‹ Œuvres complètesChapitre 90 sur 190 · La Trinité · texte numérisé non relu

La Trinité

a. Exodi. XX : Mémento ut diem Sabbati sanctifias .

i?4 Gringore.

Et delaissoient saincte Eglise en ruyne , Ainsi estoient tous par péchez polluz.

En lieu d'ouyr matines, ilz estoient Dedens leurs litz où prenoient leurs plaisances"; Atouchemens deshonnestes faisoient, Car le Dyable faisoit leurs aliances; A leur lever pensoient à leurs bobances, En s'abillant disoient goulliars ' motz; Quant estoient prestz, cerchoient jeux, esbatz, Affin d'avoir parmy les mondains loz. [dances,

Pour les cloches avoient sons detaboursfr; Pour l'eaue benoiste, de vins 2 d'estrange guise ; Pour pain benoist, pastez, tartres en fours, Et pour autelz parez, la nappe mise; Pour le corps Crist, chairs d'estrange devise 3,

i . Dans son sens ordinaire ce mot signifie gourmand , glouton; ici les goulliars mots indiqueroient les arrangemens pris, les ordres donnés pour un déjeuner délicat. Je crois pourtant qu'il faut prendre mots gouillars dans le sens étendu que Rabelais donne à mots de gueulle, et y voir la signification de paroles libertines. Goliars désignoit dès le xuie siècle l'homme qui s'abandonnoit non-seulement à la gloutonnerie, mais aussi à toute débauche :

Jadis ot un clerc en Egypte Que l'on apeloit Loiche Frite; As deliz dou mont s'ambatoit , Dou main jusque à soir s'an aloit As tavernes, cil goliars, etc.

(Mst. de la B. imp , Fonds Lavallière, 86, fol. 87, de Un larron clerc.

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