ACTE I, SCÈNE XÏII. 3a
FORFANVILLE.
Vous le prenez sur un ton bien haut, monsieur?
FABRICE
Oui , monsieur, et pourtant je n'ai pas &it la guerre de Corse.
FORFANVILLE.
Je ne reviens pas de mon étonnement.
FABRICE
Je vais vous étonner bien davantage.
FORFANVILLE.
Gomment cela, monsieur?
FABRICE
Je ne suis pas officier.
FORFANVILLE.
Vous n'êtes pas officier !
Ni gentilhomme.
FORFANVILLE.
Ni gentilhomme! Corbleu, un roturier que j'ai traité en égal !
FABRICE
Qui de nous doit s'honorer de cette égalité ?
FORFANVILLE.
Que j'ai reçu chez moi !
FABRICE
Le grand malheur!
FORFANVILLE.
Que j'ai présenté à madame de Forfan ville I
FABRICE
Qui n'en a pas paru fâchée.
ai .
5^4 LE MÀRCMANO PllâViÉKÇAL.
*Dans l'fesîf)rit àei m^.
FORFANVILLE.
S'introduire cheàS fntoî pà^ uh tnensonge !
Voilà le seul reprodlè que j'aie à me faire.
roK*'A«rviti;*u Enfin, mon ami , cftrt êïeà-v<Wis ?
Un loyal marchand , et itofa pas votre ami.
FORFANVlLtÉ:.
Marchand! profés^ioh dérôgeafrfte.
FABRtCE.
Dérogeante ! Et porir^ifoi ? L'homme utile dérogetril jamais ? J'occupe les habitans dû nouveau monde et de l'ancien. C'edt poiïr friôi que l'Américain fait croître la càtiette et le ^îrb'fle ; le marin , que je nourris , traverse les mers pour m'enrichir des productions de l'Inde ; cent bras s'era/presàent à déposer ces richesses dans mes fïiagàsiiis ; je fourtiis à mes Concitoyens l'utile et l'agréable. Eu échange de ce que je fais pour eux, je reçois leur argénft, parce qu'ils doîvent un prix à mon travail ,^t tout compensé , mon métier vaut mieux que celui d'un homme qui n'en a aucun , et qui fatigue la teri'e de son inutilité et de son plat orgueil.
FORFANVILLE.
Finissons ce galimatias.