LIVRE IV, ODE XVI I
275 Ne trompera la rudesse
De son homicide dard :
Pront à suivre comme foudre Sa main au sang souillera De Telephe, & en la poudre Ses longs cheveus touillera '.
Et si fera voir encore,
Tant ses coups seront pesans,
Au noir enfant de l'Aurore ^
Les enfers davant ses ans :
Et après avoir de Troie
Le fort rampart abatu 3, [133 v°]
Ilion sera la proie
Des Grecs, & de sa vertu 4.
276-277. jo' a les deux points après foudre (sauf certains exemplaires) 279-280. S S -^7 ^^ Telephe & sur la poudre Mile Rois dépouillera 281. ^o-j^ encore sans ponct. (èd.suiv. corr.) 284. 71-S'/ devant ses ans
Cadmus, avait été changée en déesse marine par Neptune, sous le nom de Leucothée (Ovide, Met. IV, 524 et suiv.). — Pour ces énigmes mj'thologiques, v. Ronsard p. lyr., p. 403 et suiv.
1. Pour ce mot^ cf. R. H.L. 1903, p. 88, n. 2. — Telephe, roi de Mysie, fut seulement blessé au flanc par la lance d'Achille, puis guéri par cette même lance (cf. ci-dessus Odes, II, xxvi, 6r et suiv.).
2. L'Ethiopien Memnon, fils de l'Aurore et de Tithon, d'après Hésiode. Cf. Pindare, Jsthm. vu, 54 ; Ném. vr, 39 ; Olymp, 11, 83 ; Ovide, Méi. XIII, 578 et suiv.; Amores, I, xiii, 3.
3. Ce rempart de Troie est Hector (Homère, //. XXII, 431-435 et 507; XXIV, 499 et 728-730).
4. La Thémis de Pindare prédit à Thétis que son fils Achille lui-même mourra dans cette guerre ; celle de Ronsard s'en garde bien, comme le Protée d'Ovide.
A RENÉ D'URVOI ^
Ode XVII
Je n'ai pas les mains apprises Au métier muet de ceus, Qjui font une image assise Sus des piliers paresseuse.
Ma painture n'est pas mue 5 Mais vive, & par l'univers
Éditions. — Quatre premiers livres des Odes (IV, xvii) 1550; (xv) 1553 ; (xxi =. xxii) 1555. — Œuvres (Odes, IV, xxii), 1560, 1567, 1571, 1573 ; (xx) 1578; (xvii) 1584. — Supprimée en 1587. — Réimprimée dans l'éd. lyonnaise de 1592, Œuvres, t. II, p. 465. — Recueil des Pièces retranchées, 1609, 1617, 1623, 1630.
Blanchemain (t. II, p. 453) ; Marty-Laveaux (t. II, p. 341).
I. Toutes les anciennes éd. ont le pluriel. \ Bl. corrige la main apprise 5. Le texte des PR 161 y-2^ n'est pas nuë (et nue) est fautij.
1. Gentilhomme breton-angevin. Fils cadet de maitre Pierre Urvoy sieur de la Brelaudière en Champtoceaux, de la Touche en la Boissière- Saint-Florent, et de Fouillé près d'Ancenis, René Urvoy portait luimême le titre de sieur de la Rougelliére en Saint-Jean-des-Mauvrets, terre qu'il tenait de sa mère, et qu'il vendit en 1550 à l'Hôtel-Dieu d'Angers. Dans un document du 22 février 1539 (a. st.), il est qualifié « maitre René Urvoy », preuve qu'à cette date il étudiait le droit à Angers (Arch. dép. de Maine-et-Loire, G. 106, fF. 199-201). Voisin et ami de Joachim du Bellay, il le suivit à Paris, devint élève du collège de Goqueret où il connut Ronsard. Du Bellay lui adresse la troisième pièce de ses Vers lyriques (éd. Ghamard, t. III des Œuvres, p. 11), et Ronsard, outre la pièce ci-dessus, le cite parmi les gais compagnons des Bacchanales, ou. Folastrissime Voyage d'Hercueil, qui eut lieu en juillet 1549 avec le professeur Dorât (Bl. Vl, 361). Dans un document du 5 août 1553, il est qualifié « écuyer, sieur de la Rougelliére et de Fouillé » (Arch. dép. de Maine-et-Loire, E. 4559). — Cf. A. Bourdeaut, Jeunesse de Joachim du Bellay, p. 140 (Angers, Grassin, 1912. Extrait des Mémoires de la Soc. nat. d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers ).
2. Imité de Pindare, Ném. v, début. Au reste les métaphores et les mouvements des trois quatrains suivants sont également pindariques (v. Ronsard p. lyr., p. 353 et suiv.).
3. Note marginale des éditions de 1578 et de 1584 : « Mue, muete,