II.— Al \ PilKTRES 1)L L OUATOIKK
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terre, et de tous les travaux qu'il y a eu eu icelle, pour votre salut et la gloire de son l'eie. Nous devons incessamment unir notre vie à sa vie, et nos labeurs à ses labeurs, et avoir notre (tcnsée si remfilie de lui et do sa vie divine, de ses labeurs et de tout ce qu'il a fait et i-âti, tant intérieurement qu'exléneurement; (pie nous n'ayons point do temps ni d'esprit [lour («enser à nous-mêmes, ni à nos peines. Je supplie Noire-Seigneur qu'il nous donne à tous cet esprit, et vous prie de le lui demander pour toute notre congrégation. Une |ieine me reste, qui est le peu d'aucommodement que vou.-. avez en la niaison, que je ressens d'autant plus (}uej& n'y suis pas pour en jiorler ma pat l ; mais ces incomniodlés sont une suite des maisons naissantes, qui; Noire-Seigneur récompenso par bénédiction, de plus grande obondanco en sa grâce.
LETTRE CXXVL
A t.N SLPÉRIELR DE LORATOIRB.
// recommande extrêmement qu'on rende le bien pour le mat, à un ecclésiastique qui relire de In congrégation et qui en
s était médisait.
J'ai reçu la lettre par laauelle vous me donnez avis des débordeiiienls de Monsieur N. Je suis étonné du dérèglement et aliénation de cet esprit qui a, ce me semble,, quelque obligation et à nous et à la congrégalion, de l'avoir reçu el entretenu sain et malade, avec quelque patience et charité, sans qu'il ait rien contribué pour cela, de ce qui se doit selon l'usage de l'Oratoire. II est sorti d'entre nous, s'est retiré en une sainte religion, en est sorti encore : et sans qu'il nous ait jamais demandé de rentrer i>armi nous, et que nous l'ayons admis, il est chez nous par hosfiitaiité, qui oblige à le prier de s'en retirer tout à fait comme auparavant. >Iais je vous recommande qu'on ait soin de prier pour lui, el qu'on ne parlede lui ni dedans ni dehors la communauté. Puisque nous n'avons plus à rendre comptede lui, ni de ses actions, laissons à d'autres à en juger. Qu'on ne le traverse aucunement: au contraire, si on le peut servir en quelque chose selon Dieu, il le faut faire. S'il a de l'animosilé, il ne nous en faut point avoir. S'il médit de nous, il ne faut pas médire de lui , en l'honneur de celui, qui cum malediceretur, non maledicebat. (/ Petr. ii,23.) Plaise à Dieu qu'il lui rende gloire en ses prédications; mais ce n'est |>as là un bon préparaiif. Je supplie derechef qu'on ne lui rende aucun déplaisir, el qu'il ne parte des noires une seule parole qui le puisse tant soit [leu intéresser.
LETTRE CXXVn.
A l > SIPÉRIELR DE LORATOIBE.
// l'exhorte au soin des alfmres , à remercier la Vierge de quelque succès, à considérer cexx qui sr préser.lenf pour être de l'Orn-
UGô
OtUVftES COMPLETES DU CAKDINAL DE DERULLE.
loire. — Il paraît que le seul intérêt de Dieu l'engageait dans les affaires publiques; et que, hors cela, il y eût eu une trèsgrande aversion.
Seigneur soit avec vous pour jamais. Je me promettais le bien de ^'ous voir à la Pentecôte, mais jo lïis arrôié à Amboise , el le roi me commaïKla de le suivre à Tours, et cJe me tenir prêt pour un nouveau voyage à Angoulême, où je .suis, et d'où j"es|)érais partir il y a huit jours: mais demandntit congé, j'ai reçu nouvelle cluirge, de ne point partir d'auprès de la reine sans commandement; ce qui me rend (Micore incertain de mon retour, et m'empêche le voyage de Bordeaux et Tolose. J'essayerai d'être en liberté le plus tôt qu'il me sera [lossible, pour me rendre à ma retraite et à mon devoir. En attendant, je loue Dieu et le remercie du soin qu'il vous donne des maisons et des atraires auxquelles nous ne pouvons pourvoir, el vous supplie bien fort de le continuer, en l'honneur de la charité du Fils de Dieu et de sa très-sainte Mère, envers les pécheurs de la terre.
Je loue Dieu de l'heureuse fin de l'affaire de N. Je l'attribue à la très-sainte Vierge, entre les mains de laquelle je l'ai commise, et dès longtemps. Je désire que vous en rendiez grâce soigneusement, et que vous fassiez acquitter le vœu que j'ai fait de quelque nombre de messes à Jésus , à la Vierge et aux anges.
Celui qui vous rendra la présente désire entrer et servir Dieu [larmi nous; il y a Jongieraps qu'il persévère en cette volonté, à ce qu'il m'a dit. S'il y est bien disfiosé et appelé , je dé.>ire qu'il soit reçu. La disposition et la vocation sont les deux premiers points de celte délil)ération , que je remets à vous, s'il vous plaît. Vous le pouvez lenir quelque temps en retraite, nonseulement sans habit, mais sans résolution , pour mieux en juger. Vous le })0uvez aussi considérer pour quelques-uns des collèges ou séminaires que nous avons. Ouvrez votre esprit à Dieu sur ce sujet, et en faites ce qu'il lui plaira vous ins()irer. Je vous [)rie îiftécialemenl de considérer s'il a l'esprit bien fait, solide et arrêté, el s'il est susceptible de piété et de conduite; car s'il en est ca[)able, le temps et les exercices lui donneront ce qu'il n'a pas peut-être maintenant , pourvu ({ue l'inteiition soit droite et sincère.
Je vous supjilie de vêtir ceux que vous me mandez, en l'honneur de la vie nouvelle de Jésus sur la terre , et de raccom[)lissement de l'eiat el ollice de mère, que la sainte Vierge a sur lui, el des actions intérieures et extérieures qu'elle a faites ensuite de cet étal.
Je vous supplie de supporter en patience el humilité les travaux el affaires qui surviennent, et d'y pourvoir selon l'étendue de votre puissance et charité; el de croire que Dieu veut qu'on éprouve son impuissance dedans ses œuvres; el il ne laisse d'v pourvoir par :^a puissance quand il u'v a
point de notre faute. Il sembla qu'il y a quelque chose de Dieu en notre emploi en ces affaires: el encore qu'elles me soient pénibles el peu agréables, ce que j'y aperçois de la volonté de Dieu me donne patience et espérance que sa bonté pourvoira en son temps à tous mes manquements par celte absence. Jésus-Christ Noire-Seigneur, etc.
LETTRE CXXVin.
A UN SUPÉRIEUR DE l'oRATOIRE.
Jlne faut pas présenter, pour la prédication de la parole de Dieu, ceux qui ne sont pas serviteurs de Dieu. — // lui recommande d'assujettir ses dévotions particulières à la charité, en Chonneur du Fils de Dieu , assujettissant l'état de sa gloire à sa charité envers les siens , pendant tes quarante jours après sa résurrection. — // faut éviter d'être propriétaire de son sens et de ses pensées, sous quelque prétexte que ce soit.
Mon Père, la grâce de Jésus-Christ Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais. Je n'estime pas à propos que nous recommandions monsieur M. pour le carême qu'il désire avoir j)ar notre moyen, et la raison qui nous en empêche, est la crainte de participer à ce reproche de l'esprit de Dieu : Quare tu enarras justitias meas, et assumis testamentum meum per os tuum? [Psal. XLix, 16). (]ar nous aurions part en sa j)rédication , le choisissant et l'envoyant à ceux qui se confient en nous de ce choix. Joint que, où res|)rii du diable est si puissant, l'esprit de Dieu y est bien faible : el le salut des âmes qu'il devrait opérer en ce saint temps nous serait redemandé de Dieu.
Je vous supplie de continuer le soin charitable que Dieu vous donne de la maison, el de lier toujours les âmes à Jésus el à Marie en ce saint leiiqjs. Honorez |)Our vous la charité du Fils de Dieu envers sa famille, séjournant en la terre quarante jours, nonob>lant sa gloire , pour la consoler visiblement de temps en tem[)s. Que s'il a ainsi voulu assujettir l'état de sa gloire à sa charité, même après que l'œuvre de la rédemption que le Père éternel lui avait commis a été ])leinement consommé, il est bien raisonnable qu'en ce séjour mortel, nous assujettissions nos dévotions privées à la charilé envers la maison de Dieu el les âmes qui lui appartiennent.
Je suis bien marri de n'avoir pu voir le bon Père L., et de la peine qu'il a prise pour nous chercher sans effet; je vous supplie d'avoir grand soin de lui , el le disposer à res[)rit intérieur el extérieur de la congrégation , et le tirer hors de ces ré[)ugnances à la supériorité, en l'honneur de celle du Fils de Dieu el de la très-sainte Vierge, sur lui. Ce n'est pas que je le désire presser en cela , car j'estime à propos de l'enifiloyer à Lyon, sous le Père R., pour la direction des jeunes de cette maison-là , qui sont tous disposés et en ont besoin. Mais il est à pro-
LETTUKS. Il— AtX l'UKTHKS DE LOIIATOIUK.
pos qu'il s'abnndonne aux conseils de Dieu sur lui, el qu'il .'lil plus île (It^iiiissioii et do fofili.'uire h rot'éissniice, «l qu'il (joiiiie ce luôuio es|«iii ,iux .mires , les tirant hors de la |ir(i|»nék^ et /itlIit'Moiice h Icui s [lensées , seuliniouls ot (liHiciillés. C'est urje sorlo de |iro|iriélt' uiléiiciirt' (jui r(!'|iuj;n(' nulaiil à la [laiivrelé d'e>|iril i|Uo la |tr(»|irii'lé exléricure h la paiivrcUMdiiiinuiio et ordiiiaiie. Kl icllo propriété iiilérieuie tst plus délicUc cl plus daiijzerf.'usi' en la vide de Dieu. Nous lui en ferez ( oiiiiailie prudciiiineiil et savau)ment ce que vous jugerez h \ ropus, etc.
LETTUK ex XIX.
AU SLPÉniEin n"L>K maiso> commençantk.
Les œuvres de Dira commcnrent avec heaiiconi) de (rnvaux et de jxinrrelr , el il faut tenir à henr'diction d'ij jjdlir, en l honneur et à iimilntion de Jrsus-Christ jetant les fondements de son Eylise.
La grâce de Jésus-Clirist Notre-Seigneur soit avec vous pf)ur jamais. Dieu veut vous |)Ourvoir dans le pays, et qu'en altendani vous portiez en liuiuilité el patience votre nécessité. Il Liénira votre petit nombre, connue il bénit les cinq pains et [loissons, et paiiani ne dites pas comme saint Philippe, Quid hœc inter lantos 'r {Joan. vi, 9j mais adressez-vous h Jésus-Christ; en altendant empruntez patience, et soyez content d'être jiauvre. Ne dillérez point sous prétexte de plus grandaccommodement de votre établissement; cela fait trop de peine et de bruit, el vous voulez êlre trop bien. 11 fallait y entrer à l'heure même, el y étant, s'accommoder à loisir. Notre-Seigneur n'a pas attendu à entrer en l'élable qu'elle fût préparée. Je pen^e que si j'y eusse été, j'y serais entré dès le premier commencement. Vous avez trop donné de temps et de loisir au diable à s'émouvoir. Apprenez, pour une autre fois, que ce n'est pas ainsi qu'il faut entrer dedans la terre du [irince du monde. \'ous savez qu'un des noms du petit Jésus est : Accéléra, spolia detrahcre, festina prœdari [Isa. viii, 3) ; et vous envoyez des fourriers auparavant [lour préparer le logis. Il faut y être à l'improvisle, y pâtir, et après tout se fait. Ht il vaut. bien mieux pâlir dedans que dehors. C'est grâce de Dieu, qu'il vous donne secours et puissance contre ces empêchements, mais c'est faute d'y avoir donné sujet. 0 rond)ien plus d'incommodités le Fils de Dieu a portées, et en l'Kgypte durant son enf;ince, el en Judée, dans le temps de ses [)iédicalions, ses apôtres égrenant les épis parmi les cham|>s pour vivre 1 Honorons ses labeurs en son indigence, [lar quelque sorte de soulfraiice, et lui demandons la grâce de travailler et pâtir pour sa gloire. Oh ! (jue les saints des siècles passés, et ceux encore de ce teuqis dans les lerres lîouvelles, y (tlaiitent l'Kvangile avec plus de croix el de pauvreté 1 El il nous la présente d.ins la France et à notre porte, et nous ne la savons pas prendre. Je ne dis pas •eci pour vous blâmer, ou vous accuser,
Hi'ii
mais pour v(»u?> induire à laire ce (lu'il plaira h Dieu vous faiie connaître surre siij(?t. Je supplie Noire-Seigneur Jésus-Christ et sa Irès-sainie .Mère vous dii iger paitoul, vous faire cndtre en leur amour, et vous donner puissance d'imprimer b-ur Innineur cl leurs elfets dans le>. âmes. Je suis.
LiypTiii: cxxx.
AL' Str^niCLH l>F I.A MAISON UE l'oRATOIRB I)K I.A UU(:iiKl.I.E.
Jl lui rcromwande de vivre dans un trèt- (jrand respect et une très-parliculirre reconnaissance envers un bon Père, auf^uel celte maison était étroitement oblujée.
Mon Père, la grâce de Jésus Christ Notre- Seigneur soit avec vous pour jamais. J'ai beaucoup de regret des peines el des traverses (lue le P. (i. a re<;ues depuis quehyie temps, fondées sur des sujets fort é O'gnés de son intention, et non assez consiiiérés el entendus, La condition du [»ays de la Kochelle, et l'état des alfaires qu'il a été obligé de traiter, ne lui ont pu permettre de paraître toujours au dehors êlre de l'Oratoire auianl comme il eût désiré, et comme il en doit être tenu en elTet. C'est pourquoi je vous prie très-alf^clueusernent de n'y avoir aucun égard, el de ne laisser, (loùr cela, de lui rendre toute la charité, l'honneur et le respect que mérite une personne de sa condition. Le soin qu'il a eu de nous donner entrée el établissement dans la ville de la Rochelle, avec tant de peine, de persévérance et de prudence; la charilé qu'il a témoignée envers la congrégation, se dépouillant des bénéhces qu'il possédait, pour l'en revêtir; el la gratitude que Dieu 'veut que l'on ail à ceux à qui on est ainsi étroitement obligé, requièrent de nous qu'on lui rende un res|.ect tout jtarticulier, outre celui qui est communément observé envers tous les nôtres. Et combien que par modestie il n'ait pas voulu |)rendre le titre de fondateur, ni a Niort, ni à la Kochelle, je désire toutefois qu'on lui en rende les res|)ects et les devoirs, et je vous en prie. Comme aussi combien que jiar l'établissement de notre congrégation en la ville de la Rochelle, au moyen de l'union des bénétices, la (Qualité de recteur qu'il avait ci-devant, demeure suf>primée ; néanmoins, | our ce c^ue notre u^age n'e^t [las ni ne doit êlre d'honorer moins ceux (jui nous donnent, nous vous [irions sembiablemeiit de lui rendre tout l'ho/ineur el loute la révérence possible, et même plus que SI cette qualité subsistait. C'est une sorte de reconnaissance et gratitude, à laquelle nous sommes tenus, non-seulement par le devoir humain, mais encore par l'esl)rit de Jésus-Chri^t Notre-Seigneur, qui doit être notre règle et notre conduite. J'ajoute à ce que des^us, que l'obligation qu'où lui a, ne permet pas qu'on enti-e en discussion exa»:te avec lui de ce qui lui appartient. Et pour ce, si outre le tiers des bénéfices par lui résignés à la congrégation, il désire
OEUVRES COMPLETES l)U CAUDI.NAL DE BERLLLE.
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quelque cliose, j'aime mieux en traiter moimÔLue avec lui et l'en contenter. Je vous prie nous en donner avis, et n'entrer en aucune sorte de différend pour cela, car l'esprit de charité qui doit régler nos actions, et le respect particulier que je veux rendre pour plusieurs raisons à ce bon Père, me portent à faire tout ce qui me sera possible, pour lui donner parfait contentement. Je supplie Notre-Seigneur Jésus-Christ et sa très-sainte Mère de donner l'esprit de paix à votre maison, et de nous rendre tous clignes de les servir en la perfection qui leur est due. Je suis en eux.
LETTRE CXXXl.l
A UM SUPÉRIEUR d'uXE MAISON NOUVELLEMENT ÉTABLIE.
Patience en la pauvreté. — Emprunter pour les nécessités. — 5e confier que Dieu donnera moijcn de rendre.
Mon Père, la grâce de Jésus-Chrisf Notre- Seigneur soit avec vous ()our jamais. Je le Joue et bénis des travaux dont il lui plaît accompagner votre établissement, et du i^eu de puissance qu'il lui plaît nous donner à vous en relever. Nous portons dès longtemps l'élat de pauvreté [lartout, sans que le monde le pense, et nous commençons en divers lieux à pâlir, et avons besoin de patience. 11 nous y faut préj)arer, et écouter l'avertissement de l'apôtre, Patientia vobis necessaria est. [llehr. x, 36.) Si Dieu nous donne quelque secours, je me souviendrai de votre nécessité. Cependant empruntez ce qui vous sera besoin, et le ménagez selon ]'état de pauvreté et de charité tout ensemble, car il faut pourvoir aux justes nécessi tés de ceux qui honorent Dieu et travaillent pour sa gloire. Le même Dieu qui veu»
qu'on soit en nécessité, veut qu'on emprunte, et lui-même après fournira de quoi rendre, f)ar des voies qui nous sont inconnues. Il faut pâtir avec humilité, et y pourvoir avec prudence. Si nous avons part pour un temps à la pauvreté de Jésus, il nous fera part en son temps de son abondance et de ses trésors. Regardons-le, et honorons-le toujours en tous ses états, soit de pauvreté, soit d'abondance.
LETTRE CXXXIL