B E L LOT
De laict puissent couler les ondes de mon Loire, Ses bords soient pour jamais d’hyacinthes semez,
Et de ces belles fleurs qui gardent la mémoire Et le beau nom des Rois en elles transformez.
Perrot. ,
Mon Loir coule de miel, son arene soit pleine De perles et rubis, et sa rive d’esmail,
Ses coutaux de raisins, et de froment sa plaine,
De manne ses forests, et ses prez de bestail.
Bellot.
Mais d’où vient que mon bouc qui sautoit si alaigre, Qui gaillard dans ces prez cossoit contre mes bœufs, Depuis qu’il vid ta chèvre est devenu si maigre ?
Je ne sçay qu’il auroit, s’il n’estoit amoureux.
a. Var. :
Et que mes vers sans nom ne se traînent croupisy
Eclogue IV.
Perrot.
La chèvre que tu dis sur une pierre dure Avorta l’autre jour ; depuis elle ne paist Ny saule ne fouteau , c’est un mauvais augure : Bellot, si tu le sçais, dy-le-moy s’il te plaist.