ACTE III, SCÈNE lY
pourquoi ce voile, cette calèche? La laideur a pu seule en imaginer l'usage.
d'elmont.
J'atteste l'honneur et l'amour de ne vous offrir mes sentimens qu'avec les respects et les égards que je dois à la beauté malheureuse.
VERVILLE
Plaisant serment !
d'elmowt.
Je le tiendrai.
Cela ne se peut pas. .
d'elmont.
Vous le verrez.
VERVILLE
Mais, pendant que nous passons le tempà à pointiller , la petite personne garde obstinément son sangfroid , le silence et son masque. Permets , d'Elmont , que je lève ce voile impénétrable.
d'elmont.
Sans son aveu?
• VERVILLE
Parbleu , je n'en ai que faire.
(Il lève le voile.)
d'elmont.
Ma mère!.... c'est la foudre.
( II retombe dans son fauteuU. ) LA COMTESSE, à VerviUe.
J'ai voulu voir à quel point un homme sans principes peut porter l'oubli des mœurs> Vous avez cru ,
î«J4 L'ORPHELINE.
monsieur, faire adopter votre système, à là £aiveur d'un peu de jargon ; mais je connais mon fils , Son erreur ne peut être de longue durée. Il sent déjà le vide des principes affreux que vous lui avez inculqués. Vous vous efforcez en vain de déguiser ce qu'ils ont d'odieux; vous voulez vainement. vous faire illu^ sion à vous-même : vos folies multipliées ne peuvent tenir contre une lueur de vérité. Au mometit où je vous parle , vous êtes terrassé par la présence d'une mère que vous n'attendiez pas. ( VervUle sourU. ) Vous souriez, monsieur? Le rire amer du vice est sans force , quand il a perdu son masque , et qull est combattu par la nature et la probité.
VERVILLE
Vous me traitez bien durement, madame. Je suis chez moi, et je ne vois pas quels sont vos droits....
LA GOMTESSJS.
Mes droits sont ceux qu'aura toujours la vertu d'en imposer au crime.
VERVILLE
Vous me dites sans doute de très -belles choses ; mais , madame , ce vain étalage ne -m'étourdit pas. Je sais réduire tout cela à sa juste valeur. Aii reste, d'Elmont , je t'abandonne ma petite maison , et je t'autorise à en faire les honneurs à quiconque en voudra prendre possession.