‹ Œuvres complètesChapitre 87 sur 540 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

l'ame rend honneur a madeleine, honorant LE FILS DE DIEU EN BÉTUANIE ET ES LA CROIX, AU SÉPULCRE ET AU DÉSERT.

l. Madeleine eût voulu avoir en ses mains tout l'univers changé en parfums, elle l'eût

OEtVRKS COMPL. DE DE BÉRtLlE.

cniplayr i) rmdrc hommafje à Jésus. Comme Jvan-linplisie csf la toix, Mudeleinc aussi est l'odeur de Jésu». dette voix retentit partout, et celte odeur se répand partout. — IL 7'ou.s- les séjours de Madeleine sont autant de nouvelles sources d'une nouvelle rie , el tons ses pas sont autant de inouvrmenls et d'effets de vie. — III. Madeleine au désert est un ange, un séraphin et une dmr plus tjuc féraphif/ue. Klle meurt dans l'amour et par l'amour de Jésus. M'idetcine est établie au ciel, dans une principaulé du nouvel ordre de l'amour ae Jésus, ordre commencé aux pieds de Jésus.

l. Conliiiuant mes devoirs, je vous révère encore en ce dernier banquet fait à Jé>.us, et en ce dernier devoir (pic vous lui avez rendu peu de jours avant qu'il allât h la croix. Là vous versez sur lui non vos larmes comme au prender banquet, mais votre es{)rit, et vous faites une elfusion abondante, (le vous-même, de votre amour , de vos odeurs et liqueurs précieuses, jusqu'à romjirc le vase afin qu'il n'en restât aucune goutte qui ne fût épuisée el versée sur lui, tenant [lour peu de chose tout le monde , si vouh. l'eussiez eu pour em[>loycr à son service. Et sans doute aussi vous eussiez voulu que tout îc monde eût été lors en vos mains converti en odeurs, pour les répandre toutes sur lui, cl honorer ainsi le Créateur par sa créature. Mais votre cœur valait plus qu'un monde, et votre esprit est un monde de grâces et de merveilles ; et cet esprit fait une entière effusion de soi-même aux pieds de Jésus, et lui est offert en odeur trèssuave et très-odoriférante. El comme Jean- Baptiste était voix, et il se nomme ainsi lui-même, Madeleine est odeur, et odeur de Jésus, et nous la pouvons ainsi nommer, puisque toutes ses actions ne resj)irent et ne répandent que l'odeur de Jésus, et que cette salle, ou plutôt Eglise sainte et primitive oiî repose Jésus, et le sacré collège des apôtres, est tout embaumée des odeurs de Madeleine répandues sur Jésus, dont l'odeur se ressent encore et se ressentira partout où. Jésus sera connu et oii son Evangile sera publié ; c'est le bonheur de Béthanie.

IL Mais de Béthanie il nous faut passer au Calvaire, el des délices lie ce banquet aux rigueurs de la croix. Là je vous trouve encore, ô Madeleine, et là je vous révère aux pieds de la croix, où vous mourez de mille morts voyant mourir celui qui est la vie et votre vie. Je vous suis et vous révère en son sépulcre toujours aimant, toujours pleurant, el toujours cherchant celui qui est votre tout ; et je vous révère comme le trouvant et l'adorant, et par son ordonnance portant les premières nouvelles de la vie à la terre, c'est-à-dire les premières nouvelles de sa vie et de sa gloire; car sa gloire et sa vie est la nôtre. Heureux séjours de votre âme I heureux moments et mouvements de votrei vie! Tous ces pas que vous faites pour Jésus, et après Jésus, soit vivant, soit mort, soit glo-' rlcux, sont autant de pas, de mouvement»

cl d'effets de vie. Et 'toutes ces demeures sarrées, que vous habitez depuis la pri'riiière connaissance que vous avez eue de Jésus, sont autant de séjours de grâce et de nouvelles sources d'une nouvelle vie et d'une vie nouvelle en celui qui est la vie môme. 111. Mais que dirais-je du dernier séjour que Dieu vous a choisi? je veux dire votre désert. Là je vous révère comme un ange en ]a terre, comme un séraphin entre les anges, et comme une. âme plus que séraphique entre les séraphins. Là je vous révère comme vivant une vie continuelle de mirât les et de miracles même dans l'ordre de la grâce. Là je vous regarde comme un phénix vivant et mourant dans ses proi)res llammes; niourcrnt non-seulement dans l'amour, mais [)ar l'a:ujour même de Jésus. En cet état heureux je vous regarde et vous révère comme [)assant de la terre au ciel, de ce désert au paradis ; et dans ce paradis je vous vois, je vous révère, je vous admire comme établie pour jamais en l'éminence et en la principauté nouvelle et désormais éternelle, principauté tlans l'amour divin et dans le nouvel ordre de 1 amour de Jésus; ordre qui prentl sa naissance en vous, lorsquo vous êtes aux pieds de Jésus; et dès lors Jésus vous regarde et vous choisit entre tous devant la face du Père éternel, et à la vue de ses anges; vous choisit, dis-je, pour établir la puis-->ance, la principauté et la perfection de son amour en vous.

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