ACTE I, SCENE IX. ^i-i
d'elmont.
Mais expliquez -vous donc, méchante fille que vous êtes, et ne me tourmentez pas davantage.
Voyez, je le tourmente à présent! Mais comment faut-il faire pour avoir la paix avec vous? C*est vous , monsieur , qui êtes tourmentant,
'd'elmont.
Oui , quand je vous parle de ma tendresse , n'estil p^ vrai, mademoiselle?
JULIE
En vérité, vous prenez tout de travers: je me brouillerai avec vous.
d'elmont.
Oh! non, ma chère petite sœur.... Mais c'est que vous avez quelquefois des caprices si piquans
JULIE
Mais où prenez-vous vos expressions, monsieur? Vous êtes aujourd'hui d'une humeur insupportable.
d'elmont.
Je suis peut-être plus insupportable encore que mes expressions et mon humeur.
JULIE
De mieux en mieux, tnonsie^. Vous avez une pénétration admirable.
d'elmoitt. * J'en ai assez pour lire au fond de votre ame.
JULIE
Il n'en faut pas beaucoup pour cela, monsieur : j'ai grand soin de dire tout ce que je pense.
2a8 L'ORPHELINE.
d'elmojn^t.
Oui 9 à mousieur de Yalbourg, mademoiselle.
JULIE
A lui, à vous, et à tout le monde, monsieur.
d' EL MO NT.
Oh! à moi? permetltîz que j'en doute. Au reste, il est assez naturel d'être réservé avec ceux qui auraient des reproches à nous fai^e.
JULIE
Je ne vous entends plus.
d'blmqnt.
Ma chère Julie, écoutez- moi, je vous eu supplie.
JULIE
£h! depuis une heure je ne fais que cela.
d'elmont.
Dites-moi sérieusement que vous m'aimez.
JULIE
Je ne plaisante jamais là - dessus.
D^ELMONT.
M'aimez - vous , Julie ?
JULIE
De toute mon ame : je vous l'ai dit cent fois.
d'elmont.
Vous n'aimez donc pas monsieur de Valbourg ?
Eh! pourquoi nt l'airuei-ais-jç pas?
d'elmont.
La voilà qui m'échappe encore !
JULIE
Vous voudriez donc que je n'aimasse que vous ?