‹ Œuvres complètesChapitre 194 sur 270 · LIVRE IV, ODE XVI I · texte numérisé non relu

LIVRE IV, ODE XVI I

Le presse, & ja sa main forte 240 Dedans ses cheveus elle a.

Puis le soulevant, le serre [132 v^]

Comme un prisonnier donté, Et lui faisant perdre terre Par force au ciel l'a monté ', 245 Oii avecques lui encores

Est maintenant à séjour, Et bien peu se soucie ores De nous allumer le jour ^.

Tierce pose

Ainsi l'une de la bande 250 Mettoit fin à son parler.

Quand le Dieu marin demande Sa robe pour s'en aller. D'elle richement s'abille S'agensant de mains, & d'yeus 3,

241-243. 7S-Sy Puis comme un aigle qui serre Un lièvre en ses pieds donté En luy faisant perdre terre 249. 84-87 en tête Tierce pause.

1. Cf. Ovide, Met. VII, 704: Inviîumque rapit. — La comparaison de lavar. vient de Virgile, En. IX, 563, ou d'Ovide, Mét.Yl, 516 et suiv.

2. Dans Ovide, l'Aurore enlève Céphale du vivant de Procris, et, dédaignée de lui, le renvoie à sa femme en le menaçant (Met. VII, 698- 713 ; Amores,\, xiii, 33 et suiv.). Ronsard suppose au contraire que l'enlèvement de Céphale est postérieur à la mort de Procris, et, suivant le plus ancien mythe, que l'Aurore l'a gardé près d'elle (Hésiode, lloéog. 986; Euripide, Hippol. 451).

3. De même dans Ovide, Mercure soigne sa toilette comme un élégant de Rome {Met. II, 732 et suiv.),

Ronsard y II. 10

255 Pour mener en point sa fille

A l'assemblée des Dieus %

Où Themis la grand prestresse 2, Pleine d'un esprit ardant La tirant hors de la presse 260 Lui dist en la regardant :

Bien qu'Inon soit ta compaigne 3, Reçoi pourtant doucement Ton mari, & ne dédaigne [133 r^]

Son mortel embrassement.

365 Ains que soit la lune entière

Dix fois, tu dois enfanter

Un qui donnera matière

Aus Poètes de chanter.

Le monde pour un tel homme 270 N'est pas assés spatieus,

Ses vertus reluiront comme

Les étoiles par les cieus.

Il passera de vitesse Les lions, & nul soudart

2)6. ']8-8'] Au festin de tous les Dieux

1. Ronsard fait de Thétis une fille de Neptune, alors que les poètes gréco-latins et les mythographes en font une fille de Nérée.

2. A partir de ce vers, toute la fin est une « contamination » de Pindare {Isthm. vu, 31-60, prédiction de Tliémis dans l'assemblée des Dieux), d'Ovide (Met. XI, 221 eisuiv., prédiction de Protée à Thétis en personne et à l'écart, comme ici) et de Catulle (Noces de PéJée et de Thétis, prédiction des Parques).

3. C.-à-d. : Bien que tu sois une divinité delà mer. — Ino, fille de

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