‹ Œuvres complétes (volume 2)Chapitre 37 sur 59 · LA 3ÏOUYEI.LE BOOM · texte numérisé non relu

LA 3ÏOUYEI.LE BOOM

d'assister aux obsèques d'«a «mi, d'un protégé défunt : tout cela. n'indique-t4il fias «ne pféméditaikm sacrilège? Où tFonira>làIefeit9lapeDséeiBNNnale de l'art?...

Eh bu q, cette critique, qu'il est si aisé de charger, est la j*sHficftliGfi même^e Coorbet. Eài quel siècle vivoas-flous?dei»anderai-}e aux hypocrites qui l'accusent. -N'avez-vous jamais assisté à une cérémonie fiinèbre, et n'ai^ez-vous pas «observé ce qui s'y passe* î^ous avons perdu la religion des sorte ; nous ne comprenons plus cette poésie sublime dwt le christianisme, «facwrd avec lui-même, Te^tourait; nous n'avons pas feî aux prières, -et bous nous moquons -de l'autre vie. La mort de l'homme aujounf lmi, dans ta pensée universelle, est comme «elle de la bête : Unm est finis komtnis et jmnenti; et malgré le Requiem, malgré le catafalque, malgré les cloches, malgré l'église et tout son décorum, nous traitons les restes de l'un comme ceux de l'autre. Pourquoi des funérailles? Pourquoi dés sépulcres? Que signifient ces maîtres, des croix, ces inscriptions, tes couronnes d'immortelles? Ne vous suffit-il pas du tombereau qui, sur l'ordre de la police, prendra le corps et le conduira.... à Montfaucon ?

C'est cette plaie hideuse de 'l'immoralité moderne que Courbet a osé montrer à nu; et le tableau qu'il en a fait est aussi éloquent que le pourrait être un sermon sur la même matière de Bridaine ou de Bossuet. Là,

L'ENTERREMENT A ORHANS 211

noes dit-il, je ne vois plus qu'une chose qui soit respectable : ce sont les pleurs des mères, des sœurs, des épouses; c'est l'ignorance des enfants. Tout le reste est comédie, et, comme vous dites, sacrilège. Or ce sacrilège, vous ne l'apercevriez pas, âmes pourries et cadavéreuses que vous êtes, si la peinture ne vous le faisait entrer de vive force dans la conscience, par l'horreur même de la représentation. C'est pour cela, sachez-le, que Lamennais a voulu être jeté dans la fosse commune, comme un cMen, sans cérémonie et sans cortège.— Puisque nos lois de police ne permettent pas 4 l'ami d'ensevelir dans le secret le corps de son ami, pensait l'auteur de l'Indifférence, dérobons-nous du moins à la curiosité indiscrète, -et que le croque-mort banal en finisse)...

Courbet s'est donc montré, dans le tableau del'Fnterrement, aussi profond moraliste que profond artiste; il vous a donné la vérité sanglante, impitoyable; en révoltant en vous l'idéal, il vous rappelle à votre dignité; et s'il n'a pas fait une œuvre sans défaut, il en a fait une incontestablement salutaire et originale, que nous eussions jugée prodigieuse sli nous restait te moindre sentiment de l'art, si notre âme, notre raison, notre intelligence, notre conscience n'étaient, pour ainsi dire, frappées d'anesthésie. Que pèsent ici toutes les réserves de la plus malveillante critique? « La composition de Y Enterrement viole toutes les Tègles...

les personnages y forment une sorte de bâs-relief désordonné... les têtes, trop accusées au dernier plan, viennent au premier?... » Je vous accorde tout ce que vous voudrez. En est-il moins vrai que Courbet s'est ouvert dans l'art une nouvelle et immense perspective ; qu'une idée comme celle de l'Enterrement est à elle seule une révélation, et que l'excitation idéaliste qui en résulte est. si puissante, qu'on finit par trouver que l'artiste n'a point encore assez fait, comme les Grecs trouvaient que les figures de leurs dieux n'étaient jamais assez belles, et qu'on voudrait faire remettre vingt fois au concours un sujet si nouveau, si accusateur et si émouvant?

La Baigneuse,

Parlons de la célèbre Baigneuse, qui souleva contre l'école prétendue réaliste une réprobation générale dont la clameur poursuit encore Courbet. J'ai eu l'un des premiers, je puis le dire, l'honneur d'applaudir à « ce monceau de matière puissamment rendu , qui tourne avec cynisme le dos au spectateur. » Remarquez cela : en dépit du sarcasme, du dégoût, de la condamnation, toujours un certain éloge se trouve en faveur de Courbet sous la plume des critiques. Eh bien! messieurs les. appréciateurs jurés, faiseurs de comptes rendus, experts de la grande presse, ditesmoi donc, là, sérieusement, ce que vous trouvez à re-

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