‹ Œuvres complètesChapitre 67 sur 540 · III. HI.KVATION A Dlllî KN l/liONM m DM l.A SAINTE VIKRCE · texte numérisé non relu

III. HI.KVATION A Dlllî KN l/liONM m DM l.A SAINTE VIKRCE

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n enlrc tous les sujets lio la maj^siù do Dieu, la Vierge est un sujet si grand, si particulier, si ('■minent. <jiril fait seul un nouvel ordre dans les ordres de la puissance et sagesse divine : ordre suréniinent à tous les ordres de la grAi-e et de la gloire, ordre tout singulier qui lait cl porte un nouvel empire sur les muvres de Dieu, ordre conjoint h l'ordre et h l'étal de l'union hypostatiipic , ordre (pii a rapport aux personnes divines; car comme les anges sont dis|'0s<^s en hiérardiies (pii regardent proprement la divine essence selon les [lerfections distinctes (]ui lui sont attribuées d'annuir, de lumiùre, de puissance, etc. aussi la Vierge en son ordre et en sa hiérarcliie, qu'elle reiii[>lit seule de garde et lionore I élal et personnes divines : ainsi qui a unité d'essence et Jonnes, a divisé la cour

sa grandeur, re-

les propriétés des

le Dieu du ciel,

pluralité de per-

céleslc en deux

chœurs dilTércnls : en l'un tous les anges , jires(jue intiiiis en nond)ro et rangés en plusieurs ordres el hiérarcliies, sont regardants par leur élal les pcrfe( lions distinctes de la divine essence : en l'autre la > ierge seule en son ordre , par son excellence propre à elle seule, regarde par son nouvel élal les personnes divines, comme dépendantes de leurs pro|)riétés personnelles; et ce chœur seul de la Vierge rend plus d'iiommage et à l'essence et aux personnes divines, que les neuf chœurs de tous les anges ensemble. 8. O Dieu, Père tout-puissant, qui pourrail dire coQibien cctie Vierge vous est chère et précieuse : vous la formez et sanclifiez pour être Mère de votre Fils unique , que vous voulez incarner au monde, et vous la formez en l'ordre de nature , de grâce et de gloire, comme un ouvrage singulier de votre puissance et bonté, et comme un cliefd'œuvre de vos mains : vous la formez comme le plusçrand, le plus digne et le plus éminent sujet de votre domination et souveraineté, dans le cercle et la circonférence de vos «.réatures ; car, en l'ordre et l'existence des tho>es créées. Dieu ne commande cl ne couimandera jamais à rien de plus grand que la Vierge. Dieu n'a fait et no fera jamais rien de [dus saint que la irès-sainte Vierge. Combien doit-elle être révérée en celte émiiience et singularité de grâce, de sainteié, de puissance 1 Mais, ô Père éternel, je la révère encore plus en l'origine de celle grâce , qui est le dessein que vous avez de la rendre Mère de celui duquel vous êtes Père. Car, a[>rès lavoir conduite au comble d'une grâce singulière au temps choisi par vous, voulant prendre alliance avec elle, vous la séparez de toutes choses créées, vous l'approchez de votre divinité, et vous vous unissez à elle comme à une personne que vous voulez èlre la plus intiuie el conjointe^ voire })ropre personne qui sera jamais, et qui vous est conjointe pour opérer avec vous un si grand œuvre, pour vous rendre le IVuil d'une si étroite alliance , pour vous donner un Fils né de sa substance, et ayant voire propre essence, et pour produire par

vous el avec vous celui (pii élanl votre Fiis unique, est son Fils [lar une fiouvelle naissance. () grandeur ! fi sublimité admirable I le Père éternel, qui, rriniemplant son essence, produit son Fils, ( r»(itcm[)lant sa paternité, sotirce de loule paternité, el source môme de divinité, va l'honorant, l'imitant et l'exprimanl dans la sainte Vierge , el forme el prfMluit en elle cet étal admiralile de malr-rnité divine, (}ui adore le Père en sa [trofiriélé personnelle, et qui donne au Pèro et au monde celui (jui est la vie du Père el le salut du montle. C'est en cet état heureux et glorieux, ô Vierge sacrée, que le Père éternel vous approprie à soi , et i'a[>i)ro|)ri'î à vous, se rend tout vôtre, el vous rend toute sienne, s'unit h vous, et vous unit h soi, el, vous communiciuant son esprit et son amour, vous rend féconde d'une fécondité «Iivine;et, voulant avoir de vous un môme Fils avec vous, [)ar cette sienne alliance \ous rend [inxluisante au monde, et à luimême, celui qui, par celle naissance, selo;i la parole de l'ange, est son Fils et voir*; fils tout ensemble ; votre fds comme émané de voire [>ropre subi.tance, son Fils commu émané de sa propre vertu et puissance. (> Pèreîô Fils! ô Mèrel que choses grandes doivent ôlre dites el pensées de vous 1 les deux personnes divines et éternelles, le Père et le Fils sont liés divinement, et dans leur éternité ont [)0ur lien une personne divine , sa voir est le Saint-Esprit procédant d'eux, en l'unité duquel elles sont éternellement conjointes : et ces deux personnes sacrées, le Père qui est au ciel, et la Mère qui est en la terre, sont saintement liés et conjoints par ensemble, et ont aussi pour lien de leur union sainte, une personne divine , savoir est un mémo Fils unique, qui est procédant d'eux, et qui est entre eux le lien indissoluble auquel ils sont conjoints pour une éternité. O union qui a pour son lien et son unité Jésus ! Jésus, dis-J3, qui est le centre de l'être créé el de l'êire incréé; auquel se termine saintement el heureusement l'union des deux natures, l'une humaine el l'aulre divine; qui établit le mystère do l'Incarnation et l'union des deux personne?, l'une divine aussi, et l'autre humaine ; qui établit la maternilé divine, en laquelle cette Vierge est unie au Père en produisant Jésus, et est unie au Père d'une union si étroite , si puissante et si fertile, qu'elle n'a point son semblable en l'étendue de toutes les choses créées. Soyons au Père, soyons au Fils, soyons à la Slère, el honorons le Père cl le Fils en celle qui leur est si conjointe, el qui, en son élal, a une si étroite alliance avec le Père, qu'elle en conçoit son Fils , et porte un fruit si digne, un effet si puissant cl une image si vivo de la paternité divine.

9. l'A vous , ô Verbe éternel, qui, étant son Dieu, voulez encore êlre son Fils, que dirai-je, que ferai-je en l'honneur du Fils et de la Mère? Vous êtes en unité et en société avec le Père qui vous produit, et avec le SainlF^sprit que vous produisez, et vous vuulez, cuire ces deux personnes divines et

éternelles, entrer en liaison, union et sociélé si étroite et si honorable avec une troisième personne, personne humaine ei teuiporelle : vous voulez être le fils de la A'ierge, comme vous êtes le Fils de Dieu , et vous voulez l'avoir f)our Mère, comme vous avez Dieu ])Our Père, et par votre puissance et bonté vous la rendez digne Mère de Dieu. Par votre humilité vous lui rendez obéissance et soumission en votre vie sur la terre , et, couronnant l'œuvre de vos mains par votre amour et sapience, vous lui ilonnez dans les cieux gloire correspondante à cette dignité et autorité sacrée. Béni soyez-vous, 0 grajid Dieu 1 je veux révérer et le Fils et la Mère pour jamais , je veux révérer la Mère, à cause du Fils, et le Fils en la Mère ; je veux révérer tout ce que la Vierge est à son Fils et à son Dieu tout ce que son Fils lui est, et je veux honorer toutes les liaisons mutuelles, ineffables et inconnues du Fils de Dieu et de la Vierge, comme secrets que la terre doit ignorer, et qui sont réservés à la gloire , à Tamour et à la lumière du ciel.

10. En la vue et pensée de choses si hautes, si graiules, si saintes, je m'offre et me soumets, je me voue et dédie 5 Jésus-Christ, mon Seigneur et Sauveur, en étal de servitude perpétuelle, à sa très-sainte Mère la sacrée Vierge Marie. En l'honneur perpétuel et de la Mère et du Fils , je veux être en l'état et qualité de servitude, au regard de celle qui a l'état et qualité de Mère de mon Dieu, pour honorer plus humblement , plus saintement cette qualité si haute et si divine; et je me donne à elle en qualité d'esclave, en l'honneur de la donation que le Verbe éternel lui a fait de soi-même en qualité de Fils [lar le mystère de l'Incarnation qu'il a voulu accomiiliren elle et par elle.

11. Je renonce à la puissance et liberté que j'ai de disposer de moi et de mes actions ; je cède ce pouvoir à la très-sainte Vierge, et m'en démets entièrement entre ses mains j)ur hommage à ses grandeurs, et à la démission parfaite qu'elle a faite d'elle-même à son Fils unique Jésus -Christ Notre-Seigneur. Je lui donne le pouvoir que Dieu me donne sur soi-même, pour être à elle et non })lus à moi, |)Our être en sa puissance et en sa conduite, et non plus en la mienne ; en l'honneur du i)Ouvoir que le Fils de Dieu lui a donné sur soi-même, et de l'humble dépendance et subjection qu'il a voulu lui rendre, se livrant à sa garde, direction et tutelle en son enfance, et en sa vie passagère sur la terre. Je lui donne mon ôire et ma vie, et toutes les conditions, circonstances et ap[)artenances qui l'accompagnent ; et je me uonne à sa grandeur autant que je le puis, |»our son honneur et gioire , et jiour l"accouq)lissement de tous ses vouloirs et pouvoirs sur moi.

12. En cet esi)rit et à cette intention , je m'adresse à vous, ô très-saiute Vierge, et je vous fais oblation entière, absolue et irrévocable de tout ce que je suis par la miséricorde de Dieu en l'être et en l'ordre de nature et lie giâi.e, de tout ce (jui en dépend,

de toutes les actions que j'opérerai à jamais : car je veux que tout ce (jui est mien soit vôtre : je veux que la puissance et la grâce qui m'est donnée soit employée à me référer tout, et tout ce qui est en moi, à votre honneur et hommage: et je vous choisis, ô Vierge sainte, et vous regarde désormais comme l'unique objet auquel,après votre Fils, et sous voire Fils, je fais relation de mon âme et de ma vie, tant intérieure qu'extérieure, et de tout ce qui est mien généralement.

13. Vous contemplant, ô Vierge sainte, je vois qu'au jour de vos grandeurs vous vous abaissez jusqu'au centre du néant, vous rendant la servante du Seigneur, lorsque vous en êtes la Mère : j'honore donc en vous ces deux mouvements et ces deux qualités différentes ; jhonorecet abaissement et cette élévation tout ensemble ; j'honore et votre servitude et votre maternité, et je vous révère comme proférant ces sacrées paroles :Ecceancilla Domini {Luc. i. 38), et comme recevant l'effet de sa volonté, qui est de vous rendre sa Mère au même instant auquel vous vous rendez et professez être sa servante : et eu l'honneur de ces deux étals difl'érents, de cette disposition admirable qui vous abaisse et vous élève auvsi , je me rends votre esclave à perpétuité. Je mets ma vie et mon âme en état de relation, de dépendance et de servitude au regard de vous ; je veux que ma vie de nature et de grâce, et toutes mes actions soient à vous en cette qualité, couime chose qui vous a})parlient par mon état et ma condition de servitude envers vous, que je vous offre présentement , et comme l'un de vos esclaves. Je vous offre ma vie et mes actions en l'honneur de votre vie et de vos actions envers votre Fils unique, et de la vie et des actions de votreFilsau regard devons; et si je connaissais un étal plus humble, plus assujetlisscint et plus corres[)Ondant k l'excès de vos grandeurs, je le re(!hercherais par hommage et honneur envers vous : et je veux que, en vertu de l'intention présente, chaque moment de ma vie et chacune de mes actions vous app.iriienne autant que si je vous les offrais toutes en particulier.

H. Ainsi je vous otfre tout ce que je suis, tout ce que je puis, pour rendre homiuage ii tout ce que vous êtes, ô Vierge et Mère de Dieu; car en vous tout est grand , tout est saint, tout est digne de vénération singulière , et vous êtes un abîme de giandeurs , et un monde d'excellences et raretés qui ravissent le ciel en sa beauté, et sont cachées à l'obscurité de la terre. En attendant qu'elles me soient tontes connues, je veux regarder fixement et révérer singulièrement votre maternité, votre souveraineté, votre sainteté: votre maternité, car elle vous conjoint à Dieu d'un lien qui n'appartient qu'à vous, et vous donne un si haut degré d'alfinité vers lui, que nul ne l'eût osé pensi'r; votre souveraineté, car celte (lualité admirable de Mère de Dieu vous donne non-seument une éminence, mais aussi une puissance et domination sur toutes créatures, comme Mère de leur Créateur. Y a-t-il des

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