CHAPITRE X
Confusion ' et irrationalité de l'art pendant la première moitié du dix*.nenvième siècle;. Dkvid, K Delaoroix, Ingres* David (d'Angers), Buda, L. Robert, H. Yersefc
J'écrivais en 1858 :
c L'art est la liberté même, refaisant; à sa«guise>6t en .vue de sa propre glaire, la.phénoménalité dea choses.; exécutant (qu'on me passe le* mot) des variation». suc le thème concret de la nature,.
« L'art, ainsi que la liberté, a donc pour matière l'homme et les choses,, pour objet de les reproduire, en les dépassant, pour fin dernière la justice.
« Pour juger de la beauté des choses, en autres termes, pour les idéaliser, il faut connaître les rapports des choses; toutefois, si l'art ne peut se passer de cette connaissance ni la contredire, elle ne peut pas non plus le suppléer, et ne l'explique pas tout entier ; il relève encore d'une autre faculté, qui est le sentiment même du beau et de l'art, ou plus simplement le goût.
« Cette dernière proposition contient tous les principes de critique en matière d'art, critique toujours arbitraire en quelque chose. Dans la science, dans le droit,
AU XIXe SIRGLE 107
il est JdQj<mitt)pftSfiiUe tfavwr wrison Au sophisme par lai^que«tFexpérânce,<«fcia démonstration aof»a« fow^e^hose jitgée.ïLes cjwwe94ë llartne s'appréinem pas seulement parraision ééaonstnatirc, mais aussi »pai le sentiment que FteuvreJéveilie dansliâme <4u spoetatoiç, seatimefit (iBicepoit^seiiéfeir^tidoiil l'urocftte lei efct «pi'il ne recousait pas de MiDegustïlms ét<:oldribuswn dispitfanckem.il> [De iaJtutice ckmsUa Réoohitkmet^ansTÊgUse^ Aude; édition tfe Bruxelles!) On peut juger par celle citation que les principes que .je professe aufourdMmi *en fait d'art, je les professais d^jà «n 1638, et qu'il tfmt pas été iwentés pour le besoin de te tltèse.Il^ a dan&tôtite œuvre d'art deux choses tfui, selon mai, doivent toujours marcher de front, la raison et le goôt. Supprimez une de ces deux choses, l'art disparaît. Sans une raison, je dirai même sans une philosophie profonde, que cette raison soit intuitive ou r éfléchie, peu krçporte , l'œuvre d'art se réduit à néant; il n'y a rien qui sait de plus mauvais goût, qni choque davantage aotuesentimeat «stM tique, que l'absurde- Mais réciproqu^toÊnt^sans unexertaine puissance d'idéal, l'art, avec, toute. la raison du monde, n'est plus que de la science, voireataLHiétier; et comme la science et l'industrie ne se produisent pas sous cette forme, que ce serait du travail ien pure perte, l'art savant, dépourvu de goût et d'idéal, c'est encore de l'absurde.
408 IRRATIONALITÉ DE L'ART
Or, comme les facultés de raison et de goût De sont point proportionnelle^ l'une à l'autre dans aucun sujet ; comme la rationalité d'une œuvre d'art n'est point la mesure du talent qu'y aidéjiensé l'artiste, ni la rigueur du raisonnement la garantie de l'excellence du goût chez le critique, j'ai pris pour règle, dans les jugements qu'on va lire, et au rebours de ce que font la plupait des écrivains qui s'occupent de ces matières, d'insister avec force sur l'appréciation morale et i aï ionnellc, dont je me crois plus sûr, mais de ne présenter qu'avec réserve mon appréciation esthétique, qui pourrait m'être purement personnelle *. De la sorte , je laisserai le lecteur juge en dernier ressort, entièrement libre de son sentiment, tout en ne négligeant rien de ce qui peut servir à le motiver.