y^ honore l'excellence
1. Cette pièce est d'un bout à l'autre la paraphrase d'une ode saphique du napolitain Pontano, intitulée Hymnus in Noctem dans l'éd. Aldine de 15 18 (Amor. lib. I,f° 8 v°), et Deprecatio ad Deam noctis dans l'éd. Aldine de 1553 {Epigr. f° 230 v°). C'est la première de ces éditions qui a servi à Ronsard. Cf. mon Ronsard p. lyr., p. 511 et 759.
2. Ronsard me semble avoir ici combiné avec le texte de Pontano ce début d'une pièce de Nav.igero {Lusus, n° 22, éd. de i')5o) :
Nox bona, quae tacitis terras amplexa tenebris
Dulcia jucundae furta tegis Veneris, Dum propero in carae amplexus et mollia Hyellae
Oscula, tu nostrae sis comes una viae.
Lors que l'amie main court par la cuisse, & ores Par les tetins, ausquels ne s'acompare encores 15 Nul ivoire qu'on voie%
Et la langue en errant sur la joue, & la face, Plus d'odeurs, & de fleurs, là naissantes, amasse
Que l'Orient n'envoie.
C'est toi qui les soucis, & les gennes mordantes, 20 Et tout le soin enclos en nos âmes ardantes Par ton présent arraches.
C'est toi qui rens la vie aus vergiers qui languissent, Aus jardins la rousée, & aus cieus qui noircissent Les idoles attaches 2.
25 Mai, si te plaist déesse une fin à ma peine, Et donte sous mes braz celle qui est tant pleine
De menasses cruelles, Affin que de ses yeus (yeus qui captif me tiennent) Les trop ardens flambeaus plus brûler ne me viennent 30 Le fond de mes mouelles.