‹ Œuvres complètesChapitre 18 sur 190 · Le double valoit 2- deniers · texte numérisé non relu

Le double valoit 2- deniers

a. Boetius * : Omne hominum genus in terris simili surgit ab ortu.

b. Juvenalis : Nobilitas sola est atque unica virtus.

l'ère chrétienne. Il ne paroit point, par sa vie, qu'il ait été en relation avec d'autres empereurs que Néron, Vespasien , Domitien et Nerva.

* Boèce, philosophe péripatèticien, mort en 5 24. Son livre de Consolatione fut célèbre au Moyen Age. Ses œuvres ont été imprimées à Baie, 1570, fol.

24 Gringore.

Leur haultesse si n'a que huit piedz de terre tt. Qui biens serre trop ardamment il erre, Car requerre on ne doit biens estranges Qui font perdre gloire des benoistz anges.

Aucuns veuillent si treshault entreprendre Que comprendre ne sçauroient leur tollie \ Trop hault monté on voit souvent descendre, Parquoy prendre convient reigle , etaprendre Ou entendre qu'il fault qu'on se humilie c. Péché lye les folz, et Dieu alie ' Et rallie ses serviteurs notables.

Vertu2 produit d'escouter bons notables 3.

L'Entreprise des folz conquerans.

Il en y a qui par leurs fiers oultraiges Veullent avoir d'autruy les heritaigesJ, Contre raison y vont à forte main ;

i . Se lie avec.

2. Écouter bonnes maximes (ou bien gens d'une bonté reconnue) produit la vertu.

j. Cette pièce est en rimes batelées.

a. Alanus * : Omnia César habeî, sed gloria Cesaris esse

Desinit, et tumulum vix habet octo pedum.

b. Gregorius : Quanto gradus altior, tanto casus gravior.

c. Claudianus : Tollunîur in altum ut lapsu graviore ruant.

d. Virgilius : Quid non mortalia pectora cogis

A uri sacra famés !

* Alain de l'Isle, auteur célèbre du XI II' siècle. Voyez 'article qui lui a été consacré tome 23 de /'Histoire littéraire de la France.

Les folles Entreprises. 2$

Plusieurs larcins secretz, en tapinaiges ' ^ges Font en villes, chasteaulx,bourcs, champs, vilai- Sans ruminer qu'ilz n'ont point de demain. Les povresgens meurent de soif, de fain Car les riches tachent à les deffaire Et sont contens, pour biens mondains, de faire L'oeuvre Cayn qui est dit inhumain.

A tuer gens y a plusieurs moyens a :

Les ungs meurent vielz , caducz , anciens Quant nature de tous pointz leur deffault ; Les autres sont accusez pour leurs biens, Posé qu'ilz n'aient dit ou mefïait en riens , Quelque envieux leur vient livrer Passauk; Par ce moyen sens, vertu leur deffault . Courroux s'esmeut, leur sang se trouble et Atropos vient garny de pic ou pelle [mesie , Qui en terre les met du premier sault.

On voit aussi des langues serpentines7, Decepvantes, flateresses, mutines, Par envie sur autruy mal parlantes , Qui contreuvent, par leurs fraudes vulpir.fs. Invencionspour donner disciplines A personnes en vertu florissantes Tant qu'ilz en sont povres et languissantes Et en meurent bien souvent avant aage.

i. On dit encore en tapinois, dans le langage que le tionnaires appellent trivial.

a. Ovidius : Omnia debenîur morti, paulum que moraîi

Sérias aut eitius sedem properamus ad i Tendimus hue omnes , hec est domus wli

b. Jacobi, III : Lingua ignis est et uniyersitas M tatis, inquietum malam, plena veneno mortifère .

26 Gringore.

Se envieux ont sur autruy advantaige Ilz le navrent de parolles cuysantes.

Advertissement aux princes par l'acteur.

Princes , oyez des saiges les raisons ai Et de flateurs évitez les blasons ' ; Desprisez ceulx qui font folle entreprise ; Souviengne vous des faulses traisons, Apres boucons 2, dangereuses poisons , Subjeçtions où noblesse c'est * mise.

Voz ennemys sont tous plains de faintise b, Car à l'eure qu'ilz vont joignant les mains, Pensent faire laschetez et maulx maintz. La recepte ne monte pas 4 la mise.

Il n'est pas dit que couraiges gentilz, Qui ont espris promptz, hardiz et subtilz, Ne demonstrent 5 leur vertu et puissance; Mais quant ilz sont volaiges , trop hatifz , Entreprenans trop de faitz excessifz , Dieu est courcé de leur oultrecuidance.

i. Le sens de ce mot est très-étendu. Il veut généralement dire définition, explication, série de remarques sur quelque chose; il signifie parfois éloge, souvent critique.

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