SCÈNE XL
PICARD, VALBOUBG.
VALBOURG* rêvant. .
Non , depuis ce matin je n'ai pas été un moment à moi. Je vais , je viens ; mes inquiétudes , mes alarmes me poursuivent partout. (// tire sa montre.) Voilà l'instant.... Je serais encore rendu au palais, et j'entendrais.... l'arrêt de ma mort, peut-être*... Non, je ne sortirai pas d'ici. J'y serai jplu^ fort entre ma fiile et mon amie.
PICARD, dans le fond.
Il est dans les grandes réflexions. Approchons.
VALBOITRG, ee promenant.
Ma Julie , ce jour pourrait mettre le comble à ta fêlicité.
PICARD^ à part.
Et à la sienne... Il ne .m'aperçoit pas.
VALBOURG.
Il me serait si doux de serrer des nœuds aussi bien assortis !
a64 ^ L'ORPHELINE.
PICARD 9 à part.
Oh ! par exemple , il n'y a* pas d'excès dans lek convenances.... (Haut.) Monsieur....
VALBOURG.
De satisfaire à la fois ia reconnaissance et l'amour,
PICARD
Il ne Voit rien , n'entend rien. Cette petite Julie a tourné toutes les têtes. [Plus haut.) Monsieur?
VALBOURG.
Ah! vous yoilà, mon ami. I^ouison m'a dit du bien de vous. Je vous recommanderai à madame d'Ëlmont. Elle est juste, et, si vous êtes honnête en effet, ces petits nuages se dissiperont.
, PICARD
Je serai trop heureux , monsieur , de devoir à vos bontés les bonnes grâces de madame. J'espère bien aussi vous devoir celles de mademoiselle Julie.
V4.LBQURG.
Julie? Je ne vois pas quelles raisons
PICARD
Je ne suis pas indigne de sa bienveillance, et si j'étais homme à me vanter , vous conviendriez qu'elle m'a déjà quelqu'obligation ; mais on ne saui^it tirer vanité de ce qu'on fait pour elle. On en est déjà payé par le plaisir de lui être utile.
VALBOURQ.
Mais quel art a-t-elle donc pour ?e faire aimer ?
PICARD
Ah, ce n'est point un art.