‹ Œuvres complètesChapitre 482 sur 540 · PS · texte numérisé non relu

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vertes, il n'y a p.lus de sûreté. C'est la niôme chose pour la piété intérieure.

La modestie consiste donc à tenir ordinairement la tête droite, sans la lever ni la baisser trop, et sans la pencher ni d'un côté ni d'autre, ni la soutenir jamais d'une main, et ne la tourner jamais çà et là légèrement, ni à la moindre action, et n'avoir point les yeux éu;arés, ni aussi arrêtés trop fixement sur ceux qu'on regarde, mais pour l'ordinaire un peu baissés. Les reganls doivent doivent toujours être humbles, doux et respectueux, et jamais rudes et dédaigneux, audacieux, farouches. Ne regarder point les fenê.res, ni prendre garde à qui entre, qui sort, qui remue, ni qui fait du bruit lorsqu'on est dans les maisons des séculiers. Ne l)as s'amuser à regarder les tapisseries, tableaux, livres et autres curiosités, à moins qu'on ne vous en prie, et s'il y avait quelque chose contre la pudeur", fermer les yeux.

Ne se pas faire une coutume de tenir la bouche ouverte, ni les lèvres trop serrées. Ne pas cracher, ni se moucher d'une manière qui fasse de la peine aux autres, s'abstenir de bâiller devant le monde. Eviter aussi de raidir le front, froncer les sourcils, ni de ronger les ongles, et s'abstenir d'éclater de rire et de rire trop souvent; mais aussi n'être point triste ni morne, trop sérieux ni trop grave. Eviter les grimaces et les mines contrefaites; tâcher d'avoir un visage serdn, ouvert, gai, tranquille, sans afï'ectation et sans contrainte ; qu'un air de bonté, de douceur, de piété capable de gagner les cœurs et de les porter à Dieu. Ne point te- Bir le corps courbé, ni penché de côté ou d'ciutre, mais se tenir droit, sans contrainte, non moins sans affectation. Ne point tenir les mains sur ses côtés, ni derrière le dos ; ne les point porter au visage, ni se toucher soi-même sans quelque nécessité. Ne se point appuyer tantôt sur un pied, tantôt sur un autre, et ne point changer à tout moment de situation et de posture. S'abstenir de ses lâches et molles extensions de bras et de jambes. Ne point croiser les pieds, ni mettre les jambes 1 une sur l'autre. Enfin éviter les contenances fières et hautaines, lâches et efféminées, dissolues et trop libres. Quand on est debout, ne tenir point les pieds trop écartés, ni les mains dans les poches; ne point s'appuyer contre les umrailles, ou les chaises, ou les portes. Se tenir debout ou assis quand les autres le sont, et ne point se singulariser pour être à son aise. C'est la marque d'une âme bien immortiUée.

Dans les conversations n'être ni grand causeur, ni aussi trop taciturne; n'interrompre jamais ceux qui parlent, ni prévenir par une réponse [»récipitée ceux qui nous interrogent. Régler tellement le ton de la voix, qu'il ne son ni trop haut, ni trop bas, ni rude, ni languissant. Eviter les paroles de rjuileries, de mépris, de boulfonuorie, de flallerit,', de vanité, de contestation, de disi'Ut:', de plai-anteries ou de

contes ridicules. Ne pas faire l'empressé pour dire son avis sur les sujets qui se présentent, comme si l'on était plus capable de juger que les autres, et lorsqu'on le dit, ce doit être avec simplicité et humilité, et non d'une manière décisive et impérieuse. Etre fidèle à tenir la soutane tellement bien fermée qu'il ne paraisse rien de ce qui est dessous, el ne la lever jamais au-dessus de mi-jambe ; toujours une propreté chrétienne; d;ms la chambre que lout y soit rangé. Etre propre dans ses habits sans affectation, mais avec simplicité, les regardant comme les ornements des vertus dont notre âme doit toujours être revêtue devant Dieu. Qu'il n'y ait rien de trop négligé, ni de trop afifeclé. Avoir la robe toujours croisée, et quand on est en manteau long, il faut que les bras soient entièrement couverts du manteau, et le retrousser seulement jusqu'à mi-jambe, sans pourtant le laisser traîner.

Quand on se découvre, que ce soit en prenant le bonnet |)ar la corne du côté droit, et jamais par celle qui est sur le front. Quand on est en voyage, porter toujours la soutane dessous la soutanelle. En marchant, s'abstenir d'aller d'un pas trop vite, précipité, irrégulier, sans regarder de côté et d'autre, et aussi ne marcher pas trop lentement, trônant les pieds, ou ne les levant pas assez. Eviter toute affectation et délicatesse, aKnnt à pas comptés , entrecoupés et graves à l'excès. S'abstenir de toute agitation de bras, de tête, de mains, d'épaules et de corps. S'étant assis à table, ne plier point sa serviette avant le P. supérieur, ne parler jamais sans grande nécessité, ou, si on y G>t obligé, que ce soit tout bas et par signes. Ne se sourire jamais les uns aux autres , ni se faire des signes. Ne regarder point lo long des tables pour voir ce (ju'on y sert, et ne jeter |)oint les yeux, quand on les porte, pour choisir celle qui nous paraît la meilleure. Ne rejeter jai ais un mets qui n'est pas à notre goût. Ne [)oint tourner la lôte de côlé et d'autre pour remarquer ceux qui y sont, ceux qui entrent ou qui sortent, mais se conlenier d'observer si rien ne manque à son voisin, |)Our en avertir doucement celui qui sert. Manger posément, ne mettre jamais un morceau dans la bouche que l'autre ne soit avalé. Prendre garde aussi de no boire ayant la bouche pleine; ne mordre point son pain, et n'en prendre pas de si gros morceaux, qui remplissent la bouche avec indécence. Prendre garde de ne point porter le morceau à la bouche a^ant le couteau à la main , de ne point casser les noyaux, ni de rompre les os pour manger ce qui est deiians, ni de mordre à la viande ou la porter à la bouche avec les doigts ; il faut se servir de la fourchette. S'il arrive que le lecteur manque en quelque chose , ne s'ingérer point de le reprendre, et ne donner point à connaître par quelque signe que l'on a bien remarqué la faute. En un mol , régler lestement tout son extérieur, soit qu'on soit en ville ou à la maison , dans le monde ou en son [larticûlicr, qu'il «'y ait

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lien (l'iiitlécenl, rien tic Ic^ger, «l'clTionUS de ii.uliii, d'arrogant, de bas, de riisli(|ue, unis que ton! y soil lioiuiôtc et so resseuto de la feaintclé et do la lUcijt'.slé ilc notre état, et se rotnporter parloiil h rcxcniple de saint François de Sales cl de notre H. I'. dellérulle, comme si les yeux de tout lo monde étaient snns cesse tournés sur nous, et comme si nous étions au milieu de la cour céleste, v Pour ac(juérir cette vertu, il est nécessaire, 1* d'avoir un souverain sentiment de la présence de Dieu ; 2* de sexercer à la mortitlcation en acte de ses passions, dont les dérèglements ne sont que des immodesties intérieures; 3* d'aimer Toiaisim, car ceui qui s'adonncr)t h cet exercice qui est tout évangi'li(|uo doivent montrer dans leurs conversations par le règlement île leurs sens et de tous leurs gestes qu'ils portent l'impression de celui dont ils sont devenus les temoles. Knlin adorer la modestie de Jésus-Cnrisi que saint Paul nous propose pour modèle : Obsecro vos per mansuetudinem et modeslia.n Chrisli. [Il Cor. x, 1.]

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