LETTRE CLXIV
A QLELQU'CN QLE NOTUE SEIGNEUR APPELAIT A l'oratoire.
L'estime qu'il doit faire d Une si sainte vocation. Explication de celte parole : Teno (piod habes, el nemo accit-ial coioiiani luam.
J'ai reçu la lettre qu'il vous a plu ra'écrire, et appris avec contentement la pensée que Dieu vous donne de le servir parmi nous. Je racce|>te très-volontiers, et supplie Jésus el sa tiès-sainle .Mère de la bénir, et vous [irie de la leur offrir tous les jours. C'est une i^râce que Dieu vous fait ei qui sera semence de plusieurs autres grâces. Ohl si îious [lénélrions les coiiseilj ei miséricordes de Dieu sur nous, en l'humble usage el accomplissement de semblables pensées, que nous serions faciles à les recevoir, vigilants 5 les conserver, diligents à les-ell'ectuer et fidèles à y persévérer! Demaiulez à Jésus ces qualités, en l'honneur de sa trèssainte, très-puissante et.très-divine enfance que l'Eglise honore en ce tenifis. Je vou> supi)lie de vous souvenir quelquefois de cette parole du ciel rapportée en VApocahjpse (m, Il j: Tene quod haies, el nemo accipiat coronam luam. (]ar ces pensées sont grâces, el grâces acquises au prix du sang de Jésus- Christ, et-ces grâces sont couronnées (156). Grâces de Dieu à la vérité, mais couronnes vôtres, car c'est vous qui en serez couronné si vous persévérez, el c'est [)Ourquoi le ciel l'appelle : Coronam luam. Et ces couronnes ne se perdent point; et ^i quelqu'un laisse tomber !d sienne, elle passe à un autre. Car
(I.N*)) Qui coronal le ri miiericoidia. iTto/. cii,i.)
ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE
les conseils de Dieu sur les g-râees de son Fils et sur les couronnes de sa gloire, sont inviolables, et c'est sur quoi est fondée la manière de parler de cet avis céleste, oii il est (lit nommément : De peur quun autre ne prenne votre couronne, et non pas : de peur quelle se perde. Je supplie Jésus et sa trèssainte Mère de vous aider à la conserver, et de vous disposer à l'accomplissement parfait de leurs très-saintes volontés