VALÈRE, SEUL
Je ne m'attendais pas à souffrir un caprice. Ah ! ce sexe cruel est pétri d'artifice ! Il rit de notre amour , de nos soins empressés ; Il aime à déchirer les cœurs qu'il a blessés. Malheur à l'insensé qui sous ses lois s'engage !
làS IL FAUT CROIRE A SA FEMME.
Il sait farder son ame ainsi que son visage.
Le plus fidèle amant.... Mais pourquoi ce courroux ?
Le destin me poursuit , il faut braver ses coups.
Doit-on brûler en vain d'une ardeur immortelle ?
On peut rire à la fin des rigueurs de sa belle.
Qu'un amant espagnol fredonne ses douleurs :
L'amour français est né pour voler sur les fleurs.
Je suis congédié, je ris de ma disgrâce.
Je perds une maîtresse, une autre la remplace....
Que dis-je ? je l'aimais , je la chéris encor ,
Et je veux à Micandre enlever ce trésor.
Je prétends rassurer sa timide innocence;
La vertu cède enfin à la persévérance ,
Et je vole à ses pieds , par un dernier effort ,
Faire parler l'amour, et décider mon sort.