‹ Œuvres complètesChapitre 250 sur 270 · VOIANT DE LOIN PARIS · texte numérisé non relu

VOIANT DE LOIN PARIS

Deus, & trois fois, heureus ce mien regard, Duquel je voi la ville, où sont infuses La discipline, & la gloire des Muses, C'est toi Paris que Dieu conserve, & gard : C'est toi qui as de science, avec art Endoctriné mon jeune âge ignorant, Et qui chez toi par cinq ans demeurant L'as aiaicté du laict qui de toi part 2.

Éditions. — Bocage de 1550. — Supprimée des recueils suivants. Réimprimée dans Téd. lyonnaise de 1592, Œuvres, t. II, p. 494. Recueil des Pièces retranchées, 1609- 1650.

Blanchemain (t. II, p. 456) ; Marty-Laveaux (t. VI, p. 106).

1. Sur les motifs plausibles de ce voyage et la date probable de cette pièce (fin de 1547) ''! ou Ronsard p. lyr., p. 37, et mon édition critique de la Vie de Ronsard par Binet, p. 118 et suiv.

2. Cf. un éloge enthousiaste de Paris « seconde Athéne, honneur de l'univers » dans le poème à François de Montmorency (Bl. III, 561). — Etant donné que dans cette pièce Paris est nettementopposé à la Cour (v. 42 et suiv.) — distinction courante déjà au xvi' siècle — et qu'on sait d'autre part que Ronsard quitta la Cour pour suivre les leçons de Dorât au printemps de 1545 (épitre A Pierre de Pascal de iS54> fin)» les « cinq ans » du vers 7 désignent seulement le temps qu'il fut « escolier » sous la discipline de Dorât, hors de Coqueret et à Goqueret. On serait donc tenté de dater cette ode de la fin de 1549, ^^ ^^'^ n'était pas irrégulière et ne contenait pas des allusions à des faits qui remontent à 1547. — Pour moi, l'ode fut écrite en 1547, mais Ronsard avait d'abord mis sur son manuscrit « par deux ans demeurant » ; puis au moment où il publia son recueil à' Odes (janv, 1550) il remania son vers ainsi « par cinq ans demeurant », sans souci de la contradiction entre ce nouvel hémistiche et le titre primitif qu'il conservait.

Combien je sen ma vie heureuse en elle lo En te voiant, au pris de ces monts blancs

dui ont l'échiné, & la teste, & les flancs Chargés de glace, & de nége éternelle ' : Je voi desja la bande solennelle Du saint Parnase en avant s'approcher, 15 Et me baiser, m'accoler, & toucher,

Me r'appellant à son estude belle.

De l'autre part ma librérie, hêlas, Grecque, latine, espaignole, italique.

En me tanssant d'un front mélancolique 20 Me dit, que plus je n'adore Pallas^.

Un milion d'amis ne seront las [158 r^^

Deus jours entiers de me faire la feste.

Un Peletier qui a dedans sa teste

Muses, & Dieus, les Nimphes, & leurs lacs'.

25 Daurat, réveil de la science morte 4,

Et mon Berger qui s'est fait gouverneur

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