‹ Œuvres complètesChapitre 426 sur 540 · A MONSIEUR LE DUC DE GUISE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LE DUC DE GUISE

Monsieur,

Vous continuez incessamment à me témoigner l'honneur de votre affection, et j'avoue ingénuemeni, que je suis très-aise de vous être redevable comme je suis, et à si bons litres ; mais je porte impatiemment mon inutilité à vous servir et à vous rendre, [>ar quelque bon effet, un meilleur témoignage de ma volonté que des jiarules. Je sais les propositions (lui ont été laites par deçà sur les aff'aires d Italie. La part que je dois prendre en vos intérêts, et Je désir que j'ai de votre contentement , me donne joio et crainte en celte pensée : joie, que vous rendiez un si grand service à la France et à l'Italie encore , qui gémit après l'assistance de la France : crainte, que cette affaire ne se trouve plus difficile en l'exécution, qu'en la première apparence. La France, l'Italie et l'Espagne vous regardent et considèrent, et le temps n'est pas favorable. L'heur qui accompagne vos actions, et une grande conduite et (irévoyance des difticullés qui peuvent survenir, sont les seuls fondements de cette entreprise, que je prie Dieu favoriser de son assistance et protection. Mettez-vous en sa garde et conduite. Invoquez-le comme le Dieu des armées, et comme le souverain des grands. Recourez à sa très-sainte Mère, comme vous avez fait autrefois ; et tandis que vous couibaltrez, nous hausserons l'esprit et les mains au ciel, pour l'heureux succès de vos armes. Parnn ces pensées, je ne laisse de déjilorer la misère de la chrétienté, qui se rend indigne de la paix que le Fils de Dieu a apportée au monde, et que ses anges nous annoncent de sa part en ses mystères, que l'E;.:,lise nods représente en ce saint temps. ISe laissez, Monsieur, d'être attentif parmi le bruit des armes et de participer au fruit de son avènement et de ses larmes, avec

lesquelles il veut faire son entrée au monde. J'aimerais beaucoup mieux vous entretenir de ce sujet, que des affaires du temps qui passera. Essayez de le servir en la guerre et en la paix, et d'être à lui pour jamais. Ce 23 décembre 1628

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