SCÈNE V
La comtesse, D'ELMONT.
là. comtesse.
Cet homme est incurable, oublion&-le à jamais. £h bien, mon fils, vous rentende:^ déjà ce premier cri 4'uné ame iuoupahle. Un regard de votre mère vous anéantit. Que serait-ce donc si, n'écoutant qu'une juste sévérité , je me livrais à tout le ressentiment qui pourrait m'animer? Que le vice est bas! qu'il est méprisable ! II vous dégrade à vos propres yeux ; il vous ote le courage d'implorer votre pardon , et de le mériter.
d'elmowt^'*
11 ne m'ôtera pas du moins la force de tomber à vos pieds, et d'y attendre mon arrêt.
ILA COMTBSSr.
Voilà cm 4:'a conduit ta fatale amitié. L'enfant le plus tendre et le plus chén ne voit plus dans sa nlère qu'un juge menaçant. 11 e^ à ses genoux , <|uand it devrait être dans ses bras. Il n'a plus même de cM-* fiance dans cet amour qui ne s'est jamais démeirtF. Malheureux! ton aveuglement irait-il jusqu'à te faire doigter de mon cœur ^ Renàre çn toi-même, redeviens mon fils , et tu retrouveras ta mère. Je ne suis ici que pour tejbire sentir ta faute, et te la pardonner.
. d'elmowt.
Poumrai-'je me la pardonner moinnêm^?... Afe! mj^
a80 L'ORPHELINE.
îTîère, je ne suis pas armé contre tant de bontés
Vous m'accablez sous le poids de mon crime. Votre indulgence ajoute à mes remords.
LA COMTESSE
Écoute-les , mon fils. C'est par eux qu'un cœur coupable se rouvre à la vertu; mais garde -toi dy succomber. Le découragement énerve l'ame , et lui ôte cette énergie qui peut lui rendre sa pureté. Il est cruel de faillir; mais il est beau de réparer une faute. Lèvetoi, mon ami; mes bras te sont ouverts.
d'elmont.
Suis-je digne d'y cacher ma honte?
LA. COMTESSE
Oui , si tu veux l'efFacer.
D ' E L M G ?f T , Tembrassant.
Ah! madame, qilbl excès de tendresse!... Comment la reconnaître?
LA COMTESSE
En me regardant comme ta meilleure amie. Tu me le dois ce titre précieux, dont je suis si digne, et que Verville a profaiié. Méchant enfant! que ne parlais-tu ce matin? que ne m'ouvrais-tu ton cœur? Tu ne m'aurais pas coûté de larmes ! tu n'en aurais pas arraché a Julie.
d'elmont.
A.Julie!... Dieux!... Elle connaîtrait un attentat.. <
LA COMTESSE
Dont elle était loin de te croire capable, et que Picard t'a empêché de consommer. J'en ai rougi dans Vinstant, je rougis encore de l'aveu que j'en fais; mais