A JOACHIM DU BELLAI ANGEVIN
Ode XIV
Nous avons quelque fois grand' faute [88 v^]
Soit de biens, soit de faveur haute,
Comme l'affaire nous conduit :
Mais tousjours tandis que nous sommes
Ou mors, ou mis au rang des hommes.
Nous avons besoin de bon bruit 3.
Car la louange emmiellée
24. Jj-éo dédignez | 67-71 dédegnez ] 7 j -^7 dédaignez (^/ desdaignez)
Editions. — Quatre premiers livres des Odes (III, xiv) 1550; (ix) 1555 ; (xx) 1555. — Œuvres (Odes, III, xxi) 1560; (xxi=xviii) 1567; (xviii) 157I' 1573; (xvii) 1578 ; (xiv) 1584; (xiii) 1587; 1592-1630.
Blanchemain (t. II, p. 214); Marty-Laveaux (t. II, p. 277).
Titre. 8y sans titre | Bl. suppr. Angevin d'après Véd. de 162) . I. 60-y^ Nous avons, du Bellai, grand' faute | yS-Sj Souventefois nous avons faute {la leçon Souventesfois est postérieure)
3. éo-Sj Selon que le tans (ôj-y^ l'heure yS-Sj l'Astre) nous conduit
1. Ces huit derniers vers sont une « contamination » delà strophe où Horace prie Vénus de toucher de son aiguillon l'altière Chloé {Carni. III, XXVI, fin) et d'un passage de l'ode Ad Lydiam (jd. I, xxv, 9-19). Navagero s'était aussi inspiré du Tange Chloen, mais avec plus de discrétion, dans la pièce 38 de ses Lusus: Diva, quae has cœli...
2. V. ci-dessus, i" préface des Odes; I, ix et xvi ; ci-après III, xxiv.
3. Idée générale qui rappelle d'assez près Pindare, Isth. i, épode i.
Au sucre des Muses mellée Nous perce l'oreille en riant ^ lo Je-di louange qui ne cède
A l'or que Pactole possède, Ni aus perles de l'Orient ^.
La vertu qui n'a connoissance Combien la Muse a de puissance 15 Languist en tenebreus séjour,
Et en vain elle est soupirante Que sa clarté n'est apparante Pour se montrer aus rais du jour.
Mais ma plume qui conjecture 20 Par son vol sa gloire future.
Se vante de n'endurer pas Que la tienne en l'obscur demeure, Ou comme orpheline elle meure Errante sans honneur là bas 3. [89 r°J
10. yS-Sy Louange qui vrayment (87 riche) ne cède 13-18. Ji-Sy guillemettent cette strophe.
22-23. ^^'7 S ^^ I 7S-S4 reprennent la conj. Ou | ^7 Qjue la tienne au sepulchre meure Ny qu'orpheline elle demeure
1. C.-à-d. : pénètre en notre esprit par l'oreille agréablement. Cf. une idée analogue dans les odes pindariques A J. Dorât et A J. Martin (cidessus I, XI, 7-14; xiir, 9-14). — Les vers 7 et 8 rappellent des expressions de Pindare, telles que: sùXoyca çpopjxiyyL auvaopoç {Ném. iv, 5), èv £paT£ivt5 [AÉXtTi xaXXivcx.ov yàpij.a et jjLsXttpGo'YYO^ àotSai (Jsth. iv, 54; V, 9). '