‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 19 sur 138 · Le grand-duc de Florence · texte numérisé non relu

Le grand-duc de Florence

Eclog UE I.

Florence qui se dit de Catin la naissance ;

J’ay veu le fleuve d’Arne (*) et le Mince cornu ,

Qui est par le berceau de Tityre cognu (*),

Où le duc mantouan, ennemy de tout vice,

Aux peuples ses sujets administre justice.

De là m’en retournant, contremont j’allay voir Le beau palais d’Urbin (3), escolle de sçavoir.

Je vy des Ferrarois le pasteur et le maistre ,

Qui se vante d’avoir de Roger pris son estre(4) ;

Je vy sa forte ville et le Pau (s) menaçant,

Qui va comme un taureau par les champs mugissant ; Grands pastenrs , grands bergers, qui ont la foy jurée Au grand. prince Carlin d’eternelle durée,

Qui aiment sa grandeur, et qui d’un cœur loyal Redressent sa couronne et son sceptre royal.

De là m’en retournant , je pris ma droite voye Par les champs de Piedmont, par les monts de Savoye, Où je vy ce grand duc (1 2 * 4 5 6 7) qui n’a point de pareil Sous la voûte du ciel en armes ny conseil ;

Animé d’une force et prompte et vigoureuse,

Ayant pris des Saxons sa race genereuse (7),

Et du Ciel son esprit, qui, magnanime et chaut ,

A tousjours pour sujet un penser grand et haut.

A son dextre costé je vy sa femme assise (8),

Fleur et perle d’honneur que nostre siecle prise ,

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