‹ Œuvres complètesChapitre 55 sur 190 · Sans doute pour faonneront ; quand elles auront mis bas · texte numérisé non relu

Sans doute pour faonneront ; quand elles auront mis bas

2. A l'exemple des soldats qui vinrent arrêter Notre Seigneur au Jardin des Oliviers.

3. Léser, injurier, maltraiter. Il fait ici allusion à celles des anciennes religieuses de l'Hôtel-Dieu qui ont été remplacées.

4. La division paroît indiquer cette séparation de l'administration spirituelle et temporelle qu'on cherchoit à établir en laissant la première au Chapitre, la deuxième à cette commission de huit bourgeois dont nous avons parlé plus haut. Quelques éditions postérieures donnent : à son intention.

j. La discussion.

a. Virgilius : Varium et mutabile semper femina.

b. Roma , 1 : Dicentes se esse sapientes stulti facti sunt.

8o Gringore.

Non font ' les bigotz estre sotz ; Mais ilz ont de plus sotz propos Que laboureurs qui portent hottes :

Tous sotz ne portent pas marottes !

Ces femmes qui font leurs fredaines , Tout par tout se font appeller Par leurs nomsbigottes mondaines, Je veuil leur estât révéler; Car ilz veullent de Dieu parler a Aussi hault que sainct Augustin :

Ignorans gastent le latin.

Les aucunes sont bibliennes b Et le texte tresmal exposent; Jeunes bigottes, anciennes Dessus les Evangiles glosent, Et tout au contraire proposent De ce qui est à proposer :

Texte est gasté par mal gloser.

Les aucunes veullent sçavoir c Que fist Dieu , où c'est qu'il alla, Cuydans qu'ilz ayent assez sçavoir Pour comprendre ce hault fait là; Et les haulx faitz, que Dieu cela, Leur soit presché , voir à hault ton : Mais trop enquerre n'est pas bon.

i . Non plus les bigots ne croient par être sots.

a. Ecclesiast., 111 : Altiora te ne quesieris, et fortiora te ne scrutatus fueris.

b. Proverb. XXV ; Qui perscrutator est majestatis opprimetur à gloriâ.

(. Terentius : Ne quid nimis.

Les folles Entreprises. 8i

S'ilz font questions théologales C'est entreprins trop follement a :

En faisant bancquetz et rigalles Vont bigotant secrètement.

S'ilz cèlent leur entendement , Devant quelque bigot discret Leur engin monstrent en secret.

Depuis que femmes sont clergesse * Plus qu'il n'affiert à leur nature, Hz sont folles et vanteresses, De trop haulx faitz font ouverture.

Femme ne doit , selon droicture , Croire que ce que croit l'Eglise , Ou el commet folle entreprise.

Se divine inspiration Les inspiroit comme les sainctes Qui ont glorification

Aux cieulx, louant Dieu les mains joinctes, Je diroye ce ne sont pas fainctes; Mais on voit leur cas tout notoire Qui procède de vaine gloire c.

Femmes ne doivent trop enquerre Touchant la haulte Deité d, Mais tant seulement Dieu requerre Qu'ilz vivent en bonne équité.

Femmes ont la propriété

a. Terentius : Quod tua non interest desine percontari.

b. I Thimot., II : Mulierinsilentio discat cum omni subjeciione, docere autem mulieri non permiîto.

c. Mathei, XXIII : Omnia opéra sua faciunt ut videantur ab hominibus.

d. I Corint., XIIII : Mulieres in ecclesiis taceant; non cnim permittitur eis loqui.

Gringore. I. 6

82 Gringore.

Que je veuil icy révéler C'est parler, plorer et filler.

Sans mesure parlent souvent a Et ne sçavent qu'ilz veullent dire ; Leur pensée est comme le vent Qui choses legières adiré '.

Quant sont plaines de courroux , de ire Sont serpens tappiz en herbaige Dont la morsure fait oultraige2.

- Ainsi ceulx qui sont ypocrites Fillent, c'est à dire mal pensent, En parlant; preschent loix escriptes Et en preschant se recompensent 3 ;

1 . Perd , égare ; ici sans doute dissipe en les faisant voltiger.

2. Nous retrouverons ces pensées sur les femmes constamment développées dans l'œuvre de Gringore, et tout particulièrement avec une grande verve dans les Contreditz de Songe creux.

3. J'ai cru devoir ponctuer ainsi cette phrase assez obscure, qui signifieroit alors : Ces femmes hypocrites n'ont d'autre travail que de parler ; en quoi elles ont tort. Elles bavardent sur la Bible , et leur vanité trouve dans ce bavardage sa propre récompense. Fillent (travaillent) est amené par le vers qui termine l'avant, dernière strophe parler, plorer, filler. Nous trouvons ici un exemple de cet amour de la glose et du commentaire, amour qui produit fréquemment les plus étranges comparaisons, et qui caractérise à un haut degré la manière de notre poëte. Ces gloses allégoriques ont le défaut d'admettre , surtout dans les éditions gothiques sans ponctuation, des interprétations diverses ; ainsi en plaçant le point et virgule après mal pensent nous avons un nouveau sens qui est possible encore, et un scoliaste seroit peu ingénieux qui ne rencontreroit là une troisième et une quatrième explications. Voyez d'ailleurs un passage de Coquillart, où le mot filler est pris dans un sens analogue (Œuvres de Coquillart , édit. elzevirienne , t. 1", page i8j).

a. Proverb., X : In multiloquio non deerit peccatum.

Les folles Entreprises. 8$

En pleurant souvent Dieu offensent,

Leurs larmes ont peu de valleur,

De l'oeil viennent , non pas du cueur*.

Parquoy, sans plus en deviser, Ceulx qui causent ce bigotaige6 Se meslent de folle entreprise; Vanité tiennent en hostaige Et péché les prent en servaige Comme esclaves assubgectitz P^r desordonnez appetitz.

Ce que les saincîz Pères ' peuvent entreprendre , et du gouvernement des Prelatz.

Celuy qui a puissance de lier Pareillement povoir de deslier Entreprendre ne doit plus que sainct Pierre, Aux serfz de Dieu se doit humilier c, Ses ouailles esgarées ralier ; Et se autrement le fait, certes il erre. D'entreprendre assaulx, bataille, guerre, Se n'est affin que nostre foy en prise 2,

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