Tu prens habitudes de cour
}. Maintenant.
a. Luce, XI : Sic est qui sibi thésaurisât et non est in Deum dives.
b. Ambrosius : Sicut divitie impedimenta sunt reprobis , ita probis sunt instrumenta virtutis.
c. Gre^orius : Sollicitudo temporalium mors est et excecatio spiritualis.
Par moy les biens qu'el a possesse ,
Parquoy deveroit ' vivre en simplesse
Sans estre de moy séparée;
Mais el est vestue et parée.
Or es tu la cause motive
Qu'el me laisse desemparée,
Par toy est en pompes active.
Richesse voluptez demande Vins delicatz, bonne viande, Velà qui la fait vicieuse a ; El est orguilleuse , gourmande, Fresle, couraigeuse 2, friande, Fière, médisante, baveuse *, Au service Dieu paresseuse; Son ire desprise l'Eglise, Des biens d'autruy est envieuse , Avec mondains luxurieuse h, Et tout par toy, Papelardise.
Esbatz dissoluz , passe temps , Noises, guerres, discords, contemps, Rien n'est que à Richesse plus plaise.
Riches ne pevent estre contens c, A tous mondains je m'en attens, Leur cueur demande estre trop aise.
i . On voit que deveroit ne fait que deux syllabes comme s'il y avoit écrit devroit ou debvroit. i . Libertine, indocile.
$. Bavarde.
a. Ovidius : Effodiuntur opes irritamenta malorum.
b. Prime Thim., VI : Qui volunt divites fieri incidunt in îentationem et in laqueum Dyaboli, et desideria multa inutilia et nociva.
c. Ovidius : Quo plus mnt pote plus sitiuntur aque
Quo plus sunt parte plus capiuntur opes.
Les folles Entreprises. 117
Mais quant fortune se degoise * A faire aux riches gens finesse, Le fier orguilleux apprivoise , De damoiselle fait bourgeoise , Puis Povreté abat Richesse.
Les grans princes qui l'engendrèrent a En moy, tresfort me supportèrent ; Hz estoient bons, courtois et doulx; Toutesfois mon renom ostèrent ; Car quant Richesse en moy posèrent Ils m'enrudirent 2 les genoux, Parquoy je concludz devant tous Que gens voulant vivre en simplesse Ne doivent appeter Richesse b.
Comme Richesse et Papelardise esîaignent Devocion
de l'orillier de délices , et comme Foy
et Charité les reprennent.
Richesse, oyant ainsi parler sa mère Dévotion , en eut douleur amère, Et par despit, avec Papelardise , La menaça , et de fait de main mise
1. Dans son sens ordinaire, se desgoiser, synonyme de gringoter, ou se desbriser la voix, signifie faire sortir du gosier une suite de chants; ici on le pourroit traduire par se débaucher : quand la fortune se débauche jusqu'au point de, etc.
2. Les rendirent rudes, moins flexibles et moins disposés à se plier devant Dieu.
a. Psalmo., LXI : Rapinas nolite concupiscere, divitie sin affluant nolite cor apponere.
b. Psalmo., LXI : Rapinas nolite concupiscere; divitiœ sin affluant nolite cor apponere.
ii 8 Gringorb.
Fut adjournée • par Richesse, sa fille, Qui par façon cauteleuse et subtille, Ung orillier de délices trouva", Dont sa mère si asprement greva, Qu'el l'estaignit, et ainsi par contrainte Dévotion fut par Richesse estainte.
Avecques elle estoit Papelardise, Eulx deulx firent celle folle entreprise, Laquelle estoit enclose en leur pensée.
Et sur ce point vint Foy fort courroucée Que Cherité conduysoit par la main.
Elles voyans ce fait tresinhumain , Commencèrent à Richesse blasmer, Par le rondeau aue ie veuil résumer.
Comme Foy et Charité blasment et reprennent Richesse.
Rondeau.
Richesse, tresperverse fille by Ennemye du Dieu immortel, Tu n'as point vouloir naturel, Quant à ta mère faiz castil'e.
Tu es l'estandart de bastille2, D'erreur et de péché mortel, Richesse c.
!. Par main mise, par violence, par un crime, fut adjournée, condamnée à mourir.