LA CHARITE
Ce jeune Dieu qui aux plus vieux commande (à) Qui par le Ciel , qui par la terre court,
Voyant un jour les Dames de la Court,
Remonte aux Cieux, et Venus luy demande :
Dy-moy, mon fils, volant de place en place Comme tu fais, sans foy, sans loyauté,
As-tu point veu là-bas quelque beauté (Ton œil voit tout) qui la mienne surpasse?
Amour respond : Pren, ma mere, asseurance, Rien ne sçauroit surpasser ton honneur,
Fors une royne, en qui tout le bon-heur Du plus beau Ciel se versa dés enfance.
Elle rougit : les Dames sont despites Quand leur renom en beauté n’est parfait;
Et pour sçavoir la vérité du fait,
Elle choisit l’une de ses Charités (').
Mon cœur, mes yeux, mon ame et ma pensée, Si j’ai de toi quelque bien mérité,
Descen en France et me di vérité,
Si ma beauté d’une autre est surpassée.
Pour obeïr, la jeune Pasithée (2)
Toute divine abandonna les Cieux;
L’air luy fait place, et les vents et les Dieux,
a. Var. :
Le jeune enfant qui sans raison commande.