‹ Œuvres complètesChapitre 392 sur 540 · LETTRE CLXV · texte numérisé non relu

LETTRE CLXV

EXTRAIT DE DIVERSES LETTRES

1. Il recommande au supérieur d^un collège d'honorer Jcsus comme docteur, et sa conversation parmi les docteurs. — II. // désire que ceux auxquels les âmes communiquent de leurs besoins, ne soient ni trop Secs, ni aussi superfias en paroles. — 111. Jl recommande les vertus requises en ceux de l'Oratoire et particulièrement la disposition d'amour et d'honneur spécial à Jésus et à Marie, comme point fondamental. — IV. Il veut que la vertu de gratitude soit signalée dans l'Oratoire. Notre vie doit être laborieuse.

I. Mon père, la grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais. Je suis bien aise du soin que vous avez pris du collège. Je vous prie m'en écrire, et y apjiO! 1er votre zèle. Notre-Seigneur et sa trèssainte Mère seront honorés de vous en cela ; et je vous prie leur offrir votre action et vos ])ensées, et demander en humilité leur conduite et direction. Honorez, s'il vous plaît, l'état de Jésus en sa qualité de docteur, et encore sa conversation au milieu des docteurs en son bas âge ; et prenez de là quelque aide en votre disposition. Avant de m'écrire, je vous prie de mettre votre esprit entre les mains de Jésus et de Marie, de leur faire quelque prière devant le saint sacrement, pour prendre leur direction, et désirer de ne m'écrire? qu'en la sincérité en laquelle vous voudriez être à l'heure de votre mort et jugement.

II. Je vous prie continuer l'exercice de votre charité envers les religieuses Carmélites, lorsqu'elles le désireront devons. Tâchez,je vous prie, d'avoir un peu plusde facilité et d'application à jiarler aui âmes vertueuses et solides qui vous communiqueront leurs besoins. Comme il faut doucement et prudemment éviter et diminuer la supertluité de la conversation , il faut aussi humblement et charitablement condescendre aux besoins des âmes, et y satisfaire en l'honneur de l'abaissement et charité de Jésus à communiquer aux peuples et à ses apôtres. Adorons et imitons le Verbe incarné on cet abaissement et charité.

III. Je vous exhorte, et tous les nôtres qui sont sous votre conduite, de vous établir J'arlaitement en la dis[)û.sition d'honneur et d amour spécial, h Jésus et à Marie; en re- •raite, en l'intérieur; modestie en l'exténeur; zolc particulier au salut des âmes et

au bien de l'Eglise. Le premier point doit être essentiel, voire le point fondamental de notre congrégation ; les autres sont nécesr saires, ou à la jierfection, ou à l'état de prêtrise. Je les vous recommande tous, et à tous les nôtres, de tout mon fiouvoir,

IV. J'honore beaucou|> la personne dont vous m'écrivez. Tant s'en faut que je croie l'obliger en ce qu'il désire, que je me tiens obligé de ce qu'il le veut ainsi. Je désire beaucoup que la vertu de reconnaissance et gratitude soit signalée en notre petite congrégation. Je loue Dieu de la grâce et de la force qu'il vous donne en votre âge, dans les petits travaux que vous portez pour l'amour de lui. Nous devons l'honorer en terre dans les labeurs, et au ciel dans le repos et dans la gloire : In laboribus plurimis, dit saint Paul. [IlCor. XI, 23.)

LETTRE CLXVI.

EXTRAIT DE DIVERSES LETTRES

I. In puissant remède contre les traverén intérieures est de se mettre devant en état d'avilissement où le péché nous a réduits. — 11. Plusieurs maximes et pratiques de perfection. — 111. Avis pour modérer le zèle d'un prédicateur. La vie de l'âme est en Dieu seul.

I. Mon père, la grâce de Jésus-Christ Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais.

Priez et dépendez beaucoup de Dieu, de sa très-sainte Mère, de vos saints anges en cette affaire, et en toutes les traverses intérieures que vous portez ; dans lesquelles je vous l>rie de vous humilier beaucoup, et de vous mettre devant Dieu une fois le jour dans l'état d'avilissement auquel le péché nous réduirait, si Dieu ne nous en préservait par miséricorde, sans laquelle nous ne pouvons subsister un moment, ni en être ni en grâce. Demandez à Dieu pour nous, effet correspondant à cette humble, mais véritable pensée, et nous la demanderons pour vous, comme garde de ce que vous appréhendez.

H. Je vous remercie très-humblement de tant de charité spirituelle et temporelle que vous nous rendez en Lorraine. Je vous sup- })lie d'y avoir Jésus-Christ Notre-Seigneur et sa très-sainte Mère pour objet ; et que ce soit à eux, et non à nous, que cela soit fait. Je n'ai point pensé à l'Italie pour vous; mais je loue Dieu de votre facilité à cela et à tout Je ne di3|)0se passi aisément deceux que Dieu nous donne, mais il bénira votre démission et obéissance sans l'effet. Soyez à Dieu de tout votre pouvoir. Cherchez-le et le servez en perfection. Ne vous remplissez pas des choses extérieures, mais de Dieu seul, qui est intérieur, et qui est la plénitude et la suffisance de toutes choses. Adorez souvent cette perfection divine, et vous y rendez par révérence et par etlet, en délaissant tout pour Dieu. Appliquez-vous aux choses créées seulement par nécessité ou i)ar charité, et non par adhérence; et encore soyez-

LRTTRES. — II. — AUX l'UKTIlKS DE LOUATOIIiE.

y fort retenu et ré-^ervé. Croissez en zùlo iJ'Iioiincur cl d'amour s|ié(ial vers Jésus et snlrùs-sariile Mrie ; et otlrczleur souvent votre vie et vos actions.

m. Je vous prii* do dire de ma [larl an P^rc C, no lui pouvarU écrire, (jne je l'oxliorte à la piété en ses sermons; mais(jue je le prie ne se rendre h son zrle pour reprendre spécialement les eccIésiaslMjiies. Il les faut exhorter, et non nrguor;et Dieu lui donnera pins de liérii'djt lion nar celle voie humble l'I dévole. Je ne l'onhlie pas, ( ommo aussi j'en dois avoir soin, et s|Mriluellement cl teiuporellcmcnl. Continuez vos dévotions à Jésus et h Marie, et ne vous n)ellez (»as tant dans les emplois, que la retraite intérieure en soit intéressée. La vie de lAmeest en Dieu et en son Fils unique Jésus-Cliri^t Notre-Seib'nour, et en sa Irès-sainle Mère, que nous appelons notre vie.

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