LETTRE \V CARDINAL DF. RICUELIEU
Il lui parle du méconlentement général que causait te départ du roi.
Je dois vous informer des bruits qui courent par deçà, celui de la paix (dont on se flattait) a peu duré. Mais le bruit du passage du roi en personne y a succédé, et ce passage est improuvé de bien des personnes ; car, outre linrlinalion générale qu'on a à la paix, on blâme celle sortie du roi hors du royaume, sans une nécessité évidente. On dit qu'excepté M. le prince, toute la maison royale est hors de l'Etat , le roi. Monsieur, M. le comte de Soissons, et qui pis est, la maison royale sans lignée. On du encore qu'on oppose la [lersonne propre du roi à de simples lieutenants du roi d'Espagne, comme si les lieutenants du roi n'étaient pas bons pour eux; que l'on donne commencement à une guerre immortelle parmi la nécessité de l'Eat et les misères du peu{»le,et que, sous le prétexte de CazaI, on veut entrer dans le Milanais, ce qui est hautement blâmé par les ennemis mêmes du roi d'Espagne. Il n'y a rien du mien dans tous ces discours , que la dilficulté à vous
les rapporter; seulement y ajouterai-jo que s'il arrivait (ju au roi ou à vous un petit mal de huit jours, tout votre f»rojet se renverserait et les ruines en tomberaient sur votre personne.