Du côté de la Normandie
3. Marie Stuart, reine d’Écosse, veuve de François II, et mère de Jacques, roi de la Grande-Bretagne.
36 Eclog UE I.
Et de son premier feu comme un songe passé.
Qui voirroit en la mer ces deux roynes, fameuses En beauté, traverser les vagues escumeuses,
Certes on les diroit , à bien les regarder,
Deux Venus qui voudroient en Cythère aborder.
Face bientost le Ciel que leur jeunesse esclose,
Comme une belle fleur, ne ressemble à la rose Qui fanist sur l’espine et languissante pend Sa teste, et son parfum inutile respana ,
Perdant odeur et teint, et grâce printanière,
Pour n’estre point cueillie en sa saison première.
Quand une tendre vigne est pendante aux ormeaux ,
En force et en vigueur elle estend ses rameaux.
Fait ombrage aux pasteurs ; mais si rien ne la serre,
Sans force et sans viguenr elle languist à terre,
Rampe dessur la place, et d’un bras flétrissant En soy-mesme languist , le mespris du passant.
Soient donques à deux roys leurs jeunesses liées D’un amour eternel, afin que, mariées,
Roynes, sans perdre temps, enfantent d’autres roys ,
Puis que leurs Majestez aiment tant les François.
Le second Pasteur- voyageur.
La mesme ardeur de gloire et la bouillante envie De voir les estrangers m’a fait voir l’Italie ,
Terre grasse et fertile , où Saturne habitoit Quand le peuple innocent de glan se contentoit.
J ay veu le grand Pasteur de tant d’ames chrestiennes ( i ), J ’ay vu dedans un lac (2) les barbes anciennes De ces peres bergers qui gouvernent sous eux Par prudence et vertu un peuple si heureux (3).
J ’ay veu le grand Berger de la belle Florence (4),