LIVRE III, ODE V
Ta toile peindre toute pleine 10 De ton tourment propre tu dois.
Quand je te voi, & voi encore [80 v^]
Ce vieil mari que tu ne veus, Je voi Tithone, & voi l'Aurore, Lui dormir, elle ses cheveus 15 Tresser d'un laqs doré comme eus
Pour aller chercher son Cephale, Et quoi qu'il soit alangoré, De voir sa femme morte, & palle, Si suit-il celle qui égale 20 Les roses d'un front coloré ^
Parmi les bois errent ensemble Se soûlant de plaisir, mais las.
Jamais le jeune amour n'assemble Un vieillard d'ans recreu & las, 2) A un printens tel que tu l'as ^.
9-10. 84 Tu dois ta gaze toute pleine Peindre de ton propre tourment