‹ Œuvres complètesChapitre 388 sur 540 · LETTRE CLX · texte numérisé non relu

LETTRE CLX

A UN PÈRE DE l'orATOIRE.

Il f exhorte à se rendre diijne de l'esprit et

de. 1(1 filiniion de Dieu, par une fidHr ab-

négation de soi-même et humble dépendance d'aulrui.

La grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je ne manque pas de désir de vous contenter ; mais autant que je le puisse, il me faut trouver quelqu'un pour vous être substitué, et cela n'est pas facile. J'y travaillerai et verrai ce qu'il plaira à Dieu me donner de puissance, et vous en avertirai. En attendant, je vous prie de commander à vos désirs et à votre esprit, pour être régi par l'esprit du Fils de Dieu, qui ne se communique qu'à ceux qui riionorent par abnégation deux-mêmes.

Souvenez-vous de cette parole de saint Paul : Qui Spiritu Dei aguntur, hi sunt filii Dei. [Rom. VIII, H.) Ohl que nous devons souhaiter cette filiation divine l oh! que nous sommes coupables, de nous priver de cette conduite et possession de Dieu, pour être trop attachés à notre sens et à nos inclinations particulières! Demandez, et pour nous et pour vous, cette grâce au Fils de Dieu, en l'honneur de sa très-sainte enfance, humblement régie par Marie, et divinement régissante sa tres-sainte Mère. Je vous prie faire mes recommandations à notre frère N. et h tous noa Pères, et avoir soin particulier de les honorer et édifier, et de suivre leurs pensées en votre conduite, en ce peu de séjour que vous avez à faire en ce pays-là. Ils connaissent mieux les esprits et le pays que vous. Lorsque j'étais avec eux, je me croyais obligé d'en user ainsi, et je vous prie de le faire. Je suis pour jamais.

De Paris, ce 17 janvier 1621.

LETTRE CLXL

A UN CONFRÈRE DE l'oRATOIRE, AUQUEL IL CONSEILLE DE PRENDRE PRÊTRISE.

Il lui parle beaucoup de la dignité de cet état.

J'estime être selon la volonté de Notre- Seigneur que vous vous disposiez à [)rendre prêtrise, et nonobstant ce que vous m'écrivez, je me confirme en celte pensée. Le ])rincipal office d'icelle consiste en la prière que nous faisons, et en l'oblation que nous présentons à Dieu |)our son peuple et son Eglise. C'est ce que j'honore le [ilus en la prêtrise, c'est ce que les anges y révèrent davantage, et ce qui ne leur est pas communiqué; coopérant au salut du monde par leurs prières, assistances et inspirations, mais non au Fils de Dieu en cette sienne grande et admirable opération, en laquelle consiste le mystère de la prêtrise. Disposez-vous à cette fonction, et l'estimez beaucoup plus que les autres offices de charité que vous avez tant désirés autrefois. Puisqu'il plaît à Dieu vous appeler à une manière de coopération au salut des âmes, à laquelle toutes les forces, et même la grâce angélique, ne vous.pourraient élever, prenez quelque retraite spéciale pour vous disposer à ce nouvel état, et n'y oubliez pas les besoins de la congrégation. Recourez à la très-sainte Vierge, à ce qu'elle vous dis-

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jH>.se à 1;^ grive de son Fils, pour entrer en un ùlnl î^i .*>niiil «'l *«• pfn cotiiiu, coiilortnéini'iil à la (Ji;;tiilé inléiiouro qu'il iipporte avec soi 5 l'ûnit' qui >*v |)ré()Oie toniino il fl|»l»ailieril. Je supplie Jésus el s« Irès-s/iitile MiTC (|u'ils vous y nssislent de leurs béuédii'liuns particulières.

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