LETTRE CXXXIX
A UN PRÊTRE DE l'oRATOIRE.
// marque en cette lettre sa grande confiance en Jésus-Christ. — Sa grande retenue à demander. — Son désir que les siens ne se rendissent point importuns en cela. Il exhorte ce bon Père à modérer son zèle et ses labeurs, en l'honneur de la modération de
LETTRES. — II. — AIX PnETIlES DE L'ORATOIRE.
Jésus et de Marie, en Irur vie et leurs labeurs sur la (i rrc.
Je ne vois aucun innyon (Je vous sorojirir cniore sitôt, cl jo supplio Jésus-Clirisl Notrc-ScMgiieur, (|ui est In itlLMiiliido de loulos choses, (le vous rtMii|>lir cl .sii()|ilt'(;rà ce ijui vous njnmiiu;, |i.ir l'.'ilionil.ince do sn Irè.ssainte gitlrc. il Itii pK-iil de nous tenir tonjours en indigence s|»iiiiiielie cl teni|M).-elle. litrivez h \u |ier>()nne (|ue vous savez pour le laMeau primitif do votre I-l^^liso. Je vous conres.se (jue je n'ai pas en la forcer de lui en parler, ni niùine de lui monlror la vôtre. Faites-le suavement , nlus (jue loi t(,'iiient : plutôt en insiiinant iju en pressant, suiv/int lo style hnnilile des deux saintes sœurs Marthe et .Marie, cpii exposent plus (]u*elles ne demandent : Kcce qurm amas infinnalur. (Joan. XI, 'A. ) Modérez-vous en vos travaux, el ne suivez 1 étendue ni de !a nécessité (jue vous voyez, ni de la charité que vous avez ; car ce serait vous ruiner, el empêcher l'onivre île Dieu en le voulant avancer. Vous rendrez plus d'honneur h Dieu el plus d'assistance au j)rochain, en vous modérant et conservant, (jue si vous vous consumiez en bref. Sou venez- vous (jue Jésus, ira vaillant en la terre, n'y a pas fait tout ce qu'il y avait à l'aire , el môme n'y a pas lanl fait que ses afiôlres y ont fait par ajirùs en son nom, encore qu'il peut tout; au lieu que vous êtes Uni el limité en voire puissance. Croyez et suivez autrui el non votre zèle, en ce sujet : et adorez Jésus en celle sienne humble modération el [)rudence. Uévérez encore sa irès-sainle Mère, si divinement puissante et si liumblemenl retenue dans l'état et rap|)arence de la vie commune. Révérez, dis-je, son utilité éminenle, cachée dans la modération el pelilesse apparente de sa vie humble el |)rivée, et de ses labeurs plus particuliers que publics. Oh! que de grâce il y avait en cette vie cachée! que U'éminence el rare utilité ! que de puissance el de fécondité en cette vie privée î Kl qu'il y a de bassesse et d'inutilité en notre vie publique, el en nos labeurs apparents 1 Siii- ▼ez ces divins modèles, et honorez la vie do Jésus el de .Marie, [)ar Tétai el condition intérieure el extérieure de votre vie.