‹ Œuvres complètesChapitre 63 sur 190 · Ruse, prudence mondaine · texte numérisé non relu

Ruse, prudence mondaine

2. Les nécessités de la rime batelée augmentent ici encore le défaut général de Gringore, une concision excessive qui ne tient pas toujours compte de la syntaxe ; le sens des vers précédents est évidemment celui-ci : on reconnoît pourquoi les sujets se sont mis en un état de révolte furieuse contre leurs princes; car, par hardiesse entremêlée, etc.

a. Therentius : Verum est quod vulgo dici solet : Omncs sibi malle melius quant alteri.

b. Jeremie, V : lnventi sunt in populo meo impii insidiantes quasi aucupes laqueos ponenles et pedicas ad capiendos viros.

Mettre enestuys' biens desmondains destruitz, Esbahy suis , pensant à votre affaire ; Le populaire voyez crier et braire Sans satisfaire à ses cris, à ses plains : Saiges n'ont rien , et soîz sont de biens plains a.

A forte main possession prenez Des dignitez; par trop entreprenez Quant guerroyez pour l'estat de l'Église. Petitz enfans qui sont à peine nez Et ne sçauroyent quasi moucher leur nez ; Ont eveschez , dignitez , c'est la guyse b ; Abbayes , cures , prieurez , par faintise Sont baillées, affin que l'entendez , A des joueurs de cartes ou de dez Estudiant ce mestier voulentiersc; Et leur suffist d'estre bien prebendez Sans dire Messe , Heures, Vespres, Psaultiers.

Tant engloutir de dignitez à tas Et gouverner gens de plusieurs estatz Possible n'est que justement se face; Mais voulez vous, messieurs les prelatz, Que le fleuve Jourdain , sans estre las , Se absorbe en vous, par vostre gorge passe ? De quoy vous sert trésor en une masse , Qui deust estre aux povres gens donné ?

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