SCENE XV
D'ELMONT, LA COMTESSE.
LA. COMTESSE
Mon fils, je suis mécontente, et je pourrais vous faire des reproches : écoutez-moi. Vous vous êtes in-
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24a L'ORPHELINE.
discrètement lié avec monsieur de Verville. J'ai combattu votre amitié naissante; vous n'avez pas écouté mes conseils. Bientôt cet homme est devenu votre unique ami, et vous avez négligé, pour lui, votre mère, et monsieur de Valbourg , à qui vous avez des obligations.
d'eLMONT, à part.
Ah ! Valbourg !
LA COMTESSE
J'ai renouvelé mes prières , et vous n'y avez répondu
qu'en m'amenant monsieur de Verville dans mon
château. Ayez des amis dignes de vous , mon fils , et
je me ferai un plaisir de les mettre au rang des miens.
Pour celui-ci, il ne convient ni à vous, ni à moi, ni
à Julie. Comment vient-il de se comporter avec elle ?
l)e quelle façon vient-il de nous quitter ? J'ai lieii de
le croire aussi léger en morale qu'en procédés, et, si
je vois juste , quels dangers ne courez-vous pas avec
un tel homme ? Que de larmes il prépare peut-être à
votre mère?
d'e L m O N T , embarrassé.
Ah! madame! vos craintes si vous connaissiez
mon cœur
LA COMTESSE
Je n'ai jamais douté de votre cœur; mais je crains tout de votre excessive facilité. Mon ami , votre âge est celui de la confiance : on ne songe pas à se garantir des vices qu'on ne connaît pas encore. Mais peu à peu on s'éloigne de ses devoirs, on les oublie, on les méprise; la perversité gagne, entraîne, et les remords restent