs desseins et conduites, oubliez-vous vous-même et vos peines i)0ur opérer en l'esprit de Jésus les œuvres de Jésus en la terre. Notre temps s'écoule, riolre lin s'approche, et la nuit vient, en la-

quelle nul ne pourra plus travailler. Travaillons en nous-mêmes et en aulrui selon la mesure de l'esprit de Jésus, auquel nous devons apjiartenir à jamais, et pour l'amour de lui et de sa très-sainte Mère.

LETTRE CXXIIL

A UN SUPÉRIEUR DE l'orATCIHE.

// r exhorte à modérer son zèle , et à nagir que par Jésus-Christ, et non - seulement pour Jésus -Christ. Il ne veut pas qu'un jeune Père , de la prudtnce et expérience duquel il n avait pas une entière satisfactior., soit exposé à entendre les confes- .sions ; il lui fait remarquer que peu de fruit présent est souvent bien chèrement acheté.

Mon Père, la grâce de Jésus-Christ Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais. Je loue Dieu de la santé du P, François A. Je vous sup[)lie de modérer sa charité et lui donner du tem[)s à recouvrer ses forces avant qu'il travaille. Je vous supplie aussi d'avoir égai'd à votre besoin et vous souvenir que vous êtes à Jésus et à Marie , et non plus à vous, et que par ainsi vous n'avez aucun pouvoir de disposer de vous. C'est à eux à vous employer, et en la manière qu'il leur plaira. Ils veulent que vous vous conserviez et que vous travailliez non-seulement pour eux, mais encore [)ar eux, voulant être la cause et le principe, et non-seulement le motif des opérations charitables ; et partant ne vous laissez pas emporter à votre zèle. 11 ne vous doit pas conduire, mais vous le devez mettre aux pieds et au pouvoir de Jésus et de Marie, et que ce soient eux qui vous portent et modèrent selon leur volonté.

Avant que de travailler, je vous prie de faire cette démission de votre volonté et de votre zèle entre les mains de Jésus et de Marie, et ce sera un etfet de l'assujettissement et servitude que vous leur devez. Je serai bien aise de savoir l'état de votre emploi et la bénédiction que Dieu y donne. Je ne désire pas que le Père D. confesse pour quelque temps, sinon ceux de notre maison. Il me semble trop jeune et inexpérimenté pour les étrangers , et j'appréhende de l'avancer au peu de changement qu'il y a en ses dispositions. Conduisez cela, s'il vous })laît. prudemment, sans faire paraître ce que je vous mande, et ayez plus d'égard au besoin des nôtres qu'à la nécessité des étrangers. Peu de fruit présent est souvent acheté bien chèrement. Recommandez -lui fort l'humilité et docilité d'esprit. Prenez garde que sa conversation ne soit iirofane, ains édificative, et qu'elle soit rare. Dieu a donné odeur, mais c'est à nous à la conserver par prudence et à ne l'exposer à la tentation de Satan, lequel. Circuit quœrens quem devoret. [1 Petr. y, 8.) Veillez sur lui prudemment et charitablement.

im LKTTUES

LKTTHK CXXIV.

A rrN SI rriiiKi n m: i.'oiiatoiik.

Le bien des maisotis de l'Orutnirr appnnirnt à Jésus, et on ne le peut ni uliin<r, ni dissiper. De In dcrodon spéciale ù saint Charles , et 1rs motifs d'icclle.

Mon l'tVc, l.t gt\1(;o .le Jésus-Christ Nolro- SeigiMMir soil .'ivi'c vous [.nur j;iui,-iis. I.e l»i(;ii (k's uinisoiis n'est poim >, ii,,,is. il est à rKgliso, 01 nous rj'on avons cjut' l'usulViiit. hncoiu f.nii-il nK'-n.'ij^'cr co revenu par im.'siire et a\fc hoaucoiii» de retenue, et tK.us n avons aucun droit et ["uissance , ni d'en fure, m d'eu consentir laliénalion ni dissil'alion. C'est eonlre les lois de l'Eglise et «outre la conseience ; car nous no soiinnes que tuteurs et administrateur'^, et non pro- JTiéiaires des choses (|u'il plaît à Dieu, par sa l)onté, affecter à la Congr(';yation. Klle est a .111 et non pas à nous, et ce peu de Uien qu il lui plail lui donner est à lui aussi et non à nous. Nous le devons ménager, cmplover et conserver comme le bien propre o€ Jésus, qui en la terre n'ayant rien voulu avoir, veut, étant au ciel, avoir ces choses en |)ropre pour l'entretien de ses serviteurs. Nous dev(Tns regarder Jésus cl sa très-sainte Mère en tout ce qui regarde la Congrégation. Je vous [.ne de mander par toutes les maisons, comme nous estimons être de notre devoir d'honorer saint Ciiarles en qualité <1 un des s^Tiiits principaux et lulélaires de noire petite Congrégation ; comme ayant eu en ce siècie resf)rit de direction et perfeciton au regard de l'état ecclésiastique, et ce en grande éminence, et qu'en cette considération, on fasse de lui office double partout. Et d'autant que nous avons eu recours à lui pour être protégés contre la peste, dans les quatre maisons qui étaient en danger d en être attaquées, et que nous estimons y avoir reçu protection et préservation spéciale, nous prions qu'on accom[.lisse Je vœu que nous avons fait pour toute la congrégation : que chaque prêtre dirait trois niesses en son honneur, et la congrégation le tiendrait et honorerait désormais comme un de ses saints principaux, après ceux qui ont été honorés de la présence et communication du Fils de Dieu sur la terre.

LETTRE ex XV.

A t.N SUPÉRIELR DE LORATOIRE.

Que notre vie doit être laborieuse, à l'imitation deJesKS-Christsurla terre.— Xous devons être tellement remplis de Jésus, quil ne nous reste ni temps ni esprit pour penser à nos peines.

Je me sens obligé |>ar votre charité . h interrompre le cours et la presse de nosallaires augmentées en ce jour par le décès du feu P. C; pour me consoler avec vous, de l'œuvre aucpiel il f.laît à Noire-Seigneur que je voie «gréer aux vôtres. Je sais que vous êles en un heu où il va beaucouf) à travailler; mai? je vous prie référer ces labeurs à l'honneur de la vie laboneuse du Fils de Dieu sur la

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