Ruse, prudence mondaine
2. Les nécessités de la rime batelée augmentent ici encore le défaut général de Gringore, une concision excessive qui ne tient pas toujours compte de la syntaxe ; le sens des vers précédents est évidemment celui-ci : on reconnoît pourquoi les sujets se sont mis en un état de révolte furieuse contre leurs princes; car, par hardiesse entremêlée, etc.
a. Therentius : Verum est quod vulgo dici solet : Omncs sibi malle melius quant alteri.
b. Jeremie, V : lnventi sunt in populo meo impii insidiantes quasi aucupes laqueos ponenles et pedicas ad capiendos viros.
Mettre enestuys' biens desmondains destruitz, Esbahy suis , pensant à votre affaire ; Le populaire voyez crier et braire Sans satisfaire à ses cris, à ses plains : Saiges n'ont rien , et soîz sont de biens plains a.
A forte main possession prenez Des dignitez; par trop entreprenez Quant guerroyez pour l'estat de l'Église. Petitz enfans qui sont à peine nez Et ne sçauroyent quasi moucher leur nez ; Ont eveschez , dignitez , c'est la guyse b ; Abbayes , cures , prieurez , par faintise Sont baillées, affin que l'entendez , A des joueurs de cartes ou de dez Estudiant ce mestier voulentiersc; Et leur suffist d'estre bien prebendez Sans dire Messe , Heures, Vespres, Psaultiers.
Tant engloutir de dignitez à tas Et gouverner gens de plusieurs estatz Possible n'est que justement se face; Mais voulez vous, messieurs les prelatz, Que le fleuve Jourdain , sans estre las , Se absorbe en vous, par vostre gorge passe ? De quoy vous sert trésor en une masse , Qui deust estre aux povres gens donné ?